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    Interview – Aga Lesiewicz

    Scroll down for the english version of the interview.

    Il y a quelques jours, j’ai eu l’honneur d’interviewer Aga Lesiewicz à l’occasion de la sortie de la version française de son livre Exposure : Regarde-moi.
    Voici mon interview exclusive d’Aga Lesiewicz.
    Interview Aga Lesiewicz
    Squat that Brain : Bonjour Aga,
    Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Squathatbrain ? A part votre passion pour l’écriture, qui est Aga Lesiewicz ? Qu’aimez-vous ? Que détestez-vous ? Quelles sont vos passions ? Que rêviez-vous de devenir, petite ?

    Aga Lesiewicz : Bonjour Squat that Brain – et merci de m’inviter sur votre blog !
    Je pense que j’ai toujours su, au fond de moi, que j’étais écrivaine. Durant ma vie professionnelle, j’ai tenté différents métiers, mais ils étaient tous, à des degrés différents, relatifs à l’écriture. Vous me demandez ce que je souhaitais devenir, petite ? Je souhaitais devenir écrivaine. Vous pourriez même dire que j’ai commencé à écrire avant même d’apprendre à écrire. Mon père était réalisateur et lorsque j’étais petite, je savais qu’il était à la recherche d’un bon scénario. Alors, lorsque j’avais 5 ans, je me suis mise à «écrire » un bon scénario pour mon père. C’était plus des dessins, concrètement, et ils racontaient une histoire dont le titre était The Gourmand Goose (l’oie gourmande). Ne me demandez pas de quoi ça parlait, l’histoire contenait très certainement une oie qui, malgré le titre, n’aimait pas la nourriture tant que ça…
    Thomas Mann disait qu’un écrivain est quelqu’un pour qui l’écriture est plus difficile que pour les autres personnes. Ecrire est sans doute la chose la plus difficile que j’ai faite de toute ma vie. J’aime écrire autant que je déteste ça. Mais je ne changerai l’écriture pour rien au monde.

    Squat that Brain : Qui sont les écrivains qui vous inspirent le plus ? Et que peut-on trouver dans votre bibliothèque ?

    Aga Lesiewicz : Je trouve que mon inspiration change à chaque fois que je découvre de nouveaux livres et tombe sous leur charme. Mais, bien-sûr, il y a certains romans qui m’ont profondément marquée et auxquels je suis reconnaissante, comme par exemple Restless par William Boyd, Bel Canto par Ann Patchett, The Wind-Up Bird Chronicle par Haruki Murakami, ou Days Without End par Sebastian Barry. Je lis beaucoup de romans de crimes et dans ce genre, mes préférés sont les livres de Henning Mankell, John Grisham, et Patricia Highsmith qui se trouvent en première position dans ma bibliothèque.
    J’aime aussi plonger dans la poésie et je relis souvent les poèmes de Adrienne Rich, Jackie Kay, et un poète polonais incroyable : Wislawa Szymborska.

    Squat that Brain : Comment s’est manifesté votre amour pour la littérature la toute première fois ? Et comment avez-vous commencé à écrire votre premier livre ?

    Aga Lesiewicz : L’écriture et la littérature ont toujours été une partie importante de ma vie. J’ai étudié la littérature anglaise à Warsaw University et plus tard à Lancaster University où j’ai effectué un troisième cycle : ma thèse était sur Virginia Woold.
    Mon premier vrai travail était à BBC World Service où j’étais productrice radio et présentatrice. Ensuite, j’ai travaillé dans la télévision et j’ai passé plusieurs années en tant que ‘’productrice promo’’ et réalisatrice, où j’ai réalisé des trailers de films et de programmes télé.
    Ces promos sont très courtes, en moyennes 30 secondes, ce qui équivaut à 6 lignes de script, ou à peu près 80 mots. Mais durant ces 30 secondes nous devons raconter une histoire, attirer l’attention des spectateurs pour qu’ils aillent regarder le film.
    Cela nous apprend à écrire brièvement, comment condenser beaucoup de drama en 6 lignes de script. Clairement, 80 mot c’est beaucoup moins que 80 mille mots, ce qui est la longueur moyenne d’un roman.
    Comment faire une transition de 80 à 80 000 mots? C’était naturel pour moi, parce que les circonstances étaient les bonnes.
    J’étais alitée chez moi après une chirurgie du genou, avec pas grand chose à faire et beaucoup de temps devant moi. Il faut du temps et du dévouement pour écrire un roman. J’ai lu quelque part qu’une histoire courte c’est un peu comme une aventure, un ‘’coup d’un soir’’, et un roman, c’est comme un mariage. Si nous nous engageons à écrire et si nous y restons fidèle, nous n’aurons pas à passer par un divorce.

    Squat that Brain : Avez-vous des habitudes d’écriture ? Préférez-vous écrire le matin, ou plutôt le soit, avant d’aller au lit, une tasse de thé ou de café entre les mains… ?

    Aga Lesiewicz : J’ai la chance de pouvoir travailler à plein temps en tant qu’écrivaine. Je commence ma journée avec une tasse de thé, en relisant mes écrits de la veille. Ca me permet de voir mon texte d’un nouvel oeil, de façon fraiche, et de décider de le garder, ou de m’en débarrasser et de réessayer. Il faut être exigent avec soi-même : des fois je me retrouve à supprimer de longues parties de mes textes, mais généralement, je trouve des parties qui sont assez bonnes à garder.
    Je me vois plus comme un artisan qu’un artiste. Bien entendu, écrire est un processus de création, mais il nécessite de la discipline : certains jours, il faut s’obliger à écrire même si nous ne nous sentons pas forcément inspiré. Je ne reste pas focalisée sur le nombre d’heures passés à écrire par jours, mais plutôt sur combien j’ai écrit et si j’en suis satisfaite.
    Durant un bon jour, je peux écrire une centaine de mots.
    Compter les mots peu paraitre banal, mais c’est la réalité d’être un écrivain à plein temps. Lorsque nous signons pour un livre avec un maison d’édition, ils stipulent la longueur du livre en se basant sur le nombre de mots.

    Squat that Brain : Quelle est la plus grande difficulté rencontrée dans votre carrière d’écrivaine ?

    Aga Lesiewicz : La plus grande difficulté est le manqué de confiance en soi. Ecrire est une activité solitaire, et écrire un roman prend beaucoup de temps (plus d’un an, voire dans quelques cas, plusieurs années). C’est un gros investissement d’énergie et de temps, sans garantie de résultat. Si vous n’êtes pas en contrat avec une maison d’édition, vous prenez un grand risque en vous embarquant dans un nouveau projet : et si le nouveau livre n’est pas assez bien pour être publié ? Mais, au-delà de l’incertitude, je pense que c’est un risque qui en vaut la peine.

    Squat that Brain : Quelle est l’expérience qui vous a le plus marquée dans votre carrière d’écrivaine ?

    Aga Lesiewicz : Voir mon livre pour la première fois imprimé était un grand moment pour moi. C’était incroyable et à la fois un peu embarrassant de voir quelque chose qui a commencé simplement comme une poignée d’idées dans ma tête transformé en un objet tangible. Je trouve qu’une fois que notre livre est imprimé, il commence sa nouvelle propre vie. La connexion intime que j’avais avec lorsque je l’écrivais se perd soudainement. Une petite part de moi pleure cette perte, mais le sentiment le plus fort est celui de la fierté et de la joie.

    Squat that Brain : Lequel de vos livres en avez-vous préféré l’écriture ? Et pourquoi ?

    Aga Lesiewicz : C’était une experience différente à chaque fois. Lorsque j’écrivais mon premier livre Rebound (A perdre Haleine), je n’avais pas d’attente. C’était une question d’amusement. Je n’avais pas de maison d’édition, personne n’attendait que je rende un manuscrit et je ne savais pas si quelqu’un serait un jour intéressé par ce livre. Tout a radicalement changé lorsque j’ai signé un contrat, tout d’abord avec mon agentn puis avec une maison d’édition. L’amusement s’est soudainement transformé en quelque chose de plus sérieux. J’avais un autre livre à  rendre (Regarde-moi) et j’avais une deadline. Je savais qu’il y avait beaucoup de personne derrière mon livre : mon agent, les éditeurs, les correcteurs, les journalistes. C’était un peu stressant, mais ça m’a aussi donné une énorme confiance. Mais le processus d’écriture est resté le même dans les deux cas et j’ai aimé écrire mes deux livres autant.

    Squat that Brain : Quelle relation avez-vous aujourd’hui avec chacun de vos deux livres ?

    Aga Lesiewicz : Je trouve que lorsque notre livre arrive aux librairies, notre relation avec eux diminue. Le cordon ombilical a été coupé et le bébé est sorti, dans le monde, et n’est plus exclusivement le notre. Il est temps de le laisser vivre, de passer à autre chose. La relation la plus forte est toujours celle que j’ai avec le livre que je suis en train d’écrire.

    Squat that Brain : Est-ce qu’il vous arrive de vous attacher tellement à vos personnages que vous avez du mal à boucler la dernière ligne de votre livre et les ‘’laisser’’ ?

    Aga Lesiewicz : Oh oui. Toujours. Lorsque j’écris, je “vis” dans le monde créé dans le livre. J’ai avec moi l’intrigue et les personnages partout où je vais. Une fois le manuscrit fini, je me sens prise d’un énorme sentiment de perte. Je dois résister à la tentation de retourner dans ce monde imaginaire. Je dois littéralement m’empêcher de jouer avec et de vouloir constamment le modifier. Pareil pour les personnages. Lorsque j’écrivais Rebound, j’ai eu beaucoup de mal à tuer un personnage. Je savais que l’intrigue demandait à ce que ce soit fait, mais ça a été très difficile pour moi.

    Squat that Brain : D’après votre expérience, quel est le secret d’un bon écrivain, et d’un bon livre ?

    Aga Lesiewicz : Hahaha, si seulement je le savais ! Comme W. Somerset Maugham a dit une fois : « Il y a trois règles pour écrire un roman. Malheureusement, personnes ne sait ce qu’elles sont. »
    Chaque auteur a une façon différente d’écrire. D’après Zadie Smith, il y a essentiellement deux sortes d’auteurs : le macro-organisateur et le micro-manager. Les macro-organisateurs sont ceux qui créent toute la structure du roman avant d’en commencer l’écriture. Les micro-managers, eux, s’assoient, et écrivent, sans détailler le plan. Les deux façons d’approcher l’écriture sont correctes et peuvent mener à la réussite tout autant. Nous devons juste choisir la façon qui nous convient.
    Il y a beaucoup success stories dans le monde des livres, et chacune est différente. Je pense que le plus important pour un écrivain est de persévérer. Combien de fois avez vous entendu : ‘J’ai cette super idée de livre’’ ? Ma réponse est : ‘’et ? l’avez-vous écrit ?’’
    Vous ne pouvez savoir que vous avez un bon livre que lorsque vous l’avez écrit.

    Squat that Brain : Quels conseils donneriez-vous à un écrivain, aujourd’hui ?

    Aga Lesiewicz : Divisez votre temps de façon égale entre l’écriture et la lecture. La lecture est pour un écrivain aussi importante que l’écriture.
    Ecrivez chaque jour, même lorsque vous n’avez pas d’inspiration.
    Ecoutez les critiques positives, mais ignorez les négatives.
    Iris Murdoch a dit : ‘’une mauvaise critique est même moins importante que le temps qu’il fait à Patagonia’’. Ce qui est vrai, sauf si vous vivez à Patagonia, bien-sûr.

    Squat that Brain : Un dernier mots pour vos lecteurs ?

    Aga Lesiewicz : Merci de me lire. J’espère que vous aimerez ‘’Regarde-moi’’

    Merci, Aga, d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Squat that Brain est très honorée d’en apprendre plus sur vous et sur votre carrière ! Au plaisir de lire votre (vos) prochain(s) livre(s).

    Retrouvez ma critique de son dernier livre Regarde-moi ici 


    English interview

    A few days ago, I had the honor to interview Aga Lesiewicz on the occasion of the release of the french version of her book : Exposure.
    Here’s my exclusive review with Aga Lesiewicz.
    Interview Aga Lesiewicz

    Squat that Brain :Hello Aga,
    Could you please introduce yourself to Squathatbrain’s readers. Apart from your passion for writing, who is Aga Lesiewicz? What do you like? What do you hate? What are your passions? What did you dream of becoming when you were a little girl?

    Aga Lesiewicz : Hello Squat That Brain – and thank you for inviting me to your blog!
    I think I’ve always known, deep down, that I’m a writer. Throughout my professional career I’ve tried many different jobs, but they always involved, in some degree, writing. You ask what I wanted to become when I was a little girl – funnily enough, I wanted to be a writer. You could even say I started writing before I could write. My father was a film director and as a child I was aware that he was always looking for a good screenplay. So, when I was five-years old, I set out to ‘write’ a screenplay for my dad. It was more of a cartoon, really, and my drawings told a story titled ‘The Gourmand Goose’. Don’t ask me what it was about – it certainly involved a goose, who, despite its name, wasn’t all that keen on food…
    Thomas Mann said that a writer is somebody for whom writing is more difficult than it is for other people. Writing is certainly the most difficult thing I’ve ever done in my life. I both love it and hate it. And I wouldn’t swap it for anything else.

    Squat that Brain : Which writers inspire you the most? And what can we find in your library?

    Aga Lesiewicz : I find that my inspiration changes all the time as I come across new books and fall in love with them. But, of course, there are novels that have deeply influenced me over the years and I remain faithful to them: Restless by William Boyd, Bel Canto by Ann Patchett, The Wind-Up Bird Chronicle by Haruki Murakami, or Days Without End by Sebastian Barry, to list a few. I read a lot of crime fiction and within the genre my favourites are Henning Mankell, John Grisham, and Patricia Highsmith, whose books hold a prime position on my bookshelves. I enjoy dipping into poetry and I keep coming back to collections of poems by Adrienne Rich, Jackie Kay, and a wonderful Polish poet Wislawa Szymborska.

    Squat that Brain : How did your love for literature come to you the first time? How did you start writing your first book?

    Aga Lesiewicz : Writing, and literature, have always been an important part of my life. I studied English Literature at Warsaw University and later at Lancaster University where I did a post-graduate course: my thesis was on Virginia Woolf. My first ‘grown-up’ job was at the BBC World Service where I worked as a radio producer and presenter. Then I moved onto television and spent years working as a ‘promo producer’ and director, making trailers for TV programs and films. Promos are very short, usually 30 sec, which roughly translates itself into 6 lines of script, or about 80 words. But within those 30 seconds you have to tell a story, capture the viewers’ interest so they’ll watch the film. It teaches you how to write succinctly, how to pack in a lot of drama into 6 lines of script. Obviously 80 words is a long way away from 80 thousand words, which is an average length of a novel.
    How do you make the transition from 80 to 80 thousand? It felt quite natural for me, because the circumstances were right. I was sitting at home after my knee surgery, with not much to do and lots of time on my hands. You need time and commitment to write a novel. I’ve read somewhere that a short story is like an affair, a one-night-stand, and a novel is like a marriage. Hopefully, if you commit yourself to writing and remain faithful to it, you won’t have to go through a divorce.

    Squat that Brain : Do you have any writing habits? Do you prefer to write in the morning, in the evening before going to bed, a glass of coffee / tea in your hands…?

    Aga Lesiewicz : I’m lucky to be able to work full time as a writer. I start my day with a cup of tea, re-reading what I wrote the day before. It allows me to look at the text with fresh eyes and decide whether I should keep it, or scrap it and start again. You have to be ruthless with yourself: sometimes I end up deleting large chunks of text, but usually I find fragments that are good enough to keep.
    I see myself as an artisan rather than an artist. Of course writing is a creative process, but it requires discipline: on some days you have to push yourself despite not feeling particularly inspired. I don’t keep tabs on the number of hours I spend writing each day, what matters is how much I’ve written and whether I’m happy with it. On a good day I can manage about a thousand words. It may seem a bit mundane to count the words, but that’s the reality of being a professional writer. When you sign a book contract with a publisher, they stipulate the length of the book based on the word-count.

    Squat that Brain : What are the biggest issues you encountered/encounter in your writing career?

    Aga Lesiewicz : The biggest issue is self-doubt. Writing is a lonely occupation, and it takes over a year (or, in the case of some writers, several years) to write a novel. It’s a serious investment of energy and time, without a guaranteed outcome. If you aren’t under a contract with a publisher, you’re taking a huge risk embarking on a new project: what if the new book won’t be good enough to get published? But, despite the uncertainty, I think it’s a risk worth taking.

    Squat that Brain : What was the experience in your writer life that touched you the most?

    Aga Lesiewicz : Seeing my book for the first time in print was a huge moment for me. It was amazing and at the same time quite humbling to see something that started as just a handful of thoughts in my head transformed into a tangible object. I find that once your book is in print, it takes on its own life. The intimate connection I had with it when I was writing it is suddenly lost. A tiny part of me mourns the loss, but the overwhelming feeling is that of pride and joy.

    Squat that Brain : Which one of your books you preferred writing so far? And why?

    Aga Lesiewicz : It was a different experience each time. When I was writing my first book, Rebound (À Perdre Haleine) I had no expectations. It was all a bit of fun. I had no publisher, no one was waiting for me to deliver the manuscript and I didn’t know if anyone would ever get interested in it. It all changed radically once I signed a contract, first with my agent, and then with a publisher. Fun has suddenly turned into serious business. I had another book to deliver, Exposure (Regarde-Moi) and I had a deadline. I knew there was a huge army of people behind my book: my agent, the editors, the proofreaders, the publicists. It felt a bit daunting, but it also had given me a tremendous confidence boost. But ultimately, the process of writing remained the same in both cases and I enjoyed it equally.

    Squat that Brain : What relation do you have, today, with each one of your books?

    Aga Lesiewicz : I find that once your books hit the bookshops, your relationship with them diminishes. The umbilical cord has been cut and the baby’s out there, in the world, no longer exclusively yours. It’s time to let go, to move on. The strongest relationship I have is always with the book I’m currently writing. 

    Squat that Brain : Do you ever get too attached to your characters that you find it difficult to write the last sentence of the books and just let them “go”?

    Aga Lesiewicz : Oh, yes, all the time. While I’m writing, I ‘live’ in the world created in the book. I carry the plot and the characters in my head wherever I go. Once the manuscript is finished I feel a tremendous sense of loss. I have to resist the temptation of going back to that imaginary world. I literally have to forbid myself from playing with it and wanting to keep changing it. The same applies to the characters. When I was writing Rebound, I struggled with the concept of killing off a likeable character. I knew the plot demanded it, but it was extremely hard to do.

    Squat that Brain : According to your experience, what is the secret of a successful writer, and a successful book?

    Aga Lesiewicz : Hahaha! I wish I knew! As W. Somerset Maugham once said ‘There are three rules for writing a novel. Unfortunately, no one knows what they are.’
    Every writer has a different way of writing. According to Zadie Smith there are essentially two types of writers: macro-planners and micro-managers. Macro-planners create the whole structure of the novel before they start writing it. Micro-managers just sit down and write, without a detailed plan. Both ways of approaching writing are valid and can be equally successful. You just have to choose the one that suits you.
    There are many success stories in the world of books, and each of them is different. I think the most important thing for a writer is to persevere. How many times have you heard someone say ‘I have this great idea for a book.’? My answer is: ‘And? Have you written it?’
    You don’t know if you have a good book in you until you’ve written it.

    Squat that Brain : What advice would you give to a writer, today?

    Aga Lesiewicz : Divide your time equally between reading and writing. Reading is to a writer as important as writing.
    Write every day, even when the muse is having a day off.
    Listen to constructive criticism, but ignore bad reviews.
    Iris Murdoch said, ‘A bad review is even less important than whether it is raining in Patagonia.’ Which is true, unless you live in Patagonia, of course.

    Squat that Brain : Any last word to your readers?

    Thank you for being a reader. I do hope you’ll enjoy ‘Regarde-Moi’.

    Thank you, Aga, for taking the time to answer to my questions. Squathatbrain is very honored to know more about you and your career !Looking forward to reading you following book(s).

    Read my review of Exposure here 

  • Interview

    Interview – Omar Sy

    Scroll down for the english version of the interview.

    J’ai récemment eu l’honneur d’interviewer Omar Sy qui vient donc ouvrir le bal des interviews dans le milieu de la comédie et du cinéma sur mon blog.
    Vous le connaissez sans doute à travers son personnage dans Intouchables, je vous invite à venir le découvrir sous un tout nouvel angle à travers ses confessions et anecdotes.
    Voici mon interview exclusive d’Omar Sy.
    Interview- Omar Sy
    Squat that Brain : Présentez-vous aux lecteurs de Squathatbrain. A part vos différents rôles et apparitions, qui est vraiment Omar Sy ? Quel était votre rêve d’enfance ? Et quelles sont vos passions ?
    Omar Sy :
    Je m’appelle Omar, Sy pour le nom de famille. J’ai 40 ans, je suis acteur – auteur – producteur français, mais avant tout cela,  je suis un homme heureux et papa de 5 enfants !
    Mon rêve d’enfance était d’être un homme marié, heureux avec plein d’enfants donc je suis comblé !
    Petit, je voulais vendre des clim en Afrique parce que je trouvais qu’il y faisait souvent trop chaud et que ça aiderait les gens là bas … mais la vie m’a amené à faire tout autre chose !
    Et j’espère qu’avec ce que je fais je leur fais autant de bien que la clim leur aurait apporté un peu de fraîcheur ! 😉
    Mes passions sont ma famille, mes enfants avant tout, mais aussi le cinéma, la musique, la plongée, la moto, les voyages, l’astronomie.
    Squat that Brain : Comme vous le savez, Squat that Brain est avant tout un blog de critiques littéraires. Aimez-vous lire ? Si oui, que peut-on trouver dans votre bibliothèque ? Et qui sont vos écrivains préférés ?
    Omar Sy :
    J’aime lire oui mais je ne lis pas assez, sûrement par manque de temps souvent, et de calme parfois. Je lis tous les styles de littérature et même ce qui n’est parfois pas considéré comme de la littérature par les puristes ou les plus élitistes ! Je suis plutôt ouvert ! Pour ce qui me plaît le mieux et que j’ai dans ma bibliothèque, vous pourriez citer comme exemples :
    Boris Cyrulnik (a l’oral comme à l’écrit !)
    Gael Faye
    Tonino Benacquista
    Maya Angelou
    Delphine Coulin
    Faiza Guene
    John Irving
    Stanislavski
    Douglas Kennedy / Coben en vacances !
    Squat that Brain : Quelles sont les plus grandes difficultés rencontrées en tant qu’artiste comédien et humoriste ?
    Omar Sy :
    Pas de grosse difficulté encore rencontrée, j’ai de la chance, ça viendra sûrement avec le temps ! Mais la difficulté c’est parfois qu’on aimerait revivre anonymement et pouvoir profiter des choses aussi simplement que peuvent le faire les autres autour de nous.
    Les plus grandes difficultés de ce métier c’est de toujours se rappeler que ça n’est justement qu’un métier et qu’il s’arrête quand on rentre à la maison et qu’il peut s’arrêter pour de bon aussi n’importe quand et qu’en dehors de lui, la vie continue et que pour la préserver,  elle ne doit pas y être trop liée.
    Sinon se sentir toujours en forme et motivé même quand on est fatigués, se sentir toujours inspiré, et se rappeler que rien n’est jamais acquis et qu’il faut toujours travailler davantage pour que cela dure et que l’on mérite le retour des spectateurs , lecteurs etc (mais c’est aussi ça le bon côté !)
    Squat that Brain : Sur mon blog, l’un des premiers articles que j’ai écrit parlait des habitudes des écrivains. Quelles sont les vôtres, lorsque vous prépariez vos spectacles Omar & Fred, ou même SAV ?
    Omar Sy :
    Pas vraiment d’habitude. Juste l’envie de partager, de nous amuser, de nous raconter et d’en sortir les meilleures anecdotes, les meilleurs souvenirs et d’en faire des vannes, des histoires , des personnages qui pourraient plaire et faire rire les autres. On écrivait tout le temps à n’importe quel moment pendant des années, et un jour on a tout réuni pour essayer d’en faire ce qui est devenu le spectacle, les SAV aussi etc
    Squat that Brain : Nous connaissons tous le succès qu’a connu votre personnage dans Intouchables, et qui vous a valu plusieurs prix et opportunités. Mais concrètement, qu’est-ce qui s’est passé dans votre tête lorsque vous avez vu toute la réussite qu’a connu votre film ? Comment avez-vous vécu les mois suivants sa sortie ?
    Omar Sy :
     Intouchables fut un cadeau immense, surréaliste même. Je l’ai pris de plein fouet mais l’ai vécu à fond tout en prenant conscience que ça ne durerait la aussi qu’un temps et qu’il fallait en profiter aussi pour cette raison.
    Squat that Brain : Quelles sont les erreurs commises durant votre carrière, et que vous faites tout pour éviter dans l’avenir? Avez-vous déjà eu envie de tout arrêter ?Omar Sy : Les erreurs sont aussi importantes que les bonnes décisions et les succès, on apprend, on se construit grâce à elles, et j’en ai faits et j’en referai sûrement beaucoup et c’est tant mieux !
    Si j’ai parfois eu envie d’arrêter ? oui sûrement à cause de la fatigue ou d’être loin de ma famille quand je tourne loin de la maison peut être…mais cette envie ne dure jamais longtemps !
    Faire ce métier et en vivre aussi bien est une chance et il ne faut pas l’oublier, et ne pas devenir blasé …
    Squat that Brain : Comment s’est passé votre transition de comédien et humoriste français, à acteur à Hollywood ?
    Omar Sy :
    Je ne me considère pas comme un acteur à Hollywood. J’ai encore du chemin si je veux l’être un jour, ce que je ne suis pas certain de vouloir ! On m’a sollicité pour des participations au sein de films américains certes mais c’était pour l’expérience, pour m’amuser.  J’ai encore beaucoup de travail à faire pour me sentir acteur à part entière aux US. Déjà avec la langue, et pour moi c’est difficile je crois, de jouer , de ressentir les mêmes émotions / sensations et de me sentir acteur sans parler ma première langue qu’est le français.
    Squat that Brain : Quel est votre rêve le plus fou que vous n’avez toujours pas réalisé ?
    Omar Sy :
    Aller dans l’espace.
    Squat that Brain : Quels conseils donneriez-vous aux lecteurs de cette interview qui rêvent de devenir acteurs ? Comment persévérer malgré les critiques ?
    Omar Sy :
    A force de travail et de persévérance, tout est possible. Ne jamais baisser les bras ni se laisser déstabiliser par ceux qui ne croient pas en nous. La perception des autres n’est jamais la vérité, et c’est à nous mêmes que nous devons nous prouver que nous sommes capables, pas aux autres.
    Un grand merci à Omar Sy d’avoir pris le temps de répondre à ces questions, et de nous permettre de découvrir le grand homme caché derrière le comédien que nous connaissons tous.


    I recently had the honor to interview Omar Sy, which makes him the first actor to answer to my questions on the blog for you guys !
    You probably heard, at least one time, about Intouchables, that french movie that made so much noise in the whole world. I invite you, today, to discover from a new angle the actor that saw his carrer grow in an impressive way thanks to that movie, through his confessions and anecdotes.
    Here’s my exclusive interview of Omar Sy.
    Interview- Omar Sy

    Squat that Brain : Introduce yourself to Squathatbrain’s readers. A part from your different roles and apparitions, who is Omar Sy ? What was your childhood dream ? And what are your passions ? 
    Omar Sy : My name is Omar, Sy for the last name. I’m 40 years old. 
    I am an actor – author – french producer, but before all that, I am a happy man and dad of 5 children!
    My childhood dream was to be a married man, happy with lots of kids so I’m thrilled !
    Little, I wanted to sell air conditioners  in Africa because I found that it was often too hot and that it would help people there … but life led me to do something else! And I hope that with what I do, I do them as good as the air conditioning would have brought them a little freshness! 😉
    My passions are my family, my children first and before everything, but also cinema, music, diving, motorcycling, traveling, astronomy.

    Squat that Brain : As you already know, Squathatbrain is first and foremost  everything a book blog. Do you like reading ? If yes, what can we find in your library ? Who are your favorite writers ? 
    Omar Sy : I like to read yes but I do not read enough surely for lack of time often, and sometimes because there are a lot of noise around me. 
    I read all genres of literature and even what is sometimes not considered literature by the purists or the most elitist ! I am rather open ! Concerning the writers that I like most :
    Boris Cyrulnik (oral and written!)
    Gael Faye
    Tonino Benacquista
    Maya Angelou
    Delphine Coulin
    Faiza Guene
    John Irving
    Stanislavsky
    Douglas Kennedy / Coben on vacation!

    Squat that Brain : What are the biggest difficulties that you encountered in your carrer ? 
    Omar Sy : I haven’t encountered any big difficulty yet. I’m lucky, it will surely come with time ! But the difficulty is sometimes that we would like to relive anonymously and be able to enjoy things as simply as others around us can do.
    The biggest difficulties of this job is to always remember that it is just a job and it stops when we come home and it can stop for good at anytime. Moreover, life goes on and to preserve it, work must not be too closely linked to it.
    Also, feeling always fit and motivated even when you are tired. Always feel inspired. And remembering that nothing is ever acquired and that we must always work harder to make it last and that we deserve the return of spectators, readers etc (but that’s also the good thing!).

    Squat that Brain : In my blog, one of my first articles was about the writing habits of the biggest writers. Do you have any  that help you writing your shows ( Omar&Fred, or even SAV ) ?
    Omar Sy :
    I don’t really have habits…just the desire to share, to have fun, to tell us and to come out with the best anecdotes, the best memories and to make them into valves, stories, characters that could please and make others laugh.
    We wrote all the time at any time for years and one day we put everything together to try to make it what has become the show, the SAV also etc

    Squat that Brain : We all know the huge success that your character in The Intouchables, and that won multiples awards and gave you a lot of opportunities. But concretely, what happened in your head when you saw the success behind the film ? How did you live the months following its release ?
    Omar Sy
    : The Intouchables was a huge, surrealist gift. 
    I took it full force but lived it thoroughly while realizing that it wouldn’t last forever and that it was necessary to enjoy it also for this reason. It was also violent to be projected like that in the media, to no longer have the opportunity to live my private life as before. But it is the downside of what celebrity is, as everything has its advantages and disadvantages.

    Squat that Brain: What are the mistakes that you made in your career, and what do you do to avoid them in the future ? Have you ever wanted to stop everything ?
    Omar Sy : Mistakes are as important as good decisions and successes, 
    we learn, we build through them and I made some and I will surely do it again and that’s good ! If I have sometimes wanted to stop ? Yes surely because of the tiredness or not seing my family when I am… But this desire never lasts long ! Doing this job and living it as well is a chance, we should not forget it…

    Squat that Brain: How was your transition from French comedian to actor in Hollywood?
    Omar Sy : I do not consider myself an actor in Hollywood. I still have a long way if I want to be one day, which I’m not sure I want ! I was asked to participate in American films certainly but it was for the experience, to have fun. I still have a lot of work to do to feel like a fully-fledged player in the US. Mostly because of the language. For me it’s hard I think, to play, to feel the same emotions / sensations and to feel myself an actor without speaking my first language that is French.

    Squat that Brain: What is your craziest dream that you still haven’t realized?
    Omar Sy : Travelling to space !

    Squat that Brain: What advice would you give to the readers of this interview who dream of becoming actors ? How to persevere despite the critics ?
    Omar Sy : Work and perseverance make everything possible. Never give up or be destabilized by those who do not believe in us.The perception of others is never the truth. And it is to ourselves that we must prove that we are capable, not others.

    A big thank you to Omar Sy for taking the time to answer these questions, and for allowing us to discover the great man behind the comedian we all know.

  • Interview

    Interview – Jon Monnard

    Jon Monnard est un jeune écrivain français qui a récemment publié son premier roman Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique, que je vous invite à découvrir ici.
    Je suis extrêmement honorée de pouvoir partager avec vous aujourd’hui cette interview d’un écrivain qui m’a tout particulièrement touchée, et que j’ai très hâte de relire très bientôt dans un prochain roman.
    Merci pour ta confiance, ta disponibilité, et surtout, ta gentillesse.
    Voici mon interview exclusive avec Jon Monnard.
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    Squat that Brain : Présentez-vous aux lecteurs de Squathatbrain. A part votre passion pour l’écriture, qui êtes-vous ? Qu’aimez-vous ? Que détestez-vous ? Quelles sont vos passions ? Que rêviez-vous de devenir, petit ? Et que trouve-t- on dans votre bibliothèque ?
    Jon Monnard : J’aime tout ce qui est associé à la culture: le théâtre, les visites de musées, le cinéma, l’opéra… et la littérature. Des instants simples aussi, comme boire des bières sur des terrasses avec un groupe de potes. J’aime les gens bienveillants ; ils sont rares.
    Je déteste les silures, sentir le steak sur ardoise et sortir en boîte ensuite. Je déteste les personnes frustrées et les mecs qui se disent « photographe » pour choper des meufs. haha
    Petit, je voulais devenir archéologue puis détective privé ; aujourd’hui, je mène des enquêtes pour mes livres.
    On y trouve toutes sortes de livres. De tous les genres. Aussi bien de la littérature jeunesse, que des polars ou des essais sur l’art ou de la littérature du monde entier. J’ai aussi des conneries, comme un playmobil Sherlock holmes ou le monstre du Loch Ness.
    Et souvent, je cache des lettres décachetées dans mes livres.

    Squat that Brain : Comment avez-vous su que vous aviez une passion pour l’écriture ? En avez-vous toujours eu envie ?
    Jon Monnard : Je ne l’ai jamais su. Dès douze ans, j’écrivais, ça m’était nécessaire. J’aimais beaucoup lire, mais ça ne signifiait pas que j’allais écrire en suite. Les circonstances de la vie nous mènent sur de drôles de chemins.

    Squat that Brain : Quelles sont les difficultés rencontrées en tant qu’écrivain ?
    Jon Monnard : La solitude et le doute.

    Squat that Brain : Sur mon blog, l’un des premiers articles que j’ai écrit parlait des habitudes des écrivains. Quelles sont les vôtres ?
    Jon Monnard : Je n’en ai pas vraiment. J’écris souvent le soir, la nuit. Pas le matin, j’en suis incapable.
    J’aime bien écrire dans les bistrots. Par contre, j’essaie toujours de lire un maximum avant de me coucher.

    Squat that Brain : Lorsque vous vient l’idée d’un livre, êtes-vous plutôt du genre à faire un plan détaillé ou laissez-vous plutôt vos doigts glisser sur votre clavier ?
    Jon Monnard : J’ai une idée générale, le noyau. Puis je construis la chair autour. Je lis énormément, ça me permet de me donner des idées pour structurer ma narration et puis je fonce, au gré de ce que ressentent mes personnages.

    Squat that Brain : Comment vous est venue l’idée de votre roman Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique ? Et quelle relation entreteniez-vous avec Coska tout au long de l’écriture de votre livre ?
    Jon Monnard : Je pensais à un lien entre la mode et la littérature. C’était un premier point de départ.
    Ensuite, j’y ai lié le personnage de Coska qui, sur pas mal de points, est proche de moi. Je l’ai agrémenté des sujets qui me tenaient à cœur : la perte de la réflexion créative, l’uniformisation des idées, la course aux faux-semblant… J’avais en tête le début et le milieu. En créant Coska, je l’ai lâché dans l’arène ; il a pris la trajectoire qu’il devait prendre selon les situations. J’en étais très proche et je l’ai difficilement lâché… mais il l’a fallu.

    Squat that Brain : Quelles sont les erreurs commises concernant votre dernier livre, et que vous ne comptez pas reproduire pour le(s) prochain(s) ?
    Jon Monnard : J’étais très attaché à mon texte… avec peu d’objectivité. Du coup, il m’arrivait de ne pas vouloir sabrer et c’est une erreur). Je ferai donc attention au rythme, principalement.
    J’écouterai mon éditeur, au mieux, comme à chaque fois. La qualité de mon travail final dépend aussi de mon éditeur : aérer le texte, améliorer les phrases alambiquées, la syntaxe, éviter les coquilles… son rôle est primordial.

    Squat that Brain : Que pensez-vous de la critique littéraire ? Y êtes-vous sensible ou, en contraire, vous n’en voyez pas l’intérêt ?
    Jon Monnard : Elle est primordiale. Chacun lui accorde son importance. Je pense qu’elle permet de choisir parmi la quantité de livres qui sortent et de mettre la lumière sur des titres pouvant passer inaperçus.
    J’écoute beaucoup les avis de lectrices et lecteurs (qui sont parfois des bloggeurs) ; ça m’est nécessaire dans mon travail.
    Je me désintéresse plus des critiques qui attaquent le succès d’un auteur ou l’auteur lui-même. Egalement celles qui torpillent sans vouloir trouver les bons points d’un travail littéraire. Peut-être que je suis trop naïf.

    Squat that Brain : Quels sont vos projets ? Peut-être un prochain livre en court d’écriture ? Et comment imaginez-vous votre futur ?
    Jon Monnard : Je travaille sur un deuxième roman. Au moment où je réponds à ce questionnaire, je suis dans l’avion en direction des Etats-Unis.
    Depuis la parution de « Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique », beaucoup de collaborations sont nées, beaucoup sont encore à venir.
    Je consacre beaucoup de temps à l’écriture et à ces projets… et ceci, j’espère, jusqu’à la fin de mes jours. Pour la suite, l’avenir nous le dira !

    Squat that Brain : Quels conseils donneriez-vous aux lecteurs de cette interview qui rêvent de devenir écrivains ?
    Jon Monnard : La persévérance. Vous entourer d’amis qui peuvent vous donner des critiques très objectives sur votre travail (n’oubliez pas que vous serez lus) et enfin, écrivez sans cesse, écrivez pour vous, parce que cela vous est vital.

    Merci à Jon Monnard d’avoir accepté de répondre à mes questions avec autant de sincérité.

    Pour acheter son livre en attendant (impatiemment) le prochain :

    Pour lire ma critique de son livre, rendez-vous ici.

  • Interview

    Interview – Sharon Salzberg

    Scroll down for the English version of the Interview

    J’ai récemment découvert Sharon Salzberg en lisant son dernier livre Comment s’ouvrir à l’amour véritable (disponible dès aujourd’hui en librairies). Après un gros coup de coeur pour cet écrit , je me suis renseignée sur l’écrivaine et encore une fois, coup de coeur ! Elle a gentiment accepté de répondre à mes questions, et je l’en remercie infiniment.
    Voici donc mon interview exclusive avec Sharon Salzberg.
    Sharon salzberg

    Squat that Brain : Présentez-vous aux lecteurs de Squathatbrain. A part votre passion pour le développement personnel et le bouddhisme, qui êtes-vous ? Qu’aimez-vous ? Que détestez-vous ? Quelles sont vos passions ? Et que rêvez-vous lorsque vous étiez enfant ?

    Sharon Salzberg : Lorsque j’étais enfant, je voulais devenir écrivain. En grandissant, je voulais devenir dramaturge. Je ne pense même pas que je savais vraiment ce que c’était à ce moment, mais je voulais quand même écrire des pièces de théâtre.
    Mon rêve était d’écrire quelque chose qui pourrait changer la conscience sociale.
    Je suis passionnée de la façon dont les gens se traitent entre eux. Cela m’a menée à faire des efforts quant à la justice sociale, et également à devenir plus active dans la vie politique.
    Je vis à moitié à New York, et j’adore ville !

    Squat that Brain : Quels sont les écrivains qui vous inspirent le plus ?

    Sharon Salzberg : Toni Morrison, Naomi Shihab Nye, Denis Johnson

    Squat that Brain : Avez-vous des habitudes d’écriture particulières ? Préférez-vous écrire le matin, le soir, en buvant du thé/café…?

    Sharon Salzberg : J’écris quand je le peux…souvent, je commence tard la nuit, et je continue jusqu’au petit matin.

    Squat that Brain : Comment s’est manifesté votre intérêt pour le bouddhisme ? Et comment avez vous décidé d’en faire votre métier ?

    Sharon Salzberg : Lorsque j’étais étudiante à l’Université, j’ai choisi un cours de philosophie asiatique, c’était la première fois que j’entendais parler du bouddhisme et la déclaration de Bouddha que la souffrance est naturelle, et une inévitable partie de la vie. En d’autres termes, je me suis dit : ‘’je ne suis pas la seule, je ne dois pas rester isolée’’, je me suis sentie membre de l’humanité.
    Je suis devenue professeure parce qu’une de mes propres professeurs, nommée Dipa-Ma, m’a demandé d’enseigner.

    Squat that Brain : Comment et pourquoi avez-vous décidé de commencer à écrire des livres ? Et quelles sont les difficultés rencontrées en tant qu’écrivain dans le développement personnel ?

    Sharon Salzberg : J’ai enseigné l’amour bienveillant pendant quelques années, et plusieurs personnes me demandaient avec insistance d’en écrire un livre spécialisé. Mais je manquais de confiance en moi (et je n’avais pas d’ordinateur personnel…c’était avant qu’ils ne deviennent populaires).
    Finalement, j’ai décidé d’essayer. Des éditeurs free lance m’aidaient, ils m’ont beaucoup appris à propos de l’écriture.
    Des fois, écrire sur des sujets sensibles -l’amour, la foi, la compassion- est difficile car il est compliqué de marquer les esprits des gens.
    Il est important pour moi de restée concentrée sur les challenges que les gens rencontrent, et ne pas idéaliser.

    Squat that Brain : Que représente la méditation pour vous ? Quelle est son importance ? Et comment peut-elle changer la vie ?

    Sharon Salzberg : J’ai toujours vu la méditation comme une sorte d’entrainement de nos capacités – la concentration, l’amour bienveillant, la conscience -.
    La méditation transforme la façon dont nous prêtons attention, pour devenir plus présent, avec un plus indulgent, et plus ouvert d’esprit. Tandis que notre attention change, nous comprenons nos vie plus en profondeur – ce qui nous rend heureux, ce qui nous fait souffrir-. C’est ainsi que nous pouvons choisir comment vivre.

    Squat that Brain : Quelles ont été les erreurs commises dans votre carrière, et que vous essayez de ne plus reproduire ?

    Sharon Salzberg : J’étais terrifiée de la prise de parole en public. Cela était compliqué pour mes collègues car le format des séminaires était de gérer les séances ou de faire des Questions Réponses durant la journée, mais il n’y avait qu’une conférence formelle par jour, en fin de journée. Jour après jour, je n’y arrivais pas.
    Un jour, j’y ai pensé plus en profondeur, et j’ai réalisé que les gens présents n’étaient pas là pour me juger…ils voulaient juste ressentir une connexion. Je ne devais pas être parfaite.
    Depuis ce jour, j’ai réussi à mener mes conférences.

    Merci encore à Sharon Salzberg de m’avoir accordée un peu de son temps. Retrouvez-la en dédicaces à Bruxelles, le 6 et 7 Avril, et à Paris le 8 Avril. Rendez-vous sur son site pour plus de détails.


    I recently discovered Sharon Salzberg by reading her latest book True Love (available today in french bookstores). After a big crush for this writing, I had a bigger one for her and her career ! She has kindly agreed to answer my questions. Thank you very much ! 

    Here’s my exclusive interview with Sharon Salzberg.
    Sharon salzberg

    Squat that Brain : Introduce yourself to Squathatbrain’s readers. Apart from your passion for personal development and Buddhism, who are you? What do you like? What do you hate? What are your passions? What did you dream of becoming, child?

    Sharon Salzberg : As a child I’d say that when I grew up I wanted to be a writer. As I got a little older I’d say I wanted to be a playwrite. I’m not even sure I knew what that was back then, but I’d still like to write a play.
    My dream had been to write something that could change social consciousness.
    I’m passionate about my concern about how people treat each other. That has led me to making efforts towards social justice and urging greater participation in political elections.
    I live part time in New York City, which I love!

    Squat that Brain : Which writers inspire you the most (all kind of books)?

    Sharon Salzberg : Toni Morrison, Naomi Shihab Nye, Denis Johnson

    Squat that Brain : Do you have any writing habits? Do you prefer to write in the morning, in the evening before going to bed, a glass of coffee / tea in your hands…?

    Sharon Salzberg : I write whenever I can…often starting late at night going into the early hours of the morning.

    Squat that Brain : How did your love for Buddhism come to you? And how did you decide to make it your “job”?

    Sharon Salzberg : When I was at university I took an Asian philosophy course, that’s where I first heard of Buddhism and the Buddha’s statement that suffering is a natural and inevitable part of life. In other words, I felt “it’s not just me. I don’t have to dwell in such isolation”I felt part of the human family.
    I became a teacher because one of my own teachers, a woman named Dipa – Ma, told me to teach.

    Squat that Brain :  How and why did you decide to start writing books? And what are the difficulties encountered as a writer in personal development?

    Sharon Salzberg : I had been teaching loving kindness meditation for some years, and many people had been urging me to write a book specializing in that. I had a lack of confidence however (also no personal computer… this was before they became popular). Finally I decided to try. I had free lance editors helping me, who taught me a lot about the craft of writing.
    Sometimes it is difficult because the topics are so lofty— faith, love, compassion— that it is hard to stay grounded in peoples’ everyday experience.
    It is important to me to try to focus on the challenges people face, and not just some idealized state.

    Squat that Brain : What does meditation mean to you? What is its importance? And how can meditation change our life?

    Sharon Salzberg : I’ve always seen meditation as a kind of skills training — in concentration, loving kindness and mindfulness.
    Meditation transforms the way we pay attention,so we are more present,more open hearted and more open minded. As our attention shifts we understand our lives much more deeply — what brings us happiness, what brings us suffering. Then we can choose how to live.

    Squat that Brain : What are the mistakes made in your career that you manage today to no longer reproduce?

    Sharon Salzberg : I was terrified of public speaking  in the beginning and found myself deferring to my colleagues.
    It was a long time before I could give a talk.this was difficult for my colleagues because the format of our retreats is that teachers might be leading sittings or doing q&a during the day, but there is only 1formal lecture per day, which is in the evening. Day after day I just couldn’t do it.
    One day I really thought about it, and realized people weren’t sitting out there waiting to judge me..they just wanted to feel some connection. I didn’t need to sound perfect. From that day on I could deliver a lecture.

    Thanks again to Sharon Salzberg for giving me some of her time. Meet her in Brussels, on April 6th and 7th, and in Paris on April 8th. Visit her website for more details.