Vidage de sac #3 : ça n’arrive pas qu’aux autres

Je me souviens encore du jour où je l’ai appris, le 29 Novembre 2019, dans ce magasin en plein Tokyo, où j’ai compris le vrai sens de la vie. Ce jour-là, je m’étais réveillée avec une boule au ventre, je n’arrivais pas à manger, ni à rigoler. On m’a demandé si c’était parce que mes vacances touchaient à leur fin que j’étais triste, j’ai dit oui. J’ai dit oui parce que je ne savais pas quoi dire d’autre. Je ne savais pas ce qui n’allait pas, je n’arrivais pas à mettre de mot sur ce que je ressentais, mais je savais que quelque chose de mal t’arrivait.

Jamais je n’aurais pensé qu’une douleur pareille existait. Toi qui avais consacré ta vie à nous protéger, je ne pouvais pas en faire autant. J’ai appris que tu étais atteint de cette maladie qui m’a toujours fait peur, très peur. Moi qui pensais que ça n’arrivait qu’aux autres, j’ai eu du mal à réaliser que les autres, maintenant, c’était toi. 

J’ai tout essayé, mais j’ai continué à me sentir inutile.Et je me sens encore aujourd’hui inutile. Je sais que ton traitement se passe relativement bien, mais je m’en veux tellement de ne pas être là tous les jours, tu ne peux pas savoir. Je fais de mon mieux, mais je me rends compte que mon mieux n’est pas assez.

Il y a quelques années, mon rêve ultime était de quitter la maison et de commencer une nouvelle vie ailleurs. Aujourd’hui, mon unique souhait est de revenir et passer le plus de temps à tes côtés, à prendre soin de toi, même si les mots ne sortent pas toujours. Même si je ne suis pas expressive, d’ailleurs, je tiens ça de toi, mais tu sais bien qu’entre nous, un regard, un geste, suffit. Mon unique souhait est de te cuisiner. Te faire des gâteaux. Te rappeler de prendre tes médicaments. Je sais que depuis quelques jours tu ne manges plus autant, que tu n’as plus vraiment d’appétit et qu’est-ce que je m’en veux de ne pas être là pour te préparer les petits plats que tu préfères. 

Je ne sais pas comment tout ça se terminera, mais bien, je l’espère. Ce que je sais en revanche c’est que les problèmes de la vie n’ont plus la même importance. Et que l’amour, l’admiration et le respect que j’ai pour toi sont inégalables. J’étais tellement occupée et préoccupée par des choses futiles que j’en oubliais l’essentiel. Il aura fallu cette épreuve pour réaliser combien tu es indispensable à ma vie. Mais maintenant, je le sais, et je ne l’oublierai plus jamais, je te le promets.

Pour toujours et à jamais.

Suivre:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *