• Découverte

    EDLS #32

    The sun sets
    The weapons Wake up
    Tonight again we distroy
    Tonight again we kill
    The morning
    It is raining
    It is raining on the city and its ruins
    It is raining on the bodies and their wounds

    Syngué Sabour – Atik Rahimi
    Syngué Sabour - Atik Rahimi
    Description :
    In Persian folklore, Syngue Sabour is the name of a magical black stone, a patience stone, which absorbs the plight of those who confide in it. It is believed that the day it explodes, after having received too much hardship and pain, will be the day of the Apocalypse. But here, the Syngue Sabour is not a stone but rather a man lying brain-dead with a bullet lodged in his neck. His wife is with him, sitting by his side. But she resents him for having sacrificed her to the war, for never being able to resist the call to arms, for wanting to be a hero, and in the end, after all was said and done, for being incapacitated in a small skirmish. Yet she cares, and she speaks to him. She even talks to him more and more, opening up her deepest desires, pains, and secrets. While in the streets rival factions clash and soldiers are looting and killing around her, she speaks of her life, never knowing if her husband really hears. And it is an extraordinary confession, without restraint, about sex and love and her anger against a man who never understood her, who mistreated her, who never showed her any respect or kindness. Her admission releases the weight of oppression of marital, social, and religious norms, and she leads her story up to the great secret that is unthinkable in a country such as Afghanistan.
    -source : https://www.bookbrowse.com/bb_briefs/detail/index.cfm/ezine_preview_number/4589/the-patience-stone

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    Résumé :
    A Kaboul en Afghanistan, pays en guerre, une femme veille sur le corps de son mari, blessé d’une balle dans la nuque par l’un des hommes de sa milice, et plongé depuis trois semaines dans un coma profond. Cet homme, aux yeux grand ouverts et au souffle régulier comme les prières inlassables de son épouse qui le maintient en vie par perfusion d’eau sucrée-salée, est un combattant de toutes les luttes qu’a traversées son pays. Homme d’armes et de guerre, il fut un mari absent, violent, marié en son absence à cette jeune femme dont il a eu deux filles. La femme entame un long monologue avec son mari, faisant de lui selon la culture perse sa syngué sabour, sa pierre de patience, présente pour recueillir les confessions du monde et les absorber jusqu’à son implosion finale. Elle lui dévoile tous ses secrets d’enfance, de jeune fiancée mariée par son père, et d’épouse qui malgré la peur et la violence de son époux a appris à l’aimer. Les confessions se succèdent, et la femme se délivre au milieu de la guerre qui l’entoure et la touche au plus intime, espérant par là même faire sortir l’homme de son coma que rien ne semble perturber. Après une ultime révélation ou peut-être dans un songe, la syngué sabour, comme le prétendait la tradition, éclate.

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  • Critiques,  Lecture

    Syngué Sabour

    Du corps par le corps avec le corps depuis le corps et jusqu’au corps.

    Syngue-Sabour-Pierre-de-patience

    Syngué Sabour est une remarquable nouvelle, ayant reçu le prix Goncourt plus que mérité en 2008.
    Compressée en quelque 120 pages, toute l’histoire se déroule dans une petite pièce modeste, dans laquelle une femme Afghane s’occupe de son mari alité, blessé par balle et dans un coma profond.
    Obligée de rester à son chevet, cette maman extrêmement triste se confie au corps inerte du père de ses enfants, et pour la première fois de sa vie, se permet de lui dire tout ce qui lui passe par la tête, même les choses les plus taboues.
    L’homme est dans un état critique, et à part le rythme de sa respiration, rien ne prouve qu’il est toujours en vie, mais Atiq Rahimi raconte l’histoire d’une façon telle que le lecteur ne se préoccupe que très peu de son état de santé, mais plutôt de la suite des aveux de la femme dont le nom n’a été révélé à aucun moment de la nouvelle.
    Elle lui raconte son enfance, sa relation avec son père, sa belle-mère, et toutes les personnes qui l’entourent, y compris lui. Elle n’hésite pas à déverser sa colère, lui confier ses désirs humains, ses rêves enfouis, ses peurs, son ressenti face à sa famille, face à son couple, face à la guerre, face à son pays, et face à elle-même.
    Ce livre avait quelque chose de poétique, tous les faits et gestes de la femme allaient à la même cadence que la respiration de l’homme, y compris sa façon d’égrener son chapelet, de caresser la poitrine de sa ‘’Syngué Sabour’’, juste au dessus de son coeur.
    Les confidences de cette femme nous montrent que rien n’est bien différent de la vie quotidienne d’une femme Afghane, qui doit toujours se plier aux exigences de son mari, presque au rythme de sa respiration.
    Nous en sortons tous avec une idée plus concrète de sa place, partagée entre ses envies, la situation politique instable de son pays ainsi que ses traditions, auxquelles elle doit se plier.
    Sa sincérité m’a non seulement fendu le coeur de part toutes les difficultés par lesquelles elle est passée, mais aussi par sa force, et sa capacité à surmonter toutes ces circonstances.

    Note : 9/10 – je le recommande à tout le monde !


    Et vous, si vous aviez l’opportunité de vous confier à la personne que vous aimez, sans tabou, que lui diriez-vous?