• Interview

    Interview – Omar Sy

    Scroll down for the english version of the interview.

    J’ai récemment eu l’honneur d’interviewer Omar Sy qui vient donc ouvrir le bal des interviews dans le milieu de la comédie et du cinéma sur mon blog.
    Vous le connaissez sans doute à travers son personnage dans Intouchables, je vous invite à venir le découvrir sous un tout nouvel angle à travers ses confessions et anecdotes.
    Voici mon interview exclusive d’Omar Sy.
    Interview- Omar Sy
    Squat that Brain : Présentez-vous aux lecteurs de Squathatbrain. A part vos différents rôles et apparitions, qui est vraiment Omar Sy ? Quel était votre rêve d’enfance ? Et quelles sont vos passions ?
    Omar Sy :
    Je m’appelle Omar, Sy pour le nom de famille. J’ai 40 ans, je suis acteur – auteur – producteur français, mais avant tout cela,  je suis un homme heureux et papa de 5 enfants !
    Mon rêve d’enfance était d’être un homme marié, heureux avec plein d’enfants donc je suis comblé !
    Petit, je voulais vendre des clim en Afrique parce que je trouvais qu’il y faisait souvent trop chaud et que ça aiderait les gens là bas … mais la vie m’a amené à faire tout autre chose !
    Et j’espère qu’avec ce que je fais je leur fais autant de bien que la clim leur aurait apporté un peu de fraîcheur ! 😉
    Mes passions sont ma famille, mes enfants avant tout, mais aussi le cinéma, la musique, la plongée, la moto, les voyages, l’astronomie.
    Squat that Brain : Comme vous le savez, Squat that Brain est avant tout un blog de critiques littéraires. Aimez-vous lire ? Si oui, que peut-on trouver dans votre bibliothèque ? Et qui sont vos écrivains préférés ?
    Omar Sy :
    J’aime lire oui mais je ne lis pas assez, sûrement par manque de temps souvent, et de calme parfois. Je lis tous les styles de littérature et même ce qui n’est parfois pas considéré comme de la littérature par les puristes ou les plus élitistes ! Je suis plutôt ouvert ! Pour ce qui me plaît le mieux et que j’ai dans ma bibliothèque, vous pourriez citer comme exemples :
    Boris Cyrulnik (a l’oral comme à l’écrit !)
    Gael Faye
    Tonino Benacquista
    Maya Angelou
    Delphine Coulin
    Faiza Guene
    John Irving
    Stanislavski
    Douglas Kennedy / Coben en vacances !
    Squat that Brain : Quelles sont les plus grandes difficultés rencontrées en tant qu’artiste comédien et humoriste ?
    Omar Sy :
    Pas de grosse difficulté encore rencontrée, j’ai de la chance, ça viendra sûrement avec le temps ! Mais la difficulté c’est parfois qu’on aimerait revivre anonymement et pouvoir profiter des choses aussi simplement que peuvent le faire les autres autour de nous.
    Les plus grandes difficultés de ce métier c’est de toujours se rappeler que ça n’est justement qu’un métier et qu’il s’arrête quand on rentre à la maison et qu’il peut s’arrêter pour de bon aussi n’importe quand et qu’en dehors de lui, la vie continue et que pour la préserver,  elle ne doit pas y être trop liée.
    Sinon se sentir toujours en forme et motivé même quand on est fatigués, se sentir toujours inspiré, et se rappeler que rien n’est jamais acquis et qu’il faut toujours travailler davantage pour que cela dure et que l’on mérite le retour des spectateurs , lecteurs etc (mais c’est aussi ça le bon côté !)
    Squat that Brain : Sur mon blog, l’un des premiers articles que j’ai écrit parlait des habitudes des écrivains. Quelles sont les vôtres, lorsque vous prépariez vos spectacles Omar & Fred, ou même SAV ?
    Omar Sy :
    Pas vraiment d’habitude. Juste l’envie de partager, de nous amuser, de nous raconter et d’en sortir les meilleures anecdotes, les meilleurs souvenirs et d’en faire des vannes, des histoires , des personnages qui pourraient plaire et faire rire les autres. On écrivait tout le temps à n’importe quel moment pendant des années, et un jour on a tout réuni pour essayer d’en faire ce qui est devenu le spectacle, les SAV aussi etc
    Squat that Brain : Nous connaissons tous le succès qu’a connu votre personnage dans Intouchables, et qui vous a valu plusieurs prix et opportunités. Mais concrètement, qu’est-ce qui s’est passé dans votre tête lorsque vous avez vu toute la réussite qu’a connu votre film ? Comment avez-vous vécu les mois suivants sa sortie ?
    Omar Sy :
     Intouchables fut un cadeau immense, surréaliste même. Je l’ai pris de plein fouet mais l’ai vécu à fond tout en prenant conscience que ça ne durerait la aussi qu’un temps et qu’il fallait en profiter aussi pour cette raison.
    Squat that Brain : Quelles sont les erreurs commises durant votre carrière, et que vous faites tout pour éviter dans l’avenir? Avez-vous déjà eu envie de tout arrêter ?Omar Sy : Les erreurs sont aussi importantes que les bonnes décisions et les succès, on apprend, on se construit grâce à elles, et j’en ai faits et j’en referai sûrement beaucoup et c’est tant mieux !
    Si j’ai parfois eu envie d’arrêter ? oui sûrement à cause de la fatigue ou d’être loin de ma famille quand je tourne loin de la maison peut être…mais cette envie ne dure jamais longtemps !
    Faire ce métier et en vivre aussi bien est une chance et il ne faut pas l’oublier, et ne pas devenir blasé …
    Squat that Brain : Comment s’est passé votre transition de comédien et humoriste français, à acteur à Hollywood ?
    Omar Sy :
    Je ne me considère pas comme un acteur à Hollywood. J’ai encore du chemin si je veux l’être un jour, ce que je ne suis pas certain de vouloir ! On m’a sollicité pour des participations au sein de films américains certes mais c’était pour l’expérience, pour m’amuser.  J’ai encore beaucoup de travail à faire pour me sentir acteur à part entière aux US. Déjà avec la langue, et pour moi c’est difficile je crois, de jouer , de ressentir les mêmes émotions / sensations et de me sentir acteur sans parler ma première langue qu’est le français.
    Squat that Brain : Quel est votre rêve le plus fou que vous n’avez toujours pas réalisé ?
    Omar Sy :
    Aller dans l’espace.
    Squat that Brain : Quels conseils donneriez-vous aux lecteurs de cette interview qui rêvent de devenir acteurs ? Comment persévérer malgré les critiques ?
    Omar Sy :
    A force de travail et de persévérance, tout est possible. Ne jamais baisser les bras ni se laisser déstabiliser par ceux qui ne croient pas en nous. La perception des autres n’est jamais la vérité, et c’est à nous mêmes que nous devons nous prouver que nous sommes capables, pas aux autres.
    Un grand merci à Omar Sy d’avoir pris le temps de répondre à ces questions, et de nous permettre de découvrir le grand homme caché derrière le comédien que nous connaissons tous.


    I recently had the honor to interview Omar Sy, which makes him the first actor to answer to my questions on the blog for you guys !
    You probably heard, at least one time, about Intouchables, that french movie that made so much noise in the whole world. I invite you, today, to discover from a new angle the actor that saw his carrer grow in an impressive way thanks to that movie, through his confessions and anecdotes.
    Here’s my exclusive interview of Omar Sy.
    Interview- Omar Sy

    Squat that Brain : Introduce yourself to Squathatbrain’s readers. A part from your different roles and apparitions, who is Omar Sy ? What was your childhood dream ? And what are your passions ? 
    Omar Sy : My name is Omar, Sy for the last name. I’m 40 years old. 
    I am an actor – author – french producer, but before all that, I am a happy man and dad of 5 children!
    My childhood dream was to be a married man, happy with lots of kids so I’m thrilled !
    Little, I wanted to sell air conditioners  in Africa because I found that it was often too hot and that it would help people there … but life led me to do something else! And I hope that with what I do, I do them as good as the air conditioning would have brought them a little freshness! 😉
    My passions are my family, my children first and before everything, but also cinema, music, diving, motorcycling, traveling, astronomy.

    Squat that Brain : As you already know, Squathatbrain is first and foremost  everything a book blog. Do you like reading ? If yes, what can we find in your library ? Who are your favorite writers ? 
    Omar Sy : I like to read yes but I do not read enough surely for lack of time often, and sometimes because there are a lot of noise around me. 
    I read all genres of literature and even what is sometimes not considered literature by the purists or the most elitist ! I am rather open ! Concerning the writers that I like most :
    Boris Cyrulnik (oral and written!)
    Gael Faye
    Tonino Benacquista
    Maya Angelou
    Delphine Coulin
    Faiza Guene
    John Irving
    Stanislavsky
    Douglas Kennedy / Coben on vacation!

    Squat that Brain : What are the biggest difficulties that you encountered in your carrer ? 
    Omar Sy : I haven’t encountered any big difficulty yet. I’m lucky, it will surely come with time ! But the difficulty is sometimes that we would like to relive anonymously and be able to enjoy things as simply as others around us can do.
    The biggest difficulties of this job is to always remember that it is just a job and it stops when we come home and it can stop for good at anytime. Moreover, life goes on and to preserve it, work must not be too closely linked to it.
    Also, feeling always fit and motivated even when you are tired. Always feel inspired. And remembering that nothing is ever acquired and that we must always work harder to make it last and that we deserve the return of spectators, readers etc (but that’s also the good thing!).

    Squat that Brain : In my blog, one of my first articles was about the writing habits of the biggest writers. Do you have any  that help you writing your shows ( Omar&Fred, or even SAV ) ?
    Omar Sy :
    I don’t really have habits…just the desire to share, to have fun, to tell us and to come out with the best anecdotes, the best memories and to make them into valves, stories, characters that could please and make others laugh.
    We wrote all the time at any time for years and one day we put everything together to try to make it what has become the show, the SAV also etc

    Squat that Brain : We all know the huge success that your character in The Intouchables, and that won multiples awards and gave you a lot of opportunities. But concretely, what happened in your head when you saw the success behind the film ? How did you live the months following its release ?
    Omar Sy
    : The Intouchables was a huge, surrealist gift. 
    I took it full force but lived it thoroughly while realizing that it wouldn’t last forever and that it was necessary to enjoy it also for this reason. It was also violent to be projected like that in the media, to no longer have the opportunity to live my private life as before. But it is the downside of what celebrity is, as everything has its advantages and disadvantages.

    Squat that Brain: What are the mistakes that you made in your career, and what do you do to avoid them in the future ? Have you ever wanted to stop everything ?
    Omar Sy : Mistakes are as important as good decisions and successes, 
    we learn, we build through them and I made some and I will surely do it again and that’s good ! If I have sometimes wanted to stop ? Yes surely because of the tiredness or not seing my family when I am… But this desire never lasts long ! Doing this job and living it as well is a chance, we should not forget it…

    Squat that Brain: How was your transition from French comedian to actor in Hollywood?
    Omar Sy : I do not consider myself an actor in Hollywood. I still have a long way if I want to be one day, which I’m not sure I want ! I was asked to participate in American films certainly but it was for the experience, to have fun. I still have a lot of work to do to feel like a fully-fledged player in the US. Mostly because of the language. For me it’s hard I think, to play, to feel the same emotions / sensations and to feel myself an actor without speaking my first language that is French.

    Squat that Brain: What is your craziest dream that you still haven’t realized?
    Omar Sy : Travelling to space !

    Squat that Brain: What advice would you give to the readers of this interview who dream of becoming actors ? How to persevere despite the critics ?
    Omar Sy : Work and perseverance make everything possible. Never give up or be destabilized by those who do not believe in us.The perception of others is never the truth. And it is to ourselves that we must prove that we are capable, not others.

    A big thank you to Omar Sy for taking the time to answer these questions, and for allowing us to discover the great man behind the comedian we all know.

  • Critiques,  Lecture

    Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique – Erotic stories for Punjabi widows

    Scroll down for the English review <3

    Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique
    Photo le club des veuves qui aimaient la littérature érotique par Squathatbrain.

    Acheter Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique ici 

    J’ai découvert ce livre grâce à Reese Witherspoon et son club de lecture. Etant une énorme adepte de cette femme que je trouve génialissime, je me devais de suivre son conseil et de découvrir cet écrit. Et à mon grand bonheur, les éditions Belfond, que je remercie pour leur confiance, m’ont envoyé un exemplaire.

    Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique nous emmène en Angleterre ; plus précisément à Southall, un quartier habité par une grande population d’immigrés indiens. Nikki y postule pour un emploi de prof d’Anglais, une candidature qui va s’avérer bien différente de ce à quoi elle (et nous aussi) s’attendait.

    Pour vous mettre dans le contexte, Nikki est d’origine indienne, elle a 22ans, mais refuse de se soumettre aux traditions et coutume de son pays d’origine. Elle travaille dans un pub et ne fait déjà (?) plus partie du foyer familial. Sa sœur bien au contraire, vit toujours chez sa mère à l’âge de 26 ans, et rêve d’un mariage arrangé.

    Balli Kaur Jasswal aborde plusieurs sujets délicats des familles orientales, comme les mariages arrangés, la place de la femme dans la société, l’image de la veuve, le rapport de la femme au sexe, la vie d’immigrées orientales en occident (ou le rapport de femme traditionnelle avec la modernité).

    Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique est un roman très intéressant, qui vient nous familiariser avec les cultures orientales. Ce qui est bien c’est que l’auteure n’est pas là pour dénigrer ces cultures, ni pour montrer qu’il faut agir de telle ou telle façon, mais pour nous aider à comprendre ce qui se passe dans un monde qui, bien qu’il soit proche de celui où nous vivons, peut sembler à des années lumières à certains.

    Si vous n’y connaissez rien à ces cultures, ce roman vous aidera à les comprendre tout en vous faisant passer un moment très agréable grâce à la légèreté et à l’humour de la plume de Balli Kaur Jasswal. Si, au contraire, vous êtes déjà familiers avec elles, l’écrivaine viendra vous faire passer un moment agréable, en vous entraînant dans des histoires de femmes très attachantes à travers leurs témoignages totalement captivants.

    Note : 8/10 – je recommande

    PS : J’ai reçu une copie de ce livre de la part de la maison d’édition Belfond en contrepartie d’un avis honnête. Ma critique provient donc de mon point de vue suite à ma lecture de ce livre. Aucun autre facteur n’a influencé mon avis.

    English review

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    Buy Erotic stories for Punjabi widows here  

    I discovered this book through Reese Witherspoon and her book club. Being a huge fan of this woman that I find AWESOME, I had to take her advice and discover that book. And to my great happiness, the Belfond editions, which I thank for their trust, sent me a copy.

    Erotic stories for Punjabi widows takes us to England; more precisely to Southall, a district with a large population of Indian immigrants. Nikki is applying for a job as an English teacher, an application that will be very different from what she (and we too) expected.

    To put you in context, Nikki is of Indian origin, she is 22 years old, but refuses to submit to the traditions and customs of her country of origin. She works in a pub and is already (?) no longer part of the family home. Her sister, on the contrary, still lives with her mother at the age of 26, and dreams of an arranged marriage.

    Balli Kaur Jasswal tackles several delicate subjects of oriental families, such as arranged marriages, the place of women in society, the image of the widow, the relationship of women to sex, the life of Eastern immigrants in the West (or the relationship of traditional woman with modernity).

    Erotic stories for Punjabi widows is a very interesting novel, that introduces us to oriental cultures. I loved the fact that the author wasn’t there to denigrate these cultures, nor to show how these women (or women in their situation in general) should act, but to help us understand what happens in a world that, although it is close to the one we live in, may seem light years to some.

    If you do not know anything about these cultures, this novel will help you understand them while giving you a very enjoyable moment thanks to the lightness and humor of Balli Kaur Jasswal‘s pen. If, on the contrary, you are already familiar with them, the writer will make you spend a pleasant moment, taking you in very endearing stories of women through their captivating testimonies.

    Rating: 8/10 – I recommend 

    PS: I received a copy of this book from the Belfond Publishing House in exchange for an honest opinion. My review comes from my point of view after my reading of this book. No other factor influenced my opinion.
  • Critiques,  Lecture

    Et à la fois je savais que je n'étais pas magnifique

    This book was written by a french writer. The english version isn’t available yet. Scroll down for my english review.

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    Achetez Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique ici

    Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique est le premier roman de Jon Monnard, sorti au mois de Mars 2017 par les Editions l’Age d’Homme -que je remercie d’ailleurs pour l’exemplaire-.

    L’auteur nous emmène à la rencontre de Coska, un jeune homme timide, introverti, qui a pour rêve de devenir écrivain, et qui atterri dans le monde de la mode un peu comme un cheveu dans une soupe. Il découvre alors -et nous aussi avec lui- la cruauté de ce monde enjolivé par les paillettes et les réseaux sociaux, et se sent très vite perdu.

    Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique traite de plusieurs sujets importants. Tout d’abord la célébrité ; y sommes-nous réellement prêts ? Qu’est-ce qu’elle engendre ? Mais surtout, qu’y a t-il derrière la lumière des projecteurs ? Nous avons tous entendu parler de ces pauvres (victimes) de télé-réalité -d’ailleurs je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement-, qui sombrent dans l’alcool, la drogue, voire la dépression.
    Ensuite, les réseaux sociaux, ces moyens de communication qui sont capables de bien plus qu’on leur imagine.
    Puis, la volonté de réussir, l’ambition…la naïveté.

    Ce livre, de 161 pages, se lit rapidement. J’avoue qu’il m’a fallut quelques pages pour me mettre dedans, mais une fois que ça a été le cas, la lecture s’est faite avec beaucoup de plaisir. Le personnage principal, Coska, m’a beaucoup fait pensé à moi-même à travers ses traits de caractère, ses rêves plein la tête, et son (énorme) soif de succès. D’ailleurs, mon histoire d’amour avec ce livre a commencé dès le début du deuxième chapitre, quand la narration, qui était jusque là faite à la troisième personne, est passée à la première. Je ne pourrai pas dire que ce changement soit positif (ni négatif d’ailleurs), parce qu’après avoir lu les avis d’autres lecteurs, j’ai remarqué que beaucoup ont préféré la première partie du roman à la deuxième, et vice-versa. C’est une histoire de goûts, et ça ne se critique donc pas.

    Au-delà de nous transporter dans une histoire captivante, Jon Monnard réussit à nous faire réfléchir non seulement en énonçant des sujets importants, mais surtout avec un style d’écriture pur. Je ne sais pas si cela est dû au fait que ce soit son premier roman -si c’est le cas, j’espère qu’il gardera le même style dans ses prochains-, mais j’ai eu le sentiment que chaque mot écrit dans ces 161 page était sincère. D’ailleurs, les remerciements et la petite phrase au début dédiée à sa maman prouvent que Jon Monnard y a mis tout son coeur, et ça se ressent.

    En bref, Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique est un excellent premier roman, et j’ai très hâte de lire le prochain.

    Note : 7/10 – je recommande. 

    Retrouvez mon interview de Jon Monnard ici.

    PS : J’ai reçu une copie de ce livre de la part de la maison d’édition l’Age d’Homme en contrepartie d’un avis honnête. Ma critique provient donc de mon point de vue suite à ma lecture de ce livre. Aucun autre facteur n’a influencé mon avis.

    English review

    And at the same time I knew that I was not splendid” is the first novel of Jon Monnard, released in March 2017 by the Editions l’Age d’Homme – that I thank for the copy-.

    The author takes us to meet Coska, a timid young man, introverted, dreaming of becoming a writer, who has landed in the world of fashion a bit like a hair in a soup. He then discovers – and so do we – the cruelty of this world embellished by sequins and social networks, and feels very quickly lost.

    ”And at the same time I knew that I was not splendid” deals with several important topics. First, celebrity ; how could we know if we really are ready for it ? What does it generate ? And above all, what is behind the spotlight ? We all have heard of those poor (victims) of reality shows – I could not help but make the connection – who fall into alcohol, drugs or depression.
    Then social networks, these means of communication that are capable of much more than we imagine.
    And finally, the will to succeed, the ambition … the naivety.

    This book of 161 pages, can be read quickly. I admit that it took me a few pages to put myself in it, but once I did, the reading was with a lot of pleasure. The main character, Coska, made me think of myself through his character traits, his dreams, and his (huge) thirst of success. Besides, my love affair with this book started at the beginning of the second chapter, when the narration, which was previously done at the third person, went to the first. I will not be able to say that this change is positive (nor negative for that matter), because after having read the opinions of other readers, I noticed that many preferred the first part of the novel to the second, and vice -versa. It’s a matter of taste, and it’s not critical.

    Beyond taking us into a captivating story, Jon Monnard managed to make us think not only because of the important topics I was talking about, but above all with a pure writing style. I do not know if this is due to the fact that this is his first novel – if it is, I hope he will keep the same style in his next one(s) – but I had the feeling that every word written in these 161 pages was sincere. Moreover, the acknowledgement page and the small sentence at the beginning dedicated to his mother prove that Jon Monnard has put all his heart in his book, and it can indeed be felt.

    And at once I knew that I was not splendid” is an excellent first novel, and I can not wait to read the next one.

    Note: 7/10 – I recommend.

  • Critiques,  Lecture

    Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique

    This book was written by a french writer. The english version isn’t available yet. Scroll down for my english review.

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    Achetez Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique ici

    Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique est le premier roman de Jon Monnard, sorti au mois de Mars 2017 par les Editions l’Age d’Homme -que je remercie d’ailleurs pour l’exemplaire-.

    L’auteur nous emmène à la rencontre de Coska, un jeune homme timide, introverti, qui a pour rêve de devenir écrivain, et qui atterri dans le monde de la mode un peu comme un cheveu dans une soupe. Il découvre alors -et nous aussi avec lui- la cruauté de ce monde enjolivé par les paillettes et les réseaux sociaux, et se sent très vite perdu.

    Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique traite de plusieurs sujets importants. Tout d’abord la célébrité ; y sommes-nous réellement prêts ? Qu’est-ce qu’elle engendre ? Mais surtout, qu’y a t-il derrière la lumière des projecteurs ? Nous avons tous entendu parler de ces pauvres (victimes) de télé-réalité -d’ailleurs je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement-, qui sombrent dans l’alcool, la drogue, voire la dépression.
    Ensuite, les réseaux sociaux, ces moyens de communication qui sont capables de bien plus qu’on leur imagine.
    Puis, la volonté de réussir, l’ambition…la naïveté.

    Ce livre, de 161 pages, se lit rapidement. J’avoue qu’il m’a fallut quelques pages pour me mettre dedans, mais une fois que ça a été le cas, la lecture s’est faite avec beaucoup de plaisir. Le personnage principal, Coska, m’a beaucoup fait pensé à moi-même à travers ses traits de caractère, ses rêves plein la tête, et son (énorme) soif de succès. D’ailleurs, mon histoire d’amour avec ce livre a commencé dès le début du deuxième chapitre, quand la narration, qui était jusque là faite à la troisième personne, est passée à la première. Je ne pourrai pas dire que ce changement soit positif (ni négatif d’ailleurs), parce qu’après avoir lu les avis d’autres lecteurs, j’ai remarqué que beaucoup ont préféré la première partie du roman à la deuxième, et vice-versa. C’est une histoire de goûts, et ça ne se critique donc pas.

    Au-delà de nous transporter dans une histoire captivante, Jon Monnard réussit à nous faire réfléchir non seulement en énonçant des sujets importants, mais surtout avec un style d’écriture pur. Je ne sais pas si cela est dû au fait que ce soit son premier roman -si c’est le cas, j’espère qu’il gardera le même style dans ses prochains-, mais j’ai eu le sentiment que chaque mot écrit dans ces 161 page était sincère. D’ailleurs, les remerciements et la petite phrase au début dédiée à sa maman prouvent que Jon Monnard y a mis tout son coeur, et ça se ressent.

    En bref, Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique est un excellent premier roman, et j’ai très hâte de lire le prochain.

    Note : 7/10 – je recommande. 

    Retrouvez mon interview de Jon Monnard ici.

    PS : J’ai reçu une copie de ce livre de la part de la maison d’édition l’Age d’Homme en contrepartie d’un avis honnête. Ma critique provient donc de mon point de vue suite à ma lecture de ce livre. Aucun autre facteur n’a influencé mon avis.

    English review

    And at the same time I knew that I was not splendid” is the first novel of Jon Monnard, released in March 2017 by the Editions l’Age d’Homme – that I thank for the copy-.

    The author takes us to meet Coska, a timid young man, introverted, dreaming of becoming a writer, who has landed in the world of fashion a bit like a hair in a soup. He then discovers – and so do we – the cruelty of this world embellished by sequins and social networks, and feels very quickly lost.

    ”And at the same time I knew that I was not splendid” deals with several important topics. First, celebrity ; how could we know if we really are ready for it ? What does it generate ? And above all, what is behind the spotlight ? We all have heard of those poor (victims) of reality shows – I could not help but make the connection – who fall into alcohol, drugs or depression.
    Then social networks, these means of communication that are capable of much more than we imagine.
    And finally, the will to succeed, the ambition … the naivety.

    This book of 161 pages, can be read quickly. I admit that it took me a few pages to put myself in it, but once I did, the reading was with a lot of pleasure. The main character, Coska, made me think of myself through his character traits, his dreams, and his (huge) thirst of success. Besides, my love affair with this book started at the beginning of the second chapter, when the narration, which was previously done at the third person, went to the first. I will not be able to say that this change is positive (nor negative for that matter), because after having read the opinions of other readers, I noticed that many preferred the first part of the novel to the second, and vice -versa. It’s a matter of taste, and it’s not critical.

    Beyond taking us into a captivating story, Jon Monnard managed to make us think not only because of the important topics I was talking about, but above all with a pure writing style. I do not know if this is due to the fact that this is his first novel – if it is, I hope he will keep the same style in his next one(s) – but I had the feeling that every word written in these 161 pages was sincere. Moreover, the acknowledgement page and the small sentence at the beginning dedicated to his mother prove that Jon Monnard has put all his heart in his book, and it can indeed be felt.

    And at once I knew that I was not splendid” is an excellent first novel, and I can not wait to read the next one.

    Note: 7/10 – I recommend.

  • Lecture,  mood

    La journée de la santé en Lecture

    Aujourd’hui c’est la journée mondiale de la santé. Et en cette occasion, j’ai préparé une sélection de livres dont le personnage principal (ou un personnage proche) est atteint d’une maladie, et qui m’ont beaucoup touchée.

    Oscar et la Dame Rose – Eric-Emmanuel Schmitt

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    Je me souviens encore de la première fois que j’ai lu ce livre. J’accompagnais ma nièce à une bibliothèque à Montréal, je suis tombée dessus, j’ai vu le nombre de page, je me suis dit allez, ok, avec un peu de chance je le finirai aujourd’hui même. Verdict, je n’ai pas bougé de ma chaise avant d’avoir bouclé la dernière page (et versé –en cachette- toutes mes larmes). Pour résumer l’histoire, c’est celle d’un petit garçon malade et hospitalisé, qui rencontre une dame à l’hôpital. Pour se sentir mieux, elle lui conseille d’écrire chaque jour une lettre à Dieu et de se confier à lui.

    Pour en savoir plus, lisez ma critique (en est-ce vraiment une ?) de ce livre ici.
    Sur une échelle de 1 à 10, le degré d’émotions était à 14, et non, je n’exagère absolument pas.
    No et moi – Delphine De Vigan
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    J’ai découvert ce livre il y a quelques années et mon Dieu quelle surprise, je l’avais lu en e-book parce que je ne savais plus quoi lire et que je me sentais carrément perdue dans mes lectures sans me doutais qu’il me bouleverserait autant.
    L’histoire tourne autour de No, jeune SDF à la vie dure et au quotidien ingérable, qui rencontre Lou, adolescente surdouée loin des préoccupations des jeunes de son âge. Elle essaye de se faire une place partout, dans sa classe, où rien ne lui est familier, à la maison, avec une mère souffrant d’une dépression dont elle n’arrive pas à sortir…
    Sur la même échelle, le degré d’émotions était à 9. J’ai fini le livre le coeur lourd et la tête pleine de leçons.

    Des souris et des hommes – John Steinbeck

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    Que dire de ce livre…rien, tout est dit ici. Lennie et George m’ont touchée au plus haut point avec une amitié forte et solide, un destin difficile et une vie cruelle.
    Vous vous demandez à combien ce livre m’a touchée ? 10, sur la même échelle.

    Si je reste – Gayle Forman

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    Mia, une jeune fille lors d’une sortie en famille, subit un accident suite auquel tout le monde décède, tout le monde sauf elle. Ce premier roman se passe dans une chambre d’hôpital où elle est entre la vie et la mort, perdue dans ses souvenirs et sa peur de revenir à la vie sans ses parents, sans son petit frère.
    Trouvez ma critique de ce livre et du deuxième Tome (Là où j’irai) ici.
    J’ai versé beaucoup trop de larmes en lisant ce livre, donc 10 est le degré adéquat d’émotions sur la même échelle.

    Nos étoiles contraires – John Green

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    Est-ce que ce livre se présente encore ? Pour les quelques personnes qui ne le connaissent pas (où étiez-vous ces dernières années ?), c’est l’histoire de Hazel, une adolescente atteinte d’un cancer, qui rencontre un garçon atteint d’une maladie incurable aussi. Les deux vivent une belle histoire d’amour très touchante (et contrariante aussi, j’ai prié tout le long pour que rien ne leur arrive), que rien, même pas la maladie, n’a pu  arrêter.
    Si vous me demandiez, sur une échelle de 1 à 10 combien j’ai pleuré en lisant ce livre : 11. Oui oui, rien que ça.
    PS : Si vous lisez le livre et que vous l’aimez, ne regardez pas le film ; restez sur cette belle note positive.

    Je pense que je vais m’arrêter là. Je me suis rendue compte, en écrivant cet article, que j’avais lu énormément de livres forts en émotions, mais qu’ils étaient tous assez anciens. Connaissez-vous un roman nouveau qui entre dans ces critères ?
    N’oubliez pas de prendre grand soin de vous, parce qu’il n’y a rien de plus important que la santé <3


    Today is World Health Day. And on this occasion, I prepared a selection of books whose main character (or a close character) is suffering from an illness, and that touched me a lot.

    Oscar and the Pink Lady – Eric-Emmanuel Schmitt

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    I still remember the first time I read this book. I accompanied my niece to a library in Montreal, I found it, I saw the number of pages, and I was like okay, I might finish it today. Verdict, I did not move from my chair before having closed the last page (and poured -secretly- all my tears).
    To summarize the story, it is about a sick and hospitalized little boy, who meets a lady in the hospital. To feel better, she advises him to write a letter every day to God and confide in him.
    On a scale of 1 to 10, the degree of emotions was 14, and no, I absolutely do not exaggerate.

    No and me – Delphine De Vigan

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    I discovered this book a few years ago and OMG what a surprise, I read it in e-book because I did not know what to read and I felt downright lost in my readings without suspecting that it would disturb me that much.
    The story revolves around No, a young homeless person with a hard life, who meets Lou, a teenager gifted, away from the concerns of young people of her age. She tries find a place for herself everywhere, in her class, where nothing seems familiar to her, at home, with a mother suffering from a terrible depression…
    On the same scale, the degree of emotions was at 9. I finished the book with a heavy heart and a head full of lessons.

    Of Mice and men – John Steinbeck

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    What to say about this book … nothing, everything is said in my review. Lennie and George touched me deeply with a powerful and strong friendship, a difficult destiny and a cruel life.
    Wondering how much this book has touched me? 10, on the same scale.

    If I stay – Gayle Forman

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    Mia has an accident after which all her family dies, everyone except her. This first novel takes place in a hospital room where she is somewhere between life and death, lost in her memories and her fear of coming back to life without her parents, without her little brother.
    I shed too many tears while reading this book, so 10 is the proper degree of emotions on the same scale.

    The fault in our stars – John Green

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    Do I really need to introduce this book ? For the few ones who do not know what it is about (where have you been these last years?), It’s the story of Hazel, a teenager with cancer, who meets a boy with an incurable disease too. Both live a beautiful and touching love story (and also disturbing, I prayed all along so that nothing happens to them), that nothing, not even the disease, could stop.
    If you asked me on the scale of 1 to 10 how much I cried while reading this book: 11. Yes yes, just that.
    PS: If you read the book and you like it, do not watch the movie; stay on this beautiful, positive note.

    I think I’ll stop there. I realized, while I was writing this article, that I had read a lot of emotional books, but that they weren’t all recent. Do you know a new novel that fits into these criteria?
    Do not forget to take good care of yourself, because there is nothing more important than health <3

  • Critiques,  Non classé

    Lorsque j'étais une oeuvre d'art

    – Laissez moi tranquille. Je suis en train de me suicider.
    -Oui, oui… j’avais remarqué… je vous proposais justement d’attendre vingt-quatre heures…
    – Non.
    – Qu’est-ce que vingt-quatre heures, quand on a déjà raté sa vie ?

    Critique littéraire
    Lorsque j’étais une oeuvre d’art

    Le monde d’aujourd’hui manque de plus en plus d’originalité, mais heureusement qu’Eric Emmanuel Schmitt existe ! Lorsque j’étais une oeuvre d’art à mon sens est une oeuvre d’art.
    Cette critique peut prendre un tournent philosophique, et c’est justement tout le but de ce roman de moins de 300 pages, qui nous fait remémorer chaque pensée négative eue à l’égard de nous-même.
    Tazio est au bout, il a touché le fond. Il se sent inférieur comparé à ses frères, inexistant aux yeux de la société et du monde entier. Il veut en finir. Mais, voyez-vous, c’est lorsque nous nous y attendons le moins que les choses les plus improbables nous arrivent. Alors qu’il s’apprête à mettre fin à ses jours, au bord d’une falaise qui ne laisse aucun espoir de deuxième chance, c’est un homme mystérieux qui vient interrompre ce qu’il voulait être ses derniers instants pour la lui donner, sa deuxième chance.
    A première vue, Zeus est le héros qui va sortir Tazio de sa misère, qui va enfin lui offrir cette reconnaissance tant attendue et rêvée; il lui propose de devenir une oeuvre d’art, exposée devant des milliers de personnes qui viendraient spécialement en admirer la beauté. Tazio accepte et voit sa vie changer, mais aussi son corps, en devenant très différent de ce qu’il aurait pu imaginer devenir un jour.
    Une ultime rencontre que Tazio fait, avec Fiona, vient conclure ce court roman avec de très jolies leçons de vie, plus ou moins prévisibles, certes, mais aussi extrêmement réalistes, tout en ajoutant à l’histoire une touche fine et subtile de romantisme, sans trop en faire, juste ce qu’il faut.
    Je pense sincèrement que Schmitt est l’une des révélations de ce siècle. Ses écrits sont des dénonciations, en l’occurrence celui-ci, publié en 2004, qui décrit de façon détaillée les stéréotypes de la jeunesse d’aujourd’hui, reliés à se besoin de reconnaissance pour être enfin ‘’bien’’ dans sa peau, de cette forte envie d’être une personne vue, entendue et admirée par autrui pour enfin l’être par soi-même. Aujourd’hui, le taux de suicide ne cesse de grimper, parce que des personnes comme Tazio, tombant dans ce piège qui d’après moi est LE piège du moment, relatif au complexe d’infériorité et du besoin de reconnaissance ne réussissent pas à mettre la main sur le contentement et la sérénité intérieurs.
    Et si le bien-être se trouvait juste à côté?

    Abla

  • Critiques,  Non classé

    Lorsque j’étais une oeuvre d’art

    – Laissez moi tranquille. Je suis en train de me suicider.
    -Oui, oui… j’avais remarqué… je vous proposais justement d’attendre vingt-quatre heures…
    – Non.
    – Qu’est-ce que vingt-quatre heures, quand on a déjà raté sa vie ?
    Critique littéraire
    Lorsque j’étais une oeuvre d’art

    Le monde d’aujourd’hui manque de plus en plus d’originalité, mais heureusement qu’Eric Emmanuel Schmitt existe ! Lorsque j’étais une oeuvre d’art à mon sens est une oeuvre d’art.

    Cette critique peut prendre un tournent philosophique, et c’est justement tout le but de ce roman de moins de 300 pages, qui nous fait remémorer chaque pensée négative eue à l’égard de nous-même.

    Tazio est au bout, il a touché le fond. Il se sent inférieur comparé à ses frères, inexistant aux yeux de la société et du monde entier. Il veut en finir. Mais, voyez-vous, c’est lorsque nous nous y attendons le moins que les choses les plus improbables nous arrivent. Alors qu’il s’apprête à mettre fin à ses jours, au bord d’une falaise qui ne laisse aucun espoir de deuxième chance, c’est un homme mystérieux qui vient interrompre ce qu’il voulait être ses derniers instants pour la lui donner, sa deuxième chance.

    A première vue, Zeus est le héros qui va sortir Tazio de sa misère, qui va enfin lui offrir cette reconnaissance tant attendue et rêvée; il lui propose de devenir une oeuvre d’art, exposée devant des milliers de personnes qui viendraient spécialement en admirer la beauté. Tazio accepte et voit sa vie changer, mais aussi son corps, en devenant très différent de ce qu’il aurait pu imaginer devenir un jour.

    Une ultime rencontre que Tazio fait, avec Fiona, vient conclure ce court roman avec de très jolies leçons de vie, plus ou moins prévisibles, certes, mais aussi extrêmement réalistes, tout en ajoutant à l’histoire une touche fine et subtile de romantisme, sans trop en faire, juste ce qu’il faut.

    Je pense sincèrement que Schmitt est l’une des révélations de ce siècle. Ses écrits sont des dénonciations, en l’occurrence celui-ci, publié en 2004, qui décrit de façon détaillée les stéréotypes de la jeunesse d’aujourd’hui, reliés à se besoin de reconnaissance pour être enfin ‘’bien’’ dans sa peau, de cette forte envie d’être une personne vue, entendue et admirée par autrui pour enfin l’être par soi-même. Aujourd’hui, le taux de suicide ne cesse de grimper, parce que des personnes comme Tazio, tombant dans ce piège qui d’après moi est LE piège du moment, relatif au complexe d’infériorité et du besoin de reconnaissance ne réussissent pas à mettre la main sur le contentement et la sérénité intérieurs.

    Et si le bien-être se trouvait juste à côté?

    Abla