• mood

    3 comptes Instagram coups de coeur

    Il fut un temps ou, moi aussi, j’étais une IGER (enfin presque), mais j’ai fini par abandonner. Je suis toutefois restée fidèle à mes comptes Instagram préférés, que je partage avec vous aujourd’hui.
    1-IGMIRIEN: en première position, et vu que je suis depuis toujours une énorme fan de la Chine, je ne peux que citer ce compte de portraits chinois qui vous feront voyager à ce magnifique pays en quelques fractions de secondes. Je suis absolument fan des personnes qui font ce qu’elles font par passion, et ces dernières années pendant lesquelles j’ai suivi ce compte m’a permis de voir la simplicité de ce photographe, son talent, et surtout l’amour qu’il a pour ce qu’il fait.
    instagram.com/igmirien
    IMG_0564 IMG_0571IMG_0565 IMG_0567
    2-LOVELYPEPA: si comme moi, vous êtes des stressés de la nature (JPP de mon stress), ne vous inquiétez pas, lovelypepa est là pour vous changer les idées. Ce compte Instagram est celui d’une bloggeuse mode espagnole, qui a réussi à faire de sa passion son métier. Un quotidien bourré de style, de beauté, de voyages, d’aventures et de très belles photos, à suivre tous les jours pour vous évader de la monotonie du quotidien, et surtout, pour vous rendre jaloux à tout moment. PS: son prénom est Alexandra, oui oui, j’ai passé des années à croire que Pepa c’était elle, alors qu’en fait, c’est sa chienne…
    instagram.com/lovelypeppa
    IMG_0563IMG_0560IMG_0562  IMG_0561
    3-Lmmima: Et le meilleur pour la fin…je suis l’un des premiers (et dernier, sans aucun, mais alors là aucun doute) fans de ce compte. Je vous explique; j’ai connu il y a un peu moins de deux ans une personne qui m’a permise de voir Casablanca sous un tout nouvel angle (et la vie en général, mais ça, c’est une autre histoire). Je n’ai jamais autant aimé cette ville, et toutes les villes et endroits que cette photographe visite, je ne sais pas, c’est comme si son téléphone était une sorte de baguette magique, qui transformait chacune de ses photos en chef-d’oeuvre. Comment ne pas tomber sous le charme de toute cette créativité? De toutes ces couleurs? De tous ces magnifiques endroits?
    https://instagram.com/lmmima/
    IMG_0558   11253854_356398074569817_1293791605_n11225858_356398514569773_681439452_n   11225874_356398214569803_1087757425_n
    Je vous laisse maintenant découvrir ces comptes par vous-même, et me dire ce que  vous en pensez. Et vous, quels sont vos comptes Instagram préférés?

  • Non classé

    MAROC ENTRE TRADITION ET MODERNITE

    En ces derniers temps, le monde est devenu un petit village où tout le monde accède à tout en un rien de temps. La mondialisation s’est attaquée aux coins les plus isolés du monde, et a conduit les idées d’ouverture vers les sociétés les plus refermées et conservatrices.
    Marocains, comme tous les autres, se trouvent aujourd’hui perdus entre traditions et modernité. Mettre des djellabas ou suivre la mode ? S’attacher à notre langue maternelle ou l’abandonner au profit des langues étrangères qui facilitent l’intégration ?
    Enfin, Peut-on conserver notre identité tout en restant ouvert au monde actuel?
    Avant d’enchainer avec l’analyse et la réflexion, il semble nécessaire de commencer par définir deux mots clefs : la tradition  et la modernité. La première est définie par l’ensemble de coutumes et croyances transférées d’une génération à l’autre. En d’autres termes, c’est un héritage immatériel qui permet à une génération de s’attacher à sa propre identité afin de se différencier et de préserver ce caractère de distinction assurant son unicité. L’exemple d’ailleurs du CAFTAN marocain en est la preuve. Son originalité a fait de lui l’habit de grâce et prestige à l’échelle internationale…
    Le mot modernité, quant à lui, est vu de nos jours comme étant l’antonyme de la tradition. Or, la modernité est plutôt ce concept qui accepte le changement mais qui généralement ne touche pas aux dimensions culturelles mais plutôt politiques et institutionnelles.
    A l’image des sociétés traditionnelles, l’intégration de la modernité dans notre société se fait difficilement, car la société cherche toujours à éviter les contradictions et préserver son bien être et confort par refus de tout changement.
    Trouver un commun accord entre la modernité et nos traditions semble être une question primordiale à résoudre. Le défunt roi Hassan II a soulevé le problème dans ses célèbres discours en disant « le Maroc est un arbre ou les racines plongent en Afrique et qui respire par ses feuilles en Europe ». Une métaphore qui explique clairement la situation actuelle du Maroc. Ce pays musulman attaché à ses croyances et ses traditions. Il veille aussi à les ajuster au progrès et à l’ouverture vécue à l’échelle mondiale.
    La suppression de tout ce qui est incompatible avec nos traditions, ou son acceptation avec modification sont devenues monnaie courante. C’est une politique longuement adoptée.
    Marier tradition et modernité peut conduire à l’oublie de certaines traditions adoptées jusque là. L’exemple des traditions qui touchaient à la dignité et à l’intimité des couples marocains, comme l’histoire des taches de sang sur le pantalon de la mariée exposé ouvertement aux invités après les nuits de noces. C’est une coutume en voie de disparition. Aussi, la superstition qui se traduit par les croyances qui hantaient leurs idées à cause de l’ignorance et l’analphabétisme : ne jamais parler dans les toilettes ou salle de bain, ne jamais ouvrir un parapluie chez soi, ne jamais frapper une fille avec un balai par peur qu’elle ne se marie jamais, ne jamais enjamber une personne allongée, car ça l’empêcherait de grandir. Toutes sortes d’idées superstitieuses qui reflétaient la mentalité et la culture des marocains.
    Le changement a touché tout cela et encore. Les jeunes ne sont plus influencés par ces croyances. Jadis, La société était rattachée à l’autorité et l’obéissance à tous les niveaux : relation homme femme, homme fils et professeur élève, bénédiction parentale, respect et pudeur. Tous ces adjectifs décrivaient clairement la situation. L’autorité régulait les rapports hiérarchiques sans discuter ou ajouter un mot. Dans la culture berbère par exemple, chaque vendredi le marié doit battre sa femme, et les passants doivent entendre ses cris devant chaque maison. Pour eux, c’était un signe de supériorité, d’autorité. Or, des changements ont été appliqués pour bannir ces images de violence, d’où l’apparition de plusieurs organisations qui défendent les droits de l’homme, l’égalité entre  hommes et femmes, les droits des enfants…Etc.
    Il ressort de ce qui précède que trouver un terrain d’entente entre tradition et modernité ne sera pas une tache facile. Les tentatives d’adaptation sont souvent et seront encore objet de débats publics.
    Toutefois, il reste clair qu’en aucun cas cette quête ne devra mener à moderniser la tradition ou à engloutir la modernité de traditions. Elle aura plutôt comme finalité d’essayer de fixer la bonne dose de modernité tout en respectant nos valeurs, nos principes.

    Rim Kaanane

  • Non classé

    Les Salons du livre

    Du 13 au 22 Février dernier s’est déroulé, à l’Office des foires et expositions de Casablanca, la 21ème édition du SIEL (Salon International de l’Edition et du Livre), que je n’ai, comme chaque année, pas manqué de visiter.
    11117708_10206070296337383_1794779692_n
    Cette année encore, j’ai juste ADORE ! Et pour cause, plus de 40 pays ont été représentés, des écrivains, éditeurs, et cinéastes de partout dans le monde ont répondu présent, notamment des palestiniens dont le pays a été à l’honneur cette année, ce qui m’a personnellement fait un plaisir fou !
    Mon gros coup de coeur a été pour toutes les activités culturelles organisées pour enfants. Parmi les 133 activités, 33 ont été dédiés aux plus jeunes, ce qui est très important, pour que la génération à venir puisse connaitre la magie de la lecture dès le plus jeune âge, et qui sait, peut-être s’en servir pour construire un avenir meilleur.
    J’ai enfin pu visiter le Salon du Livre Usagé de Casablanca, qui en est déjà à sa 8eme édition, et gros gros coup de coeur!

    Salon du livre usagé
             Salon du livre usagé

    Il y a quelques jours, une amie bloggeuse et amoureuse de la lecture m’a proposée d’y aller le jour de l’ouverture de ce salon, mais malheureusement, faute de temps, je n’ai pu y aller qu’hier, et énorme surprise !
    Plus d’une dizaine de stands sur une grande place appelée Sahat Sraghna, contenant chacun plusieurs centaines de livres usagés à très petits prix, et cette fois-ci, ce n’est pas une astuce marketing pour attirer le plus grand nombre d’acheteur, les prix commencent à partir de 2dhs ! Oui oui, vous avez bien lu, 2DHS !
    Laa variété des livres proposés m’a également énormément surprise, il y en avait pour tous les âges, tous les gouts, toutes les générations, et tous les centres d’intérêts !
    Entre livres de cuisine, histoires pour enfants, livres de coloriage, encyclopédies, romans, autobiographies, journaux, magasines, revues, le salon ne laisse plus aucune raison aux marocains de ne pas se cultiver, et ce, dans plusieurs langues !
    Je suis extrêmement heureuse de voir des événements pareils dans notre pays, et je suis surtout très heureuse de ne pas avoir pu y rester longtemps à cause du monde fou qu’il y avait, ça a été incroyable de voir autant de personnes s’acharner sur des livres, les feuilleter, en lire des extraits, en demander, chercher dans les paniers et en acheter.
    En parlant de chercher dans les paniers, je vous conseille de bien fouiller (ça ne m’a pas dérangée vu que j’adore ça 🙂 ), et surtout, y aller avec quelqu’un de patient, personnellement, j’y suis allée avec ma maman qui s’est vite lassée, je la comprends un peu vu qu’il y avait vraiment beaucoup de monde et qu’il faisait assez chaud ! Je prévois de repartir très prochainement, je suis sure que j’y trouverai plein de petits trésors !
    Le salon du livre usagé dure jusqu’au 30 Avril, allez tous y faire un tour, c’est à Sahat Saraghna !
    Je vous laisse avec mes achats des deux salons.
    Mes achats
                                             Mes achats

    11116102_10206070013250306_225345316_n11122558_10206070014210330_717354577_n11178528_10206070012330283_1543537802_n
    11123584_10206070015730368_1719542387_n11180093_10206070015170354_811185997_n11173527_10206070013690317_10453162_n

    -SIEL :
    Kafka sur le rivage – Haruki Murakami
    Lady Susan – Jane Austen
    Lolita – Vladimir Nabokov
    -Salon du livre usagé:
    Le pavillon des enfants fous – Valérie Valère : 10dhs
    L’enfant de sable – Tahar Ben Jelloun : 20dhs
    L’étranger – Albert Camus : 35dhs

  • Non classé

    Volez, volez petits anges

    Comme vous avez pu le remarquer, je n’ai rien publié sur ma page Facebook ni sur mon blog depuis Jeudi, je vais vous expliquer pourquoi.
    En me réveillant Vendredi matin, j’ai appris que quelques heures avant avait eu lieu un accident des pires de toute l’histoire du royaume. Un car transportant une quarantaine de personnes, dont plusieurs enfants âgés de 8 à 14 ans, est entré en collision avec un camion, et a, en quelques secondes à peine, pris feu. Plus de 33 personnes, dont 21 enfants ont rendu l’âme.
    Comment publier un article tout en sachant que 21 petits êtres innocents, dont le seul crime est d’avoir pris la route pour pratiquer leur passion, ont été brulés vifs ? Comment écrire tout en sachant que 21 familles qui, au lieu de voir leurs enfants rentrer plus tard en matinée et leur raconter leur séjour, ont appris qu’ils avaient pris la route pour une destination sans retour? Comment lire tout en sachant que notre pays a perdu plus de 21 chances de construire un futur sain, sportif, créatif, différent et meilleur?
    Je n’ose même pas imaginer leurs dernières minute, leurs dernières pensées. Ont-ils pensé à leurs parents? Ont-ils pensé à ceux qui les attendaient chez eux? Ont-ils pensé tout court? Ont-ils entendu leurs camarades pleurer, crier, appeler à l’aide? Ont-ils ressenti la douleur? Ou ont-ils été asphyxiés?
    Je me suis toujours dit que si je devais choisir une façon de mourir, ça ne serait certainement pas brulée. Malheureusement, ces 21 enfants n’ont rien choisi.
    Ca aurait pu être vous, ça aurait pu être moi, nos parents, nos frères et soeurs, nos enfants, nos neveux, nos cousins. Ca aurait pu être n’importe qui, et c’est tombé sur eux.
    Aujourd’hui, j’ai le coeur brisé, je n’arrive pas à penser à autre chose qu’à ces familles qui n’ont rien fait d’autre que donner à leurs enfants la permission de s’amuser, et qui, en retour, ne pourront plus entendre ce rire qui représentait bien plus que tout l’or du monde à leurs yeux, qui ne pourront plus aller chercher leurs enfants à l’école, leur cuisiner leurs plats préférés, les voir grandir, découvrir la vie, s’instruire, apprendre, s’amuser, les serrer dans leurs bras.
    Je vous écris cet article en entendant mes neveux rigoler, et je ressens cette joie indescriptible, que je ressens à chaque fois que je les regarde, et dont 21 familles sont désormais privées.
    Aujourd’hui, c’est un énorme coup de gueule envers tous les conducteurs du royaume. Le Maroc est l’un des pays avec le taux d’accidents le plus élevé du monde.
    Quand allons nous enfin comprendre que les fautes d’inattention sur la route ne nous mettent pas seulement nous en danger, mais toutes les personnes autour de nous? Quand allons nous enfin comprendre que prendre la route est une responsabilité, un respect, un risque à ne prendre que si nous nous en sentons à la hauteur?
    Je ne sais pas, en attendant, je n’ai qu’une seule chose à dire : JPP. 10403038_905445552809072_4484798342165135709_n

    Volez, volez, petits anges

    Allez vous-en loin, allez vous-en sereins

    Qu’ici, plus rien ne vous retienne

  • mood

    Le 8 Mars en livres

    10346002_10152750367163379_4676481198978855187_n 8 Mars rime avec journée internationale de la femme. En cette occasion, je vous ai concocté une sélection de livres sur ce sexe dont les revendications restent toujours une polémique pour les patriarchies.
    1-99 femmes et nousFanny Soccomanno:
    71UC6K2ibbL 99 femmes et nous est un petit bijou, très constructif, à faire lire à tous les jeunes, pour leur rappeler que la liberté des femmes dont nous parlons aujourd’hui a longtemps été le combat de certaines qui, malheureusement, ont tendance à tomber dans l’oubli. Il est présenté sous forme de portraits, très recherchés, et absolument enivrant.
    2-Les femmes qui lisent sont dangereusesLaure Adler, Stefan Bollman: les_femmes_qui_lisent_500 Les femmes qui lisent sont dangereuses est un livre étonnamment surprenant. Il retrace le rapport des femmes et la lecture à travers des tableaux, pas tous connus, venant de toutes les époques (du 17ème au 20ème siècle) et quelques photographies aussi toutes aussi belles les unes que les autres, suivis de commentaires.
    3-A hautes voixAssociation Solidarité Féminine: 76897livre-a-hautes-voix-fennec-SF-1312201310550476897.png J’ai l’honneur, depuis quelques semaines déjà, de travailler sur un projet avec l’association marocaine Solidarité Féminine, créée et présidée par la célèbre Aicha Ech-Chenna, qui n’a pas hésité à défendre corps et âme la cause de la mère célibataire marocaine, et de son enfant. Lors d’une visite, on m’a offert le livre A Hautes Voix, qui est un recueil de témoignages des mères célibataires qui ont eu recours à l’association. J’ai été très touchée par tout ce par quoi ces femmes sont passées, et par tout ce que la société continue de leur faire endurer.
    BONUS: Une maison de poupée Henrik Ibsen: 26425_1216843 Cette pièce de théâtre norvégienne, écrite en 1879, est l’une des premières que j’aie lues, et un de mes premiers vrais coups de coeurs. Nora est une épouse et maman au grand coeur, adorée par son entourage, et prête à tout pour sauver les personne qu’elle aime. Après avoir appris que son mari était atteint d’une maladie grave, qui ne peut être soignée qu’en Italie, Nora contracte un emprunt important pour payer le voyage. Le problème est le suivant: son époux refuse toute sorte de dette, elle se voit donc contrainte de falsifier la signature de son père, et de prétendre que cet argent est le sien. Des années après, le destin fait que son mensonge refait surface, et Nora, jusque là femme sensible et innocente, décide de prendre sa vie en main.
    Et vous, avez-vous lu un de ces livres ? Si oui qu’en avez vous pensé ? Sinon, quel est le livre sur les femmes qui vous a le plus marqué?

  • Non classé

    Le JPP d’inauguration

    Il y a quelques jours, le lendemain de mon retour de mes vacances d’hiver que j’ai passées à Montréal, la ville du respect et de la sécurité par excellence, j’ai dû prendre le tramway, avec une amie, vers 18h, pour rentrer chez moi, et le moins que je puisse dire, c’est que ce retour a été très riche en émotions…

    Nous étions en plein centre de la ville, le soleil se couchait, les embouteillages étaient pénibles, comme à leur habitude, à une heure de pointe dans la capitale économique du pays, et la fatigue de la fin de journée se lisait sur le visage des casablancais qui se bousculaient pour rentrer chez eux, bref, jusque là, rien d’anormal.

    Au moment de traverser la route, j’ai senti une main se poser sur le bas de mon dos. Terrifiée, je me suis retournée et j’ai vu un jeune homme d’une vingtaine d’années, ses yeux en disaient long sur son état de sobriété.

    L’histoire ne s’arrête pas là car, après avoir eu les ‘’mains baladeuses’’, cette même personne a essayé de me voler mon sac à main. A ce moment, sous l’effet de la fatigue et de la colère qui prenaient le dessus sur la peur, je me suis mise à crier. N’étant certainement pas habitué à ce que ses victimes réagissent, il est parti en courant, de l’autre coté de la route, et est resté à nous regarder, mon amie et moi, d’un regard menaçant, l’air de nous défier de traverser la route.

    Je me souviens encore de ce regard, aussi sale que ses mains noires qu’il a osé poser sur moi. Le pire dans l’histoire c’est que, pendant tout ce temps, un policier regardait la scène, sans bouger d’un poil.

    Deux jeunes hommes sont venus s’assurer que je n’avais rien, nous ont accompagnées pour prendre nos tickets, et ont veillé à rester avec nous, jusqu’à ce que nous soyons en sécurité dans notre wagon.

    Le but de ce coup de gueule n’est pas de vous parler de moi, parce que oui, je le sais, il y a des gens qui ont vécu pire, mais qui n’ont malheureusement pas l’opportunité ou le courage d’en parler. Cette expérience n’est pas seulement la mienne, mais celle de la grande majorité des femmes de cette ville. La situation va de mal en pis, et au lieu de la voir s’améliorer, elle ne fait que s’empirer, les agressions sont devenues lot courant, et la sécurité n’est plus qu’un rêve, qui paraît malheureusement loin, très loin.

    Pour tout vous dire, j’ai peur, tous les jours. J’ai peur pour moi, j’ai peur pour les gens que j’aime, j’ai peur pour ma ville, j’ai peur pour mon pays. Mais en même temps, je me dis que ce n’est pas le Maroc dans lequel j’ai grandi, du moins je ne veux pas croire que ça l’est. Je me dis que ce n’est qu’une crise, qui dure depuis un peu trop longtemps, certes, mais qui finira par passer. Je me réconforte en me disant que le Maroc se résume en ces deux hommes, qui n’ont pas hésité à laisser leurs occupations de côté, pour venir en aide à deux jeunes filles.

    Jusqu’à quand allons nous devoir supporter  cette injustice? Quand allons nous enfin nous sentir libres? Quand allons nous enfin nous sentir vraiment chez nous?

    En attendant, je n’ai qu’une seule chose à dire : JPP.

    Petit message à nos deux héros inconnus: je sais que vous ne me lirez sans doute jamais mais merci d’avoir été là, et d’être restés là. Mille mercis.

  • Non classé

    Le JPP d'inauguration

    Il y a quelques jours, le lendemain de mon retour de mes vacances d’hiver que j’ai passées à Montréal, la ville du respect et de la sécurité par excellence, j’ai dû prendre le tramway, avec une amie, vers 18h, pour rentrer chez moi, et le moins que je puisse dire, c’est que ce retour a été très riche en émotions…
    Nous étions en plein centre de la ville, le soleil se couchait, les embouteillages étaient pénibles, comme à leur habitude, à une heure de pointe dans la capitale économique du pays, et la fatigue de la fin de journée se lisait sur le visage des casablancais qui se bousculaient pour rentrer chez eux, bref, jusque là, rien d’anormal.
    Au moment de traverser la route, j’ai senti une main se poser sur le bas de mon dos. Terrifiée, je me suis retournée et j’ai vu un jeune homme d’une vingtaine d’années, ses yeux en disaient long sur son état de sobriété.
    L’histoire ne s’arrête pas là car, après avoir eu les ‘’mains baladeuses’’, cette même personne a essayé de me voler mon sac à main. A ce moment, sous l’effet de la fatigue et de la colère qui prenaient le dessus sur la peur, je me suis mise à crier. N’étant certainement pas habitué à ce que ses victimes réagissent, il est parti en courant, de l’autre coté de la route, et est resté à nous regarder, mon amie et moi, d’un regard menaçant, l’air de nous défier de traverser la route.
    Je me souviens encore de ce regard, aussi sale que ses mains noires qu’il a osé poser sur moi. Le pire dans l’histoire c’est que, pendant tout ce temps, un policier regardait la scène, sans bouger d’un poil.
    Deux jeunes hommes sont venus s’assurer que je n’avais rien, nous ont accompagnées pour prendre nos tickets, et ont veillé à rester avec nous, jusqu’à ce que nous soyons en sécurité dans notre wagon.
    Le but de ce coup de gueule n’est pas de vous parler de moi, parce que oui, je le sais, il y a des gens qui ont vécu pire, mais qui n’ont malheureusement pas l’opportunité ou le courage d’en parler. Cette expérience n’est pas seulement la mienne, mais celle de la grande majorité des femmes de cette ville. La situation va de mal en pis, et au lieu de la voir s’améliorer, elle ne fait que s’empirer, les agressions sont devenues lot courant, et la sécurité n’est plus qu’un rêve, qui paraît malheureusement loin, très loin.
    Pour tout vous dire, j’ai peur, tous les jours. J’ai peur pour moi, j’ai peur pour les gens que j’aime, j’ai peur pour ma ville, j’ai peur pour mon pays. Mais en même temps, je me dis que ce n’est pas le Maroc dans lequel j’ai grandi, du moins je ne veux pas croire que ça l’est. Je me dis que ce n’est qu’une crise, qui dure depuis un peu trop longtemps, certes, mais qui finira par passer. Je me réconforte en me disant que le Maroc se résume en ces deux hommes, qui n’ont pas hésité à laisser leurs occupations de côté, pour venir en aide à deux jeunes filles.
    Jusqu’à quand allons nous devoir supporter  cette injustice? Quand allons nous enfin nous sentir libres? Quand allons nous enfin nous sentir vraiment chez nous?
    En attendant, je n’ai qu’une seule chose à dire : JPP.
    Petit message à nos deux héros inconnus: je sais que vous ne me lirez sans doute jamais mais merci d’avoir été là, et d’être restés là. Mille mercis.