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    Derrière la haine

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    Je commence cette critique par une confession : j’ai toujours eu une phobie des voisins. Je ne sais pas si cela a un nom et ne veux pas le savoir. J’ai peur qu’un psychopathe habite à côté, un tueur en série au-dessus, ou encore un pervers juste en face, avec une paire de jumelles, à surveiller tous mes faits et geste.
    Maintenant que vous me trouvez parano, je commence mon article.
    J’ai l’impression d’être en retard sur mon temps, j’ai découvert Barbara Abel récemment, plus tard que tout le monde. Je suis tombée par hasard sur Derrière la haine, et je l’ai lu en quelques heures seulement.
    Je pense que ma passion pour les romans noirs n’est plus à préciser. J’ai beau être sélective, il y en a qui  me prennent et me donnent des frissons jusqu’au bout. J’avouerai que celui-ci ne m’en a pas donné, des frissons, mais il m’a transportée, m’a fait voyager entre plein de sentiments, et c’est rare de ressentir ça. Et puis, j’ai trouvé l’histoire tellement bonne et captivante que je l’ai dévoré en un peu plus de deux heures.
    Le roman commence par une dispute, sans que nous n’y comprenions grand-chose. Deux couples voisins à leurs portes, des mots durs, des menaces…nous n’y comprenons rien. Il y a, d’abord, Tiphaine et Sylvain, puis, Laeticia et David, les deux couples ont chacun un garçon du même âge. Nous comprenons qu’ils étaient tous proches, très amis, et qu’ils s’aimaient beaucoup. Nous comprenons aussi qu’il y a eu quelque chose, un événement qui a mis fin à cette amitié et qui a laissé place à la haine.
    Barbara Abel va nous faire voyager dans le temps, entre passé pour comprendre ce qui s’est passé, et présent pour voir comment leur relation a changé. Son style d’écriture fait que le livre se lise presque seul, on ne s’ennuie pas une seconde, tout est fluide, claire, rapide, sans l’être plus qu’il ne le faut.
    Les faits sont fabuleusement contés, et l’histoire…je l’ai trouvé profonde et belle. J’ai commencé les premières pages en me disant que ce serait certainement une amitié brisé pour des bêtises…puis je me suis retrouvée, une fois le problème dévoilé, à penser que cette amitié n’aurait survécu pour rien au monde.
    En bref, très jolie découverte, et il me tarde de lire tous les autres livres de Barbara Abel dont le style me fait déjà presque fondre.
    Note : 8/10.

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    This book was written by a writter from Belgium. Unfortunately, I didn’t found any english translation of it. But here’s my english review of Derrière la haine (Behind the hate), if you guys want to know what it was about.

    I begin this review with a confession: I have always had a phobia of neighbors. I don’t know if it has a name and don’t want to know it. I’m afraid a psychopath lives next door, a serial killer above, or a pervert in front, with a pair of binoculars, watching everything I do.
    Now that you think I am paranoid, I can start my article.
    I feel like I’m late on my time, I discovered Barbara Abel recently, later than everyone else. I stumbled upon “Behind Hate”, and read it in just a few hours.
    I think that my passion for black litterature is no longer to be specified. I’m selective, yes, but there are some of them that I just LOVE the way they make me feel. I’ll admit that this one didn’t give me shivers, but he made me travel between feelings, and it’s rare to feel that way. And I found the story so good and captivating that I devoured it in two hours!
    The novel begins with a conflict, without us understanding anything. Two Neighbors, couples, at their doors arguing, harsh words, threats … we don’t understand much. There are, first, Tiphaine and Sylvain, and, Laeticia and David, two couples who have each a boy of the same age. We understand that they were all close, and that they loved each other very much. We also understand that there was something, an event that ended their friendship.
    Barbara Abel makes us travel in time, between the past to understand what happened, and the present to see how their relationship has changed. Her style of writing makes the reading very quick and soft, you don’t get bored for a second, everything is fluid, clear, fast, just as it should be.
    The facts are fabulously told, and the story … I found it deep and beautiful. I started the first pages thinking that it would certainly be a broken friendship for nonsense … then I found myself thinking, once the problem revealed, that no friendship would have ever survived this for anything in the world.
    In short, very nice discovery, and I can’t wait to read all the other books by Barbara Abel.
    Rating : 8/10

  • Critiques,  Lecture

    Les cerfs-volants de Kaboul

    Pour toi un milliers de fois

    9782264043573
    Les cerfs volants de Kaboul est le roman qui m’a, jusqu’à présent, le plus fait réfléchir. Je l’ai lu pendant plusieurs semaines, en faisant, souvent des pauses, chose qui ne m’est jamais arrivée avant, et pour cause, son côté extrêmement tragique, dramatique, voire brutal.
    L’histoire commence avec deux enfants. D’un coté Amir, petit garçon riche, jouissant de tous les biens qu’une personne des années 70 pouvait posséder, tous sauf l’amour de ses parents. A la naissance, sa mère mourut, le laissant avec un père très pris par ses engagements professionnels, et aussi très attaché au meilleur ami de son fils, Hassan, habitant au fin fond de leur énorme jardin.
    D’un autre Hassan, qui, à première vue, joue le rôle d’un esclave consentant, n’hésitant pas à assouvir tous les souhaits et voeux de son ‘’maître Amir’’, laissant le plus souvent son propre bien-être passer en dernier.
    Et là, premier choc, Amir trahit son ami, une trahison qui lui coutera cher, et qui changera leurs vies à tout jamais.
    Khaled Housseini nous fait voyager dans le temps, entre problèmes sociaux, politiques, arrivée des Talibans, pauvreté, richesse, amour, haine, joies, tristesses, souffrances et bonheur, il réussit nous fait ressentir beaucoup trop d’émotions très différentes, à nous tenir en haleine, du début à la fin, et n’hésite pas à nous poignarder une seconde fois, aussitôt le choc d’avant passé.
    Dans mes lectures, j’ai l’habitude de me retrouver tout le temps dans un personnage, et lorsque j’ai commencé Les Cerfs-Volants de Kaboul, je n’arrivais pas à me situer. Entre Hassan, ami soumis, et Amir, ami profiteur, presqu’ingrat ( du moins c’est le sentiment que j’ai eu au tout début ), j’étais perdue. Mais heureusement, l’histoire a pris une autre tournure, et Housseini a finalement réussi à me charmer.
    Impossible de ne pas se laisser embarquer par ce chef-d’oeuvre, de rester indifférent aux conditions chaotiques de ce pays, ravagé par la guerre, à ce peuple, privé de ses droits. Et surtout, impossible de rester insensible à tous ces messages de pardon, de seconde chance, et surtout, d’amitié.

  • Critiques,  Lecture

    Des souris et des hommes

    George continua :
    – Pour nous, c’est pas comme ça. Nous, on a un futur. On a quelqu’un à qui parler, qui s’intéresse à nous. On a pas besoin de s’asseoir dans un bar pour dépenser son pèze, parce qu’on n’a pas d’autre endroit où aller. Si les autres types vont en prison, ils peuvent bien y crever, tout le monde s’en fout. Mais pas nous.
    Lennie intervint.
    – Mais pas nous ! Et pourquoi ? Parce que… parce que moi, j’ai toi pour t’occuper de moi, et toi, t’as moi pour m’occuper de toi, et c’est pour ça.

     
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    J’ai toute une liste -presque interminable-, de livres qui ont réussi à me briser le coeur en plein de petits morceaux, mais celui-ci se place tout en haut.
    C’est l’histoire de deux hommes, deux amis, qui font le tour des ranchs de Californie pour se trouver un travail et pouvoir enfin avoir leur propre terre, avec beaucoup de lapins, une maison à eux, et à personne d’autres qu’eux.
    L’histoire ne se résume pas à ça, car elle concerne aussi et surtout la force de l’amitié qui unit ces deux hommes.
    Georges est jeune, en pleine forme, intelligent, et a toutes ses chances pour réussir sa vie comme toute personne de son âge, seulement, il y renonce pour s’occuper de son meilleur ami, Lennie, après la mort de sa tante Clara.
    Lennie est doux, tendre, dévoué à George. Seulement, il est mentalement instable, et a l’esprit d’un enfant de 4 ans emprisonné dans un corps d’homme fort, grand et costaux.
    Toute l’histoire se déroule en une poignée de jours, pendant lesquelles la vie de George et Lennie changera à tout jamais, et leur amitié n’y sera pas pour rien. Embauchés par Curley, ancien boxer dont le seul soucis est de courir après sa femme insouciante, courant à son tour après tous les hommes du ranch, ils vont faire la connaissance de plusieurs personnes, toutes aussi différentes les unes des autres.
    Tout d’abord Slim, un homme bon et aimant, qui n’hésite pas à prendre Lennie sous son aile, ni à remettre Curley à sa place; et c’est bien le seul du ranch à le faire. Ensuite Candy, un vieil homme ayant pour seul compagnon son chien à l’agonie. Puis Crooks, un palefrenier noir, qui  vit seul, à l’écart de tous.
    Cette histoire traite le rêve américain sous un tout nouvel angle. Deux hommes vivant au jour le jour, dont le seul intérêt est de ramasser un peu d’argent pour pouvoir enfin vivre la vie qu’ils s’imaginent dans leurs têtes. Seulement, entre volonté et réalité, il y a tout un tas de chemin, un obstacle vient toujours s’opposer à nos personnages, les empêchant de voler de leurs propres ailes.
    La fin est aussi surprenante que prenante, et Steinbeck réussi à combiner dans son livre, entre simplicité, humanité, loyauté, créativité, découverte, poésie et tragédie.