• Critiques,  Lecture

    Derrière la haine

    Scroll down for the English version of the review

    Je commence cette critique par une confession : j’ai toujours eu une phobie des voisins. Je ne sais pas si cela a un nom et ne veux pas le savoir. J’ai peur qu’un psychopathe habite à côté, un tueur en série au-dessus, ou encore un pervers juste en face, avec une paire de jumelles, à surveiller tous mes faits et geste.
    Maintenant que vous me trouvez parano, je commence mon article.
    J’ai l’impression d’être en retard sur mon temps, j’ai découvert Barbara Abel récemment, plus tard que tout le monde. Je suis tombée par hasard sur Derrière la haine, et je l’ai lu en quelques heures seulement.
    Je pense que ma passion pour les romans noirs n’est plus à préciser. J’ai beau être sélective, il y en a qui  me prennent et me donnent des frissons jusqu’au bout. J’avouerai que celui-ci ne m’en a pas donné, des frissons, mais il m’a transportée, m’a fait voyager entre plein de sentiments, et c’est rare de ressentir ça. Et puis, j’ai trouvé l’histoire tellement bonne et captivante que je l’ai dévoré en un peu plus de deux heures.
    Le roman commence par une dispute, sans que nous n’y comprenions grand-chose. Deux couples voisins à leurs portes, des mots durs, des menaces…nous n’y comprenons rien. Il y a, d’abord, Tiphaine et Sylvain, puis, Laeticia et David, les deux couples ont chacun un garçon du même âge. Nous comprenons qu’ils étaient tous proches, très amis, et qu’ils s’aimaient beaucoup. Nous comprenons aussi qu’il y a eu quelque chose, un événement qui a mis fin à cette amitié et qui a laissé place à la haine.
    Barbara Abel va nous faire voyager dans le temps, entre passé pour comprendre ce qui s’est passé, et présent pour voir comment leur relation a changé. Son style d’écriture fait que le livre se lise presque seul, on ne s’ennuie pas une seconde, tout est fluide, claire, rapide, sans l’être plus qu’il ne le faut.
    Les faits sont fabuleusement contés, et l’histoire…je l’ai trouvé profonde et belle. J’ai commencé les premières pages en me disant que ce serait certainement une amitié brisé pour des bêtises…puis je me suis retrouvée, une fois le problème dévoilé, à penser que cette amitié n’aurait survécu pour rien au monde.
    En bref, très jolie découverte, et il me tarde de lire tous les autres livres de Barbara Abel dont le style me fait déjà presque fondre.
    Note : 8/10.

    Achetez Derrière la haine ici


    This book was written by a writter from Belgium. Unfortunately, I didn’t found any english translation of it. But here’s my english review of Derrière la haine (Behind the hate), if you guys want to know what it was about.

    I begin this review with a confession: I have always had a phobia of neighbors. I don’t know if it has a name and don’t want to know it. I’m afraid a psychopath lives next door, a serial killer above, or a pervert in front, with a pair of binoculars, watching everything I do.
    Now that you think I am paranoid, I can start my article.
    I feel like I’m late on my time, I discovered Barbara Abel recently, later than everyone else. I stumbled upon “Behind Hate”, and read it in just a few hours.
    I think that my passion for black litterature is no longer to be specified. I’m selective, yes, but there are some of them that I just LOVE the way they make me feel. I’ll admit that this one didn’t give me shivers, but he made me travel between feelings, and it’s rare to feel that way. And I found the story so good and captivating that I devoured it in two hours!
    The novel begins with a conflict, without us understanding anything. Two Neighbors, couples, at their doors arguing, harsh words, threats … we don’t understand much. There are, first, Tiphaine and Sylvain, and, Laeticia and David, two couples who have each a boy of the same age. We understand that they were all close, and that they loved each other very much. We also understand that there was something, an event that ended their friendship.
    Barbara Abel makes us travel in time, between the past to understand what happened, and the present to see how their relationship has changed. Her style of writing makes the reading very quick and soft, you don’t get bored for a second, everything is fluid, clear, fast, just as it should be.
    The facts are fabulously told, and the story … I found it deep and beautiful. I started the first pages thinking that it would certainly be a broken friendship for nonsense … then I found myself thinking, once the problem revealed, that no friendship would have ever survived this for anything in the world.
    In short, very nice discovery, and I can’t wait to read all the other books by Barbara Abel.
    Rating : 8/10

  • Lecture,  mood

    La journée de la santé en Lecture

    Aujourd’hui c’est la journée mondiale de la santé. Et en cette occasion, j’ai préparé une sélection de livres dont le personnage principal (ou un personnage proche) est atteint d’une maladie, et qui m’ont beaucoup touchée.

    Oscar et la Dame Rose – Eric-Emmanuel Schmitt

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    Je me souviens encore de la première fois que j’ai lu ce livre. J’accompagnais ma nièce à une bibliothèque à Montréal, je suis tombée dessus, j’ai vu le nombre de page, je me suis dit allez, ok, avec un peu de chance je le finirai aujourd’hui même. Verdict, je n’ai pas bougé de ma chaise avant d’avoir bouclé la dernière page (et versé –en cachette- toutes mes larmes). Pour résumer l’histoire, c’est celle d’un petit garçon malade et hospitalisé, qui rencontre une dame à l’hôpital. Pour se sentir mieux, elle lui conseille d’écrire chaque jour une lettre à Dieu et de se confier à lui.

    Pour en savoir plus, lisez ma critique (en est-ce vraiment une ?) de ce livre ici.
    Sur une échelle de 1 à 10, le degré d’émotions était à 14, et non, je n’exagère absolument pas.
    No et moi – Delphine De Vigan
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    J’ai découvert ce livre il y a quelques années et mon Dieu quelle surprise, je l’avais lu en e-book parce que je ne savais plus quoi lire et que je me sentais carrément perdue dans mes lectures sans me doutais qu’il me bouleverserait autant.
    L’histoire tourne autour de No, jeune SDF à la vie dure et au quotidien ingérable, qui rencontre Lou, adolescente surdouée loin des préoccupations des jeunes de son âge. Elle essaye de se faire une place partout, dans sa classe, où rien ne lui est familier, à la maison, avec une mère souffrant d’une dépression dont elle n’arrive pas à sortir…
    Sur la même échelle, le degré d’émotions était à 9. J’ai fini le livre le coeur lourd et la tête pleine de leçons.

    Des souris et des hommes – John Steinbeck

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    Que dire de ce livre…rien, tout est dit ici. Lennie et George m’ont touchée au plus haut point avec une amitié forte et solide, un destin difficile et une vie cruelle.
    Vous vous demandez à combien ce livre m’a touchée ? 10, sur la même échelle.

    Si je reste – Gayle Forman

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    Mia, une jeune fille lors d’une sortie en famille, subit un accident suite auquel tout le monde décède, tout le monde sauf elle. Ce premier roman se passe dans une chambre d’hôpital où elle est entre la vie et la mort, perdue dans ses souvenirs et sa peur de revenir à la vie sans ses parents, sans son petit frère.
    Trouvez ma critique de ce livre et du deuxième Tome (Là où j’irai) ici.
    J’ai versé beaucoup trop de larmes en lisant ce livre, donc 10 est le degré adéquat d’émotions sur la même échelle.

    Nos étoiles contraires – John Green

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    Est-ce que ce livre se présente encore ? Pour les quelques personnes qui ne le connaissent pas (où étiez-vous ces dernières années ?), c’est l’histoire de Hazel, une adolescente atteinte d’un cancer, qui rencontre un garçon atteint d’une maladie incurable aussi. Les deux vivent une belle histoire d’amour très touchante (et contrariante aussi, j’ai prié tout le long pour que rien ne leur arrive), que rien, même pas la maladie, n’a pu  arrêter.
    Si vous me demandiez, sur une échelle de 1 à 10 combien j’ai pleuré en lisant ce livre : 11. Oui oui, rien que ça.
    PS : Si vous lisez le livre et que vous l’aimez, ne regardez pas le film ; restez sur cette belle note positive.

    Je pense que je vais m’arrêter là. Je me suis rendue compte, en écrivant cet article, que j’avais lu énormément de livres forts en émotions, mais qu’ils étaient tous assez anciens. Connaissez-vous un roman nouveau qui entre dans ces critères ?
    N’oubliez pas de prendre grand soin de vous, parce qu’il n’y a rien de plus important que la santé <3


    Today is World Health Day. And on this occasion, I prepared a selection of books whose main character (or a close character) is suffering from an illness, and that touched me a lot.

    Oscar and the Pink Lady – Eric-Emmanuel Schmitt

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    I still remember the first time I read this book. I accompanied my niece to a library in Montreal, I found it, I saw the number of pages, and I was like okay, I might finish it today. Verdict, I did not move from my chair before having closed the last page (and poured -secretly- all my tears).
    To summarize the story, it is about a sick and hospitalized little boy, who meets a lady in the hospital. To feel better, she advises him to write a letter every day to God and confide in him.
    On a scale of 1 to 10, the degree of emotions was 14, and no, I absolutely do not exaggerate.

    No and me – Delphine De Vigan

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    I discovered this book a few years ago and OMG what a surprise, I read it in e-book because I did not know what to read and I felt downright lost in my readings without suspecting that it would disturb me that much.
    The story revolves around No, a young homeless person with a hard life, who meets Lou, a teenager gifted, away from the concerns of young people of her age. She tries find a place for herself everywhere, in her class, where nothing seems familiar to her, at home, with a mother suffering from a terrible depression…
    On the same scale, the degree of emotions was at 9. I finished the book with a heavy heart and a head full of lessons.

    Of Mice and men – John Steinbeck

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    What to say about this book … nothing, everything is said in my review. Lennie and George touched me deeply with a powerful and strong friendship, a difficult destiny and a cruel life.
    Wondering how much this book has touched me? 10, on the same scale.

    If I stay – Gayle Forman

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    Mia has an accident after which all her family dies, everyone except her. This first novel takes place in a hospital room where she is somewhere between life and death, lost in her memories and her fear of coming back to life without her parents, without her little brother.
    I shed too many tears while reading this book, so 10 is the proper degree of emotions on the same scale.

    The fault in our stars – John Green

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    Do I really need to introduce this book ? For the few ones who do not know what it is about (where have you been these last years?), It’s the story of Hazel, a teenager with cancer, who meets a boy with an incurable disease too. Both live a beautiful and touching love story (and also disturbing, I prayed all along so that nothing happens to them), that nothing, not even the disease, could stop.
    If you asked me on the scale of 1 to 10 how much I cried while reading this book: 11. Yes yes, just that.
    PS: If you read the book and you like it, do not watch the movie; stay on this beautiful, positive note.

    I think I’ll stop there. I realized, while I was writing this article, that I had read a lot of emotional books, but that they weren’t all recent. Do you know a new novel that fits into these criteria?
    Do not forget to take good care of yourself, because there is nothing more important than health <3

  • Critiques,  Lecture

    Running man

    Dites votre nom deux cents fois de suite, vous vous apercevrez que vous n’êtes personne.

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    L’histoire se passe en l’an 2025, Ben Richards est un père qui voit tous les jours sa petite fille de 18 mois sombrer de plus en plus dans la maladie, sans pouvoir la sauver. Il voit sa femme se battre, se prostituer, pour nourrir sa famille. Mais malgré tous leurs efforts, ils ne parviennent pas à payer les frais que la maladie de la petite engendre.

    Ben décide donc de prendre une décision radicale, qui changera sans doute l’avenir de toute sa famille, participer à un jeu diffusé sur le Libertel, pour remporter de l’argent qui sauvera son bébé. Il est alors retenu pour participer au plus dangereux des jeux, celui qui n’a jusque là connu aucun survivant : La Grande Traque. Ben a 30 jours pour survivre, et chaque heure passée lui fait gagner 100 dollars ; 30 jours pendant lesquels il doit échapper à des chasseurs en employant tous les moyens nécessaires et imaginables, et sa seule motivation est que Cathy, son enfant, aille mieux.

    Running Man est un délicieux thriller du talentueux Stephan King alias Richard Bachman, qui m’a fait très fortement penser à Hunger Games. Chaque chapitre commence par un compte à rebours, de quoi nous tenir en haleine du début à la fin. L’auteur nous décrit un monde brut et injuste, conduit par les plus fort, et où l’humanité n’a presque plus de valeur, où les pauvres n’ont presque plus de droit, un monde qui, au final, n’est pas si différent du nôtre. Le style d’écriture est cru, les mots ne sont pas pesés et peuvent paraitre durs, ce qui ressemble bien à l’histoire qui l’est tout autant.

    Le personnage principal est très captivant, très touchant : on s’attache très rapidement à lui, à sa personnalité, à sa famille, on comprend son combat, et on attend impatiemment d’en connaitre le résultat.

    Tous ces ingrédients font de Running Man un roman haletant et prenant, qui joue avec nos sentiments à chaque ligne et à chaque rebondissement, et qui nous donne envie de connaitre la finalité de tout ce combat qui est tout aussi beau qu’inhumain.

    Je le conseille à tous les amateurs de ‘’sensations fortes’’, autant pour le mélange de sensations qu’il procure, que pour son côté dénonciateur de cette société ‘’futuriste’’ qui ressemble finalement beaucoup trop à celle dans laquelle nous vivons aujourd’hui.


    The story takes place in the year 2025, Ben Richards is a father who sees every day his little girl of 18 months sinking more and more into the disease, without being able to save her. He sees his wife fighting, prostituting herself, to feed her family. But despite all their efforts, they fail to pay for the expenses that small disease causes.

    Ben decides to participate to a game broadcast on the Libertel, to win money that will save his baby. He is then selected to participate to the most dangerous game, one that has not known any survivor : The Great Hunt. Ben has 30 days to survive, and every hour spent makes him earn money ; 30 days during which he must escape from hunters using all the necessary and imaginable means, and his only motivation is that Cathy, his child, goes better.

    Running Man is a thrilling thriller from the talented Stephan King aka Richard Bachman, who made me think very much about Hunger Games. Each chapter begins with a countdown that captivates us from the beginning to the end. The author describes a crude and unjust world, driven by the strongest, and where humanity has almost no value, where the poor has almost no right, a world that ultimately does isn’t so different from ours. The style of writing is raw, the words are not weighed and can seem hard, just like the story.

    The main character is very captivating, very touching : we care about him, his personality, his family, we understand his fight, and we wait impatiently to know the result.

    All these ingredients make Running Man a breathtakingly captivating novel, which plays with our feelings at every line and every bounce, and makes us want to know the purpose of all this terrible adventure that is just as beautiful as it’s inhuman.

    I recommend it to all fans of thrills, for the mixture of sensations that it provides, and for its denunciatory side of this “futuristic” society that ultimately looks far too much like the one in which we live today.

  • Critiques,  Non classé

    Le pavillon des enfants fous

    Je suis seule, seule avec mon corps qui ne demande rien, sauf de mourir.

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    Le pavillon des enfants fous

    Avez-vous déjà eu l’impression, à un moment ou à un autre de votre vie, que plus rien ne vous appartenait sur cette Terre? Que tout le monde vous voulait en bonne santé, physique et mentale, sauf vous?
    C’est exactement ce que nous raconte Valérie Valère, qui nous vient avec cette autobiographie des plus poignantes. Qui dit autobiographie, dit histoire vraie, et quoi de mieux que de vivre le combat d’une anorexique à travers ses propres mots pour en saisir la réelle profondeur?
    Valérie a 13 ans lorsque sa mère décide de l’interner dans un hôpital psychiatrique, pour soigner son anorexie. Tout au long du récit, cette jeune écrivaine raconte les détails de son ‘’séjour’’ au pavillon des enfants fous, en dénonçant le personnel pas toujours (voire jamais) agréable, ni compréhensif. Elle décrit la chambre, les autres patients, les médecins, les infirmières, mais encore, elle décrit la fatigue, la maladie, l’envie de partir, et surtout, le refus de se battre.
    Cette lecture m’a bouleversée; pour tout vous dire, c’est une lecture qui n’a pas été facile pour moi, j’ai même dû l’arrêter, à plusieurs reprises, à cause de la violence des propos, et je ne pense pas qu’elle le soit, facile, pour quiconque. Entre volonté de mourir, injustice envers tout et tous, et même envers elle-même, agressivité, colère, rancoeur, haine, Valérie Valère reprend sa plume à 15 ans, pour raconter une histoire qui aura à tout jamais changé le cours de sa vie. Ses mots sont simples, et durs à la fois. Ses expressions ne sont pas soignées, on dirait même que son roman ressemble à un cahier de brouillon, écrit à la va-vite, de manière rapide, laissant penser que certes, Valérie veut partager son expérience avec le monde entier, sans pour autant s’attarder sur les techniques d’écriture, de peur de ‘’revivre’’ son calvaire. Ses expressions répétitives, pas toujours claires, souvent floues, montrent clairement l’état de perte de cette ‘’survivante’’, même des années après ce qu’elle n’a pas hésité à comparer à un enfer, un enfer qui, visiblement, n’a jamais réellement cessé. Mais qui pourrait l’en blâmer ?
    Pour ne rien changer, la fin du livre est tout aussi dure et cruelle que le début, le milieu, et tout le reste. Nous n’avons pas droit à cette fin heureuse, où la malade récupère ses kilos, recommence à manger, et reprend sa petite vie de façon graduelle, et surtout normale. Valérie finit son roman de manière ambiguë, triste, loin d’être délivrée, elle laisse entendre que, certes, elle n’est plus hospitalisée, mais son mal-être, lui, est toujours là, présent. Une fin qui est complètement justifiée par sa disparition tragique, à l’âge de 21 ans. Une disparition presque annoncée à la fin de son livre, six ans avant.
    Et si le pavillon des enfants fous était un appel à l’aide, auquel personne n’a répondu ?

  • Critiques,  Non classé

    Une place à prendre

    La grande erreur commise par quatre-vingt-dix pour cent des êtres humains, selon Fats, était d’avoir honte de ce qu’ils étaient ; de mentir, de vouloir à tout prix être quelqu’un d’autre.

    Harry potter
    Une place à prendre

    Au sud de l’Angleterre, Pagford, un petit village très calme perd un de ses habitants les plus réputés, Barry Fairbrother. Sa mort subite coïncide avec une période professionnelle délicate: le défunt devait prendre des décisions importantes. Pour combler son absence, d’où le nom de ce roman de JK Rowling: sa place de notaire est à prendre.
    Mon avis sur ce livre est mitigé. Je suis sans doute l’une des plus grands fans d’Harry Potter, que je lis depuis toute petite, une saga qui nous a habitués au suspens, et je ne peux pas m’empêcher de comparer Une place à prendre à mon premier coup de coeur littéraire.
    Je commencerai tout d’abord par les points faibles de ce livre. Le premier étant le nombre presque interminable de personnages qui m’a littéralement perdue. Je me retrouvais à chaque fois à tourner les pages du roman pour me rappeler qui est qui, et à la longue, c’est de loin ce qu’il y a de moins agréable, surtout quand tous les protagonistes sont étranges, ce qui change d’Harry Potter qui ne contient que des personnages tous aussi attachants les uns que les autres.
    J’ai également beaucoup cherché, tout au long de ma lecture, le dit humour noir qui, apparemment et d’après la quatrième de couverture (non ce n’était pas une fausse information), caractérisait cet ouvrage, mais en vain -ou bien peut-être était-il trop ”noir” pour moi?-.
    Trêve de négativité. Ce livre était tout de même assez sympa à lire. Il faut dire que l’imagination de JK Rowling était tout autant épatante. Il n’y a qu’elle pour trouver des histoires aussi spectaculaires pour chacun de ses personnages, avec des secrets aussi inattendus. J’ai également apprécié le changement de style d’écriture de Rowling qui nous montre que oui, elle écrit pour les jeunes, mais elle sait aussi écrire pour les adultes, en utilisant un langage cru dans certains passages, et vulgaire dans d’autres.
    A vrai dire, j’aurais complètement adhéré si Une place à prendre était d’un autre auteur. Mais avec plusieurs années de magie, je ne pouvais que m’attendre à quelque chose de grandiose.J’ai énormément attendu ce livre, persuadée qu’il me marquerait, d’une façon ou d’une autre, avec une écrivaine pareille, il ne pouvait que me donner l’eau à la bouche. Mais finalement, le retour de JK Rowling a été très peu marquant, voire décevant. Peut-être aurait-elle du se contenter d’Harry Potter?

  • Critiques,  Lecture

    Oscar et la dame rose

    J’ai essayé d’expliquer à mes parents que la vie, c’était un drôle de cadeau. Au départ, on le surestime, ce cadeau: on croit avoir reçu la vie éternelle. Après, on le sous-estime, on le trouve pourri, trop court, on serait presque prêt à le jeter. Enfin, on se rend compte que ce n’était pas un cadeau, mais juste un prêt. Alors on essaie de le mériter. Moi qui ai cent ans, je sais de quoi je parle. Plus on vieillit, plus faut faire preuve de goût pour apprécier la vie. On doit devenir raffiné, artiste. N’importe quel crétin peut jouir de la vie à dix ou à vingt ans, mais à cent, quand on ne peut plus bouger, faut user de son intelligence. 

    Critique
    Oscar et la dame rose

    C’est la première fois depuis très longtemps que je lis un livre qui me tient en haleine tout le long, à ne plus pouvoir le lâcher, et qui réussit même à me voler quelques larmes (merci Eric !).
    Du haut de ses 10ans, Oscar découvre le pouvoir de Dieu qui n’était jusque là qu’un mythe à ses yeux, en lui écrivant chaque jour une lettre, comme le lui a recommandé sa fidèle alliée Mamie rose, et en lui demandant chaque jour une faveur.
    Ce court ouvrage d’Eric Emmanuel Schmitt est un recueil des lettres quotidiennes du petit malade, 12 jours avant sa mort, doté d’une maturité et d’un courage inébranlables.
    Ni son cancer au stade final, ni les visites hebdomadaires et froides de ses parents ne le font désespérer, bien au contraire, tout cela l’encourage d’avantage à vivre toute sa vie en douze courts jours, et à passer par toutes les périodes qu’un être humain en bonne santé traverse en temps normal, sans en louper aucune, et en en dévorant chaque petite miette, le tout sous le regard protecteur et admirateur de Mamie rose.
    Entre enfance, adolescence, coup de foudre, chagrin d’amour, âge adulte et problèmes de santé, le petit Oscar ne m’a pas laissée de marbre. Cette histoire condensée en moins de 100 pages a fait de moi la fille la plus émotive de la bibliothèque ce matin là, et pour cause : Eric Emmanuel Schmitt a l’air d’avoir été habité par son personnage; toutes les lettres écrites transmettaient une émotion, une fragilité et une force,une sincérité et une maturité sans faille -j’aurais juré que chaque mot était vraiment écrit par un enfant dans cette situation- !
    Aucun reproche pour ce petit chef-d’oeuvre, si ce n’est que c’était un peu trop court à mon goût (j’avais encore quelques larmes en réserves !)

  • Ecrivain,  Non classé

    EDLS #19

    J’ai essayé d’expliquer à mes parents que la vie, c’était un drôle de cadeau. Au départ, on le surestime, ce cadeau: on croit avoir reçu la vie éternelle. Après, on le sous-estime, on le trouve pourri, trop court, on serait presque prêt à le jeter. Enfin, on se rend compte que ce n’était pas un cadeau, mais juste un prêt. Alors on essaie de le mériter. Moi qui ai cent ans, je sais de quoi je parle. Plus on vieillit, plus faut faire preuve de goût pour apprécier la vie. On doit devenir raffiné, artiste. N’importe quel crétin peut jouir de la vie à dix ou à vingt ans, mais à cent, quand on ne peut plus bouger, faut user de son intelligence.

    Oscar et la dame rose – Eric Emmanuel Schmitt

  • Ecrivain

    EDLS #17

    Catherine Earnshaw, puisses-tu ne pas trouver le repos tant que je vivrai ! Tu dis que je t’ai tuée, hante-moi, alors ! Les victimes hantent leurs meurtriers, je crois. Je sais que des fantômes ont erré sur la terre. Sois toujours avec moi… prends n’importe quelle forme… rends-moi fou ! mais ne me laisse pas dans cet abîme où je ne puis te trouver.

    Les hauts de Hurlevent – Emily Brontë

  • mood

    Frank Kafka en trois titres

    Après avoir vécu un peu plus de 40 ans, et publié 16 ouvrages, Franz Kafka a succombé des suite d’une longue maladie, le 3 Juin 1924. 91 ans après sa mort, voici mon top trois de ses écrits :
    1-La métamorphose :
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    Lorsque Gregor Samsa s’éveille, un matin, après des rêves agités, il est bel et bien métamorphosé. Doté d’une épaisse carapace d’où s’échappent de pitoyables petites pattes ! Lugubre cocasserie ? Hélas, ultime défense contre ceux, qui, certes, ne sont pas des monstres mais de vulgaires parasites… Les siens. Père, mère, sœur, dont l’ambition est de l’éliminer après avoir contribué à l’étouffer…
    2-Le procès :
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    Le jour de son arrestation, K. ouvre la porte de sa chambre pour s’informer de son petit-déjeuner et amorce ainsi une dynamique du questionnement qui s’appuie, tout au long du roman, sur cette métaphore de la porte. Accusé d’une faute qu’il ignore par des juges qu’il ne voit jamais et conformément à des lois que personne ne peut lui enseigner, il va pousser un nombre ahurissant de portes pour tenter de démêler la situation. À mesure que le procès prend de l’ampleur dans sa vie, chaque porte ouverte constitue une fermeture plus aliénante sur le monde de la procédure judiciaire, véritable source d’enfermement et de claustrophobie. L’instruction suit son cours sur environ un an durant lequel l’absence d’événements est vue uniquement à travers les yeux de K. Sa lucidité, dérisoire et inutile jusqu’à la fin, contrairement à celle du héros de La Métamorphose, n’apporte aucun soulagement. Le Procès, pièce charnière dans l’oeuvre de ce génie de l’absurde, renonce au ressort du surnaturel pour évoquer l’angoisse de l’obsession.
    3-Lettre au père :
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    « Très cher père, Tu m’as demandé récemment pourquoi je prétends avoir peur de toi. Comme d’habitude, je n’ai rien su te répondre… » Réel et fiction ne font qu’un dans la lettre désespérée que Kafka adresse à son père. Il tente, en vain, de comprendre leur relation qui mêle admiration et répulsion, peur et amour, respect et mépris. Réquisitoire jamais remis à son destinataire, tentative obstinée pour comprendre, la Lettre au père est au centre de l’oeuvre de Kafka.
    Et vous, quel est le livre que vous préférez de Franz Kafka?

  • Critiques,  Lecture,  Non classé

    L’Etranger

    Aujourd’hui maman est morte, ou peut-être hier, je ne sais pas

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    J’ai relu L’Etranger d’Albert Camus il y a quelques jours, plusieurs années après, et je ne pensais pas retomber autant sous le charme de ce livre. L’Etranger est différent de toutes mes autres lectures, et avec sa première phrase seulement, j’ai compris que derrière l’histoire de Mersault se cachait une toute autre, que Camus a pris le soin de nous transmettre, implicitement, pleine de critiques sur la société, la loi, la vision d’autrui, la nôtre, la mort, la vie.

    Vous connaissez surement l’histoire; Mersault, un jeune notable, commet un assassinat sans sembler se rendre compte de la gravité de son acte, et se retrouve confronté à un monde extérieur totalement différent de ce qu’il croyait, avec une vision des choses à l’opposé de la sienne. Et si, finalement, c’était lui, l’Etranger?

    Le je-m’en-foutisme de ce personnage ne veut pas forcément dire que c’est une mauvaise personne. Mersault pense que les remords ne servent à rien, et les regrets encore moins. Il ne croit pas en le passé, ni en le futur, il pense que ce qu’il y a de plus important, c’est le présent, et les courts moments qui s’en suivent. Non, il n’est pas un sans-coeur, il a juste compris que s’attarder sur des futilités, ou s’attacher à des espérances qui peuvent ne jamais se réaliser, nous poussent à passer, souvent, à côté de beaucoup de belles choses, et de ne profiter qu’à moitié, voire pas du tout du moment actuel.

    C’est certainement l’une des lectures m’ayant le plus fait réfléchir. Albert Camus ose pousser le lecteur, à travers ses lignes pleines de philosophie, à se poser une infinité de questions sur la vie en général, et sur la sienne en particulier, en s’attardant sur son rôle, ses croyances, l’influence que son entourage et son environnement  a sur lui, et, mieux encore, l’influence que lui, a sur son entourage et son environnement.

    Ce livre a été écrit il y a plusieurs décennies, et sa thématique sera toujours d’actualité.

    Pour faire court, l’Etranger de Camus est un livre à mettre entre toutes les mains, pour nous rappeler que chacun de nous a sa place sur Terre, et que, pour être comblé, nous devrions tous, à certains moment de nos vies, faire ressortir le Mersault qui sommeille en nous.