• Critiques,  Lecture

    Derrière la haine

    Scroll down for the English version of the review

    Je commence cette critique par une confession : j’ai toujours eu une phobie des voisins. Je ne sais pas si cela a un nom et ne veux pas le savoir. J’ai peur qu’un psychopathe habite à côté, un tueur en série au-dessus, ou encore un pervers juste en face, avec une paire de jumelles, à surveiller tous mes faits et geste.
    Maintenant que vous me trouvez parano, je commence mon article.
    J’ai l’impression d’être en retard sur mon temps, j’ai découvert Barbara Abel récemment, plus tard que tout le monde. Je suis tombée par hasard sur Derrière la haine, et je l’ai lu en quelques heures seulement.
    Je pense que ma passion pour les romans noirs n’est plus à préciser. J’ai beau être sélective, il y en a qui  me prennent et me donnent des frissons jusqu’au bout. J’avouerai que celui-ci ne m’en a pas donné, des frissons, mais il m’a transportée, m’a fait voyager entre plein de sentiments, et c’est rare de ressentir ça. Et puis, j’ai trouvé l’histoire tellement bonne et captivante que je l’ai dévoré en un peu plus de deux heures.
    Le roman commence par une dispute, sans que nous n’y comprenions grand-chose. Deux couples voisins à leurs portes, des mots durs, des menaces…nous n’y comprenons rien. Il y a, d’abord, Tiphaine et Sylvain, puis, Laeticia et David, les deux couples ont chacun un garçon du même âge. Nous comprenons qu’ils étaient tous proches, très amis, et qu’ils s’aimaient beaucoup. Nous comprenons aussi qu’il y a eu quelque chose, un événement qui a mis fin à cette amitié et qui a laissé place à la haine.
    Barbara Abel va nous faire voyager dans le temps, entre passé pour comprendre ce qui s’est passé, et présent pour voir comment leur relation a changé. Son style d’écriture fait que le livre se lise presque seul, on ne s’ennuie pas une seconde, tout est fluide, claire, rapide, sans l’être plus qu’il ne le faut.
    Les faits sont fabuleusement contés, et l’histoire…je l’ai trouvé profonde et belle. J’ai commencé les premières pages en me disant que ce serait certainement une amitié brisé pour des bêtises…puis je me suis retrouvée, une fois le problème dévoilé, à penser que cette amitié n’aurait survécu pour rien au monde.
    En bref, très jolie découverte, et il me tarde de lire tous les autres livres de Barbara Abel dont le style me fait déjà presque fondre.
    Note : 8/10.

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    This book was written by a writter from Belgium. Unfortunately, I didn’t found any english translation of it. But here’s my english review of Derrière la haine (Behind the hate), if you guys want to know what it was about.

    I begin this review with a confession: I have always had a phobia of neighbors. I don’t know if it has a name and don’t want to know it. I’m afraid a psychopath lives next door, a serial killer above, or a pervert in front, with a pair of binoculars, watching everything I do.
    Now that you think I am paranoid, I can start my article.
    I feel like I’m late on my time, I discovered Barbara Abel recently, later than everyone else. I stumbled upon “Behind Hate”, and read it in just a few hours.
    I think that my passion for black litterature is no longer to be specified. I’m selective, yes, but there are some of them that I just LOVE the way they make me feel. I’ll admit that this one didn’t give me shivers, but he made me travel between feelings, and it’s rare to feel that way. And I found the story so good and captivating that I devoured it in two hours!
    The novel begins with a conflict, without us understanding anything. Two Neighbors, couples, at their doors arguing, harsh words, threats … we don’t understand much. There are, first, Tiphaine and Sylvain, and, Laeticia and David, two couples who have each a boy of the same age. We understand that they were all close, and that they loved each other very much. We also understand that there was something, an event that ended their friendship.
    Barbara Abel makes us travel in time, between the past to understand what happened, and the present to see how their relationship has changed. Her style of writing makes the reading very quick and soft, you don’t get bored for a second, everything is fluid, clear, fast, just as it should be.
    The facts are fabulously told, and the story … I found it deep and beautiful. I started the first pages thinking that it would certainly be a broken friendship for nonsense … then I found myself thinking, once the problem revealed, that no friendship would have ever survived this for anything in the world.
    In short, very nice discovery, and I can’t wait to read all the other books by Barbara Abel.
    Rating : 8/10

  • Découverte

    EDLS #33

    The only people for me are the mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirious of everything at the same time, the ones who never yawn of say a commonplace thing, but burn, burn, burn like fabulous yellow roman candles exploding like spiders across the stars.

    On the road – Jack Kerouac
    Description
    On the Road is a novel by American writer Jack Kerouac, based on the travels of Kerouac and his friends across the United States. It is considered a defining work of the postwar Beat and Counterculture generations, with its protagonists living life against a backdrop of jazz, poetry, and drug use.

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    Résumé :
    “Sur la route” est centré sur le personnage obscur et fascinant de Dean Moriarty, alors considéré comme le chef de file de la Beat Generation.
    En révolte contre l’hypocrisie morale de l’Amérique bien-pensante, Jack Kerouac parcourt les Etats-Unis à la recherche d’un nouveau mode de vie.

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  • Découverte

    EDLS #32

    The sun sets
    The weapons Wake up
    Tonight again we distroy
    Tonight again we kill
    The morning
    It is raining
    It is raining on the city and its ruins
    It is raining on the bodies and their wounds

    Syngué Sabour – Atik Rahimi
    Syngué Sabour - Atik Rahimi
    Description :
    In Persian folklore, Syngue Sabour is the name of a magical black stone, a patience stone, which absorbs the plight of those who confide in it. It is believed that the day it explodes, after having received too much hardship and pain, will be the day of the Apocalypse. But here, the Syngue Sabour is not a stone but rather a man lying brain-dead with a bullet lodged in his neck. His wife is with him, sitting by his side. But she resents him for having sacrificed her to the war, for never being able to resist the call to arms, for wanting to be a hero, and in the end, after all was said and done, for being incapacitated in a small skirmish. Yet she cares, and she speaks to him. She even talks to him more and more, opening up her deepest desires, pains, and secrets. While in the streets rival factions clash and soldiers are looting and killing around her, she speaks of her life, never knowing if her husband really hears. And it is an extraordinary confession, without restraint, about sex and love and her anger against a man who never understood her, who mistreated her, who never showed her any respect or kindness. Her admission releases the weight of oppression of marital, social, and religious norms, and she leads her story up to the great secret that is unthinkable in a country such as Afghanistan.
    -source : https://www.bookbrowse.com/bb_briefs/detail/index.cfm/ezine_preview_number/4589/the-patience-stone

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    Résumé :
    A Kaboul en Afghanistan, pays en guerre, une femme veille sur le corps de son mari, blessé d’une balle dans la nuque par l’un des hommes de sa milice, et plongé depuis trois semaines dans un coma profond. Cet homme, aux yeux grand ouverts et au souffle régulier comme les prières inlassables de son épouse qui le maintient en vie par perfusion d’eau sucrée-salée, est un combattant de toutes les luttes qu’a traversées son pays. Homme d’armes et de guerre, il fut un mari absent, violent, marié en son absence à cette jeune femme dont il a eu deux filles. La femme entame un long monologue avec son mari, faisant de lui selon la culture perse sa syngué sabour, sa pierre de patience, présente pour recueillir les confessions du monde et les absorber jusqu’à son implosion finale. Elle lui dévoile tous ses secrets d’enfance, de jeune fiancée mariée par son père, et d’épouse qui malgré la peur et la violence de son époux a appris à l’aimer. Les confessions se succèdent, et la femme se délivre au milieu de la guerre qui l’entoure et la touche au plus intime, espérant par là même faire sortir l’homme de son coma que rien ne semble perturber. Après une ultime révélation ou peut-être dans un songe, la syngué sabour, comme le prétendait la tradition, éclate.

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  • Ecrivain,  Interview,  Non classé

    Interview – Aga Lesiewicz

    Scroll down for the english version of the interview.

    Il y a quelques jours, j’ai eu l’honneur d’interviewer Aga Lesiewicz à l’occasion de la sortie de la version française de son livre Exposure : Regarde-moi.
    Voici mon interview exclusive d’Aga Lesiewicz.
    Interview Aga Lesiewicz
    Squat that Brain : Bonjour Aga,
    Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Squathatbrain ? A part votre passion pour l’écriture, qui est Aga Lesiewicz ? Qu’aimez-vous ? Que détestez-vous ? Quelles sont vos passions ? Que rêviez-vous de devenir, petite ?

    Aga Lesiewicz : Bonjour Squat that Brain – et merci de m’inviter sur votre blog !
    Je pense que j’ai toujours su, au fond de moi, que j’étais écrivaine. Durant ma vie professionnelle, j’ai tenté différents métiers, mais ils étaient tous, à des degrés différents, relatifs à l’écriture. Vous me demandez ce que je souhaitais devenir, petite ? Je souhaitais devenir écrivaine. Vous pourriez même dire que j’ai commencé à écrire avant même d’apprendre à écrire. Mon père était réalisateur et lorsque j’étais petite, je savais qu’il était à la recherche d’un bon scénario. Alors, lorsque j’avais 5 ans, je me suis mise à «écrire » un bon scénario pour mon père. C’était plus des dessins, concrètement, et ils racontaient une histoire dont le titre était The Gourmand Goose (l’oie gourmande). Ne me demandez pas de quoi ça parlait, l’histoire contenait très certainement une oie qui, malgré le titre, n’aimait pas la nourriture tant que ça…
    Thomas Mann disait qu’un écrivain est quelqu’un pour qui l’écriture est plus difficile que pour les autres personnes. Ecrire est sans doute la chose la plus difficile que j’ai faite de toute ma vie. J’aime écrire autant que je déteste ça. Mais je ne changerai l’écriture pour rien au monde.

    Squat that Brain : Qui sont les écrivains qui vous inspirent le plus ? Et que peut-on trouver dans votre bibliothèque ?

    Aga Lesiewicz : Je trouve que mon inspiration change à chaque fois que je découvre de nouveaux livres et tombe sous leur charme. Mais, bien-sûr, il y a certains romans qui m’ont profondément marquée et auxquels je suis reconnaissante, comme par exemple Restless par William Boyd, Bel Canto par Ann Patchett, The Wind-Up Bird Chronicle par Haruki Murakami, ou Days Without End par Sebastian Barry. Je lis beaucoup de romans de crimes et dans ce genre, mes préférés sont les livres de Henning Mankell, John Grisham, et Patricia Highsmith qui se trouvent en première position dans ma bibliothèque.
    J’aime aussi plonger dans la poésie et je relis souvent les poèmes de Adrienne Rich, Jackie Kay, et un poète polonais incroyable : Wislawa Szymborska.

    Squat that Brain : Comment s’est manifesté votre amour pour la littérature la toute première fois ? Et comment avez-vous commencé à écrire votre premier livre ?

    Aga Lesiewicz : L’écriture et la littérature ont toujours été une partie importante de ma vie. J’ai étudié la littérature anglaise à Warsaw University et plus tard à Lancaster University où j’ai effectué un troisième cycle : ma thèse était sur Virginia Woold.
    Mon premier vrai travail était à BBC World Service où j’étais productrice radio et présentatrice. Ensuite, j’ai travaillé dans la télévision et j’ai passé plusieurs années en tant que ‘’productrice promo’’ et réalisatrice, où j’ai réalisé des trailers de films et de programmes télé.
    Ces promos sont très courtes, en moyennes 30 secondes, ce qui équivaut à 6 lignes de script, ou à peu près 80 mots. Mais durant ces 30 secondes nous devons raconter une histoire, attirer l’attention des spectateurs pour qu’ils aillent regarder le film.
    Cela nous apprend à écrire brièvement, comment condenser beaucoup de drama en 6 lignes de script. Clairement, 80 mot c’est beaucoup moins que 80 mille mots, ce qui est la longueur moyenne d’un roman.
    Comment faire une transition de 80 à 80 000 mots? C’était naturel pour moi, parce que les circonstances étaient les bonnes.
    J’étais alitée chez moi après une chirurgie du genou, avec pas grand chose à faire et beaucoup de temps devant moi. Il faut du temps et du dévouement pour écrire un roman. J’ai lu quelque part qu’une histoire courte c’est un peu comme une aventure, un ‘’coup d’un soir’’, et un roman, c’est comme un mariage. Si nous nous engageons à écrire et si nous y restons fidèle, nous n’aurons pas à passer par un divorce.

    Squat that Brain : Avez-vous des habitudes d’écriture ? Préférez-vous écrire le matin, ou plutôt le soit, avant d’aller au lit, une tasse de thé ou de café entre les mains… ?

    Aga Lesiewicz : J’ai la chance de pouvoir travailler à plein temps en tant qu’écrivaine. Je commence ma journée avec une tasse de thé, en relisant mes écrits de la veille. Ca me permet de voir mon texte d’un nouvel oeil, de façon fraiche, et de décider de le garder, ou de m’en débarrasser et de réessayer. Il faut être exigent avec soi-même : des fois je me retrouve à supprimer de longues parties de mes textes, mais généralement, je trouve des parties qui sont assez bonnes à garder.
    Je me vois plus comme un artisan qu’un artiste. Bien entendu, écrire est un processus de création, mais il nécessite de la discipline : certains jours, il faut s’obliger à écrire même si nous ne nous sentons pas forcément inspiré. Je ne reste pas focalisée sur le nombre d’heures passés à écrire par jours, mais plutôt sur combien j’ai écrit et si j’en suis satisfaite.
    Durant un bon jour, je peux écrire une centaine de mots.
    Compter les mots peu paraitre banal, mais c’est la réalité d’être un écrivain à plein temps. Lorsque nous signons pour un livre avec un maison d’édition, ils stipulent la longueur du livre en se basant sur le nombre de mots.

    Squat that Brain : Quelle est la plus grande difficulté rencontrée dans votre carrière d’écrivaine ?

    Aga Lesiewicz : La plus grande difficulté est le manqué de confiance en soi. Ecrire est une activité solitaire, et écrire un roman prend beaucoup de temps (plus d’un an, voire dans quelques cas, plusieurs années). C’est un gros investissement d’énergie et de temps, sans garantie de résultat. Si vous n’êtes pas en contrat avec une maison d’édition, vous prenez un grand risque en vous embarquant dans un nouveau projet : et si le nouveau livre n’est pas assez bien pour être publié ? Mais, au-delà de l’incertitude, je pense que c’est un risque qui en vaut la peine.

    Squat that Brain : Quelle est l’expérience qui vous a le plus marquée dans votre carrière d’écrivaine ?

    Aga Lesiewicz : Voir mon livre pour la première fois imprimé était un grand moment pour moi. C’était incroyable et à la fois un peu embarrassant de voir quelque chose qui a commencé simplement comme une poignée d’idées dans ma tête transformé en un objet tangible. Je trouve qu’une fois que notre livre est imprimé, il commence sa nouvelle propre vie. La connexion intime que j’avais avec lorsque je l’écrivais se perd soudainement. Une petite part de moi pleure cette perte, mais le sentiment le plus fort est celui de la fierté et de la joie.

    Squat that Brain : Lequel de vos livres en avez-vous préféré l’écriture ? Et pourquoi ?

    Aga Lesiewicz : C’était une experience différente à chaque fois. Lorsque j’écrivais mon premier livre Rebound (A perdre Haleine), je n’avais pas d’attente. C’était une question d’amusement. Je n’avais pas de maison d’édition, personne n’attendait que je rende un manuscrit et je ne savais pas si quelqu’un serait un jour intéressé par ce livre. Tout a radicalement changé lorsque j’ai signé un contrat, tout d’abord avec mon agentn puis avec une maison d’édition. L’amusement s’est soudainement transformé en quelque chose de plus sérieux. J’avais un autre livre à  rendre (Regarde-moi) et j’avais une deadline. Je savais qu’il y avait beaucoup de personne derrière mon livre : mon agent, les éditeurs, les correcteurs, les journalistes. C’était un peu stressant, mais ça m’a aussi donné une énorme confiance. Mais le processus d’écriture est resté le même dans les deux cas et j’ai aimé écrire mes deux livres autant.

    Squat that Brain : Quelle relation avez-vous aujourd’hui avec chacun de vos deux livres ?

    Aga Lesiewicz : Je trouve que lorsque notre livre arrive aux librairies, notre relation avec eux diminue. Le cordon ombilical a été coupé et le bébé est sorti, dans le monde, et n’est plus exclusivement le notre. Il est temps de le laisser vivre, de passer à autre chose. La relation la plus forte est toujours celle que j’ai avec le livre que je suis en train d’écrire.

    Squat that Brain : Est-ce qu’il vous arrive de vous attacher tellement à vos personnages que vous avez du mal à boucler la dernière ligne de votre livre et les ‘’laisser’’ ?

    Aga Lesiewicz : Oh oui. Toujours. Lorsque j’écris, je “vis” dans le monde créé dans le livre. J’ai avec moi l’intrigue et les personnages partout où je vais. Une fois le manuscrit fini, je me sens prise d’un énorme sentiment de perte. Je dois résister à la tentation de retourner dans ce monde imaginaire. Je dois littéralement m’empêcher de jouer avec et de vouloir constamment le modifier. Pareil pour les personnages. Lorsque j’écrivais Rebound, j’ai eu beaucoup de mal à tuer un personnage. Je savais que l’intrigue demandait à ce que ce soit fait, mais ça a été très difficile pour moi.

    Squat that Brain : D’après votre expérience, quel est le secret d’un bon écrivain, et d’un bon livre ?

    Aga Lesiewicz : Hahaha, si seulement je le savais ! Comme W. Somerset Maugham a dit une fois : « Il y a trois règles pour écrire un roman. Malheureusement, personnes ne sait ce qu’elles sont. »
    Chaque auteur a une façon différente d’écrire. D’après Zadie Smith, il y a essentiellement deux sortes d’auteurs : le macro-organisateur et le micro-manager. Les macro-organisateurs sont ceux qui créent toute la structure du roman avant d’en commencer l’écriture. Les micro-managers, eux, s’assoient, et écrivent, sans détailler le plan. Les deux façons d’approcher l’écriture sont correctes et peuvent mener à la réussite tout autant. Nous devons juste choisir la façon qui nous convient.
    Il y a beaucoup success stories dans le monde des livres, et chacune est différente. Je pense que le plus important pour un écrivain est de persévérer. Combien de fois avez vous entendu : ‘J’ai cette super idée de livre’’ ? Ma réponse est : ‘’et ? l’avez-vous écrit ?’’
    Vous ne pouvez savoir que vous avez un bon livre que lorsque vous l’avez écrit.

    Squat that Brain : Quels conseils donneriez-vous à un écrivain, aujourd’hui ?

    Aga Lesiewicz : Divisez votre temps de façon égale entre l’écriture et la lecture. La lecture est pour un écrivain aussi importante que l’écriture.
    Ecrivez chaque jour, même lorsque vous n’avez pas d’inspiration.
    Ecoutez les critiques positives, mais ignorez les négatives.
    Iris Murdoch a dit : ‘’une mauvaise critique est même moins importante que le temps qu’il fait à Patagonia’’. Ce qui est vrai, sauf si vous vivez à Patagonia, bien-sûr.

    Squat that Brain : Un dernier mots pour vos lecteurs ?

    Aga Lesiewicz : Merci de me lire. J’espère que vous aimerez ‘’Regarde-moi’’

    Merci, Aga, d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Squat that Brain est très honorée d’en apprendre plus sur vous et sur votre carrière ! Au plaisir de lire votre (vos) prochain(s) livre(s).

    Retrouvez ma critique de son dernier livre Regarde-moi ici 


    English interview

    A few days ago, I had the honor to interview Aga Lesiewicz on the occasion of the release of the french version of her book : Exposure.
    Here’s my exclusive review with Aga Lesiewicz.
    Interview Aga Lesiewicz

    Squat that Brain :Hello Aga,
    Could you please introduce yourself to Squathatbrain’s readers. Apart from your passion for writing, who is Aga Lesiewicz? What do you like? What do you hate? What are your passions? What did you dream of becoming when you were a little girl?

    Aga Lesiewicz : Hello Squat That Brain – and thank you for inviting me to your blog!
    I think I’ve always known, deep down, that I’m a writer. Throughout my professional career I’ve tried many different jobs, but they always involved, in some degree, writing. You ask what I wanted to become when I was a little girl – funnily enough, I wanted to be a writer. You could even say I started writing before I could write. My father was a film director and as a child I was aware that he was always looking for a good screenplay. So, when I was five-years old, I set out to ‘write’ a screenplay for my dad. It was more of a cartoon, really, and my drawings told a story titled ‘The Gourmand Goose’. Don’t ask me what it was about – it certainly involved a goose, who, despite its name, wasn’t all that keen on food…
    Thomas Mann said that a writer is somebody for whom writing is more difficult than it is for other people. Writing is certainly the most difficult thing I’ve ever done in my life. I both love it and hate it. And I wouldn’t swap it for anything else.

    Squat that Brain : Which writers inspire you the most? And what can we find in your library?

    Aga Lesiewicz : I find that my inspiration changes all the time as I come across new books and fall in love with them. But, of course, there are novels that have deeply influenced me over the years and I remain faithful to them: Restless by William Boyd, Bel Canto by Ann Patchett, The Wind-Up Bird Chronicle by Haruki Murakami, or Days Without End by Sebastian Barry, to list a few. I read a lot of crime fiction and within the genre my favourites are Henning Mankell, John Grisham, and Patricia Highsmith, whose books hold a prime position on my bookshelves. I enjoy dipping into poetry and I keep coming back to collections of poems by Adrienne Rich, Jackie Kay, and a wonderful Polish poet Wislawa Szymborska.

    Squat that Brain : How did your love for literature come to you the first time? How did you start writing your first book?

    Aga Lesiewicz : Writing, and literature, have always been an important part of my life. I studied English Literature at Warsaw University and later at Lancaster University where I did a post-graduate course: my thesis was on Virginia Woolf. My first ‘grown-up’ job was at the BBC World Service where I worked as a radio producer and presenter. Then I moved onto television and spent years working as a ‘promo producer’ and director, making trailers for TV programs and films. Promos are very short, usually 30 sec, which roughly translates itself into 6 lines of script, or about 80 words. But within those 30 seconds you have to tell a story, capture the viewers’ interest so they’ll watch the film. It teaches you how to write succinctly, how to pack in a lot of drama into 6 lines of script. Obviously 80 words is a long way away from 80 thousand words, which is an average length of a novel.
    How do you make the transition from 80 to 80 thousand? It felt quite natural for me, because the circumstances were right. I was sitting at home after my knee surgery, with not much to do and lots of time on my hands. You need time and commitment to write a novel. I’ve read somewhere that a short story is like an affair, a one-night-stand, and a novel is like a marriage. Hopefully, if you commit yourself to writing and remain faithful to it, you won’t have to go through a divorce.

    Squat that Brain : Do you have any writing habits? Do you prefer to write in the morning, in the evening before going to bed, a glass of coffee / tea in your hands…?

    Aga Lesiewicz : I’m lucky to be able to work full time as a writer. I start my day with a cup of tea, re-reading what I wrote the day before. It allows me to look at the text with fresh eyes and decide whether I should keep it, or scrap it and start again. You have to be ruthless with yourself: sometimes I end up deleting large chunks of text, but usually I find fragments that are good enough to keep.
    I see myself as an artisan rather than an artist. Of course writing is a creative process, but it requires discipline: on some days you have to push yourself despite not feeling particularly inspired. I don’t keep tabs on the number of hours I spend writing each day, what matters is how much I’ve written and whether I’m happy with it. On a good day I can manage about a thousand words. It may seem a bit mundane to count the words, but that’s the reality of being a professional writer. When you sign a book contract with a publisher, they stipulate the length of the book based on the word-count.

    Squat that Brain : What are the biggest issues you encountered/encounter in your writing career?

    Aga Lesiewicz : The biggest issue is self-doubt. Writing is a lonely occupation, and it takes over a year (or, in the case of some writers, several years) to write a novel. It’s a serious investment of energy and time, without a guaranteed outcome. If you aren’t under a contract with a publisher, you’re taking a huge risk embarking on a new project: what if the new book won’t be good enough to get published? But, despite the uncertainty, I think it’s a risk worth taking.

    Squat that Brain : What was the experience in your writer life that touched you the most?

    Aga Lesiewicz : Seeing my book for the first time in print was a huge moment for me. It was amazing and at the same time quite humbling to see something that started as just a handful of thoughts in my head transformed into a tangible object. I find that once your book is in print, it takes on its own life. The intimate connection I had with it when I was writing it is suddenly lost. A tiny part of me mourns the loss, but the overwhelming feeling is that of pride and joy.

    Squat that Brain : Which one of your books you preferred writing so far? And why?

    Aga Lesiewicz : It was a different experience each time. When I was writing my first book, Rebound (À Perdre Haleine) I had no expectations. It was all a bit of fun. I had no publisher, no one was waiting for me to deliver the manuscript and I didn’t know if anyone would ever get interested in it. It all changed radically once I signed a contract, first with my agent, and then with a publisher. Fun has suddenly turned into serious business. I had another book to deliver, Exposure (Regarde-Moi) and I had a deadline. I knew there was a huge army of people behind my book: my agent, the editors, the proofreaders, the publicists. It felt a bit daunting, but it also had given me a tremendous confidence boost. But ultimately, the process of writing remained the same in both cases and I enjoyed it equally.

    Squat that Brain : What relation do you have, today, with each one of your books?

    Aga Lesiewicz : I find that once your books hit the bookshops, your relationship with them diminishes. The umbilical cord has been cut and the baby’s out there, in the world, no longer exclusively yours. It’s time to let go, to move on. The strongest relationship I have is always with the book I’m currently writing. 

    Squat that Brain : Do you ever get too attached to your characters that you find it difficult to write the last sentence of the books and just let them “go”?

    Aga Lesiewicz : Oh, yes, all the time. While I’m writing, I ‘live’ in the world created in the book. I carry the plot and the characters in my head wherever I go. Once the manuscript is finished I feel a tremendous sense of loss. I have to resist the temptation of going back to that imaginary world. I literally have to forbid myself from playing with it and wanting to keep changing it. The same applies to the characters. When I was writing Rebound, I struggled with the concept of killing off a likeable character. I knew the plot demanded it, but it was extremely hard to do.

    Squat that Brain : According to your experience, what is the secret of a successful writer, and a successful book?

    Aga Lesiewicz : Hahaha! I wish I knew! As W. Somerset Maugham once said ‘There are three rules for writing a novel. Unfortunately, no one knows what they are.’
    Every writer has a different way of writing. According to Zadie Smith there are essentially two types of writers: macro-planners and micro-managers. Macro-planners create the whole structure of the novel before they start writing it. Micro-managers just sit down and write, without a detailed plan. Both ways of approaching writing are valid and can be equally successful. You just have to choose the one that suits you.
    There are many success stories in the world of books, and each of them is different. I think the most important thing for a writer is to persevere. How many times have you heard someone say ‘I have this great idea for a book.’? My answer is: ‘And? Have you written it?’
    You don’t know if you have a good book in you until you’ve written it.

    Squat that Brain : What advice would you give to a writer, today?

    Aga Lesiewicz : Divide your time equally between reading and writing. Reading is to a writer as important as writing.
    Write every day, even when the muse is having a day off.
    Listen to constructive criticism, but ignore bad reviews.
    Iris Murdoch said, ‘A bad review is even less important than whether it is raining in Patagonia.’ Which is true, unless you live in Patagonia, of course.

    Squat that Brain : Any last word to your readers?

    Thank you for being a reader. I do hope you’ll enjoy ‘Regarde-Moi’.

    Thank you, Aga, for taking the time to answer to my questions. Squathatbrain is very honored to know more about you and your career !Looking forward to reading you following book(s).

    Read my review of Exposure here 

  • Critiques,  review

    Regarde-moi – Exposure

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    Achetez Regarde-moi ici

     

    Regarde-moi est le second roman de l’écrivaine Aga Lesiewicz que je ne connaissais  jusque-là pas du tout, et que j’ai eu l’honneur d’interviewer il y a quelques jours.

    Kris est une jeune femme épanouie. Amoureuse, pratiquant une profession qui la passionne, bien entourée, elle nage dans le bonheur. Mais un jour, elle commence à recevoir des appels inconnus, des mails, des photos d’elle, des informations sur sa vie privée, et voit son quotidien peu à peu s’écrouler (parce qu’un malheur n’arrive jamais seul, n’est-ce pas ?).

    Vous l’aurez compris, l’histoire tourne donc autour de de cette jeune femme qui est harcelée par un inconnu. Nous essayons, au fil des pages, de découvrir qui est ce fou lui voulant autant de « mal », et Aga Lesiewicz nous donne le sentiment de bien s’amuser en nous menant en bourrique.

    Mon avis sur ce livre est globalement positif. J’aime beaucoup les thrillers, j’aime avoir le souffle coupé et la gorge nouée tout au long de mes lectures (maso du jour bonjour !), et le suspense est bien présent dans Regarde-moi. Après, il n’y a pas d’horreur ni de sensations d’extrême force, mais la curiosité est de plus en plus forte, l’envie de trouver des réponses à ses questions aussi, donc c’est un premier critère amplement rempli !

    Concernant le style d’écriture, Aga nous met tout de suite dans le bain et nous nous sentons rapidement très concernés par ce qui se passe autour de Kris. Elle réussit à nous faire enfiler, sans le sentir, le chapeau de Sherlock Holmes pour trouver LA réponse à qui est donc ce foutu psychopathe ? 

    Le seul bémol est qu’il y a certaines petites références qui m’ont un peu refroidie.  J’ai eu du mal avec Kris. J’ai tous les jours du mal avec ce genre de filles qui sont sensibles aux garçons sexy en toute circonstance, c’est donc tout naturellement que Kris n’a pas du tout été mon personnage fictif préféré…  Mais c’est un risque que les auteurs prennent en choisissant la personnalité de leurs personnages, ça ne m’a certainement pas beaucoup plu, mais d’autres ont sans doute adoré ce petit côté coquin de Kris !

    Malgré ce petit ‘’désavantage’’, Regarde-moi est un très bon moment de lecture. Je lui accorde sans hésiter la belle note de 7/10 et vous le conseille si vous aimez le genre thriller !

    Vous avez jusqu’à ce soir minuit pour gagner un exemplaire sur mon compte Instagram ! N’hésitez pas à tenter votre chance.

    PS : J’ai reçu une copie de ce livre de la part de la maison d’édition Belfond en contrepartie d’un avis honnête. Ma critique provient donc de mon point de vue suite à ma lecture de ce livre. Aucun autre facteur n’a influencé mon avis.

    Buy Exposure here 

    Exposure is the second novel by the writer Aga Lesiewicz that I did not know until now, and that I had the honor to interview a few days ago.

    Kris is a young, accomplished woman. Happily in love, practicing a profession that she adores, well surrounded, she floats in happiness. Until the day she begins to receive unknown calls, emails, photos of her, informations about her private life, and sees her world collapse.

    As you can see, the story revolves around Kris being harassed by a stranger. We try, through the pages, to find out who is this madman wanting to “hurt” Kris this much, and Aga Lesiewicz gives us the feeling of having a lot of fun by leading us on different tracks.

    My opinion on this book is overall positive. I love thrillers, I like to have the breath and throat knotted throughout my readings (yup I’m crazy!), and the suspense is present in Exposure. Therefore, there is no horror or sensations of extreme strength, but the curiosity is stronger throughout the pages, and the desire to find answers to our questions too, so it is a first positive point!

    Concerning the style of writing, Aga puts us immediately in the bath and we quickly feel very concerned about what is happening around Kris. She managed to make us put on, without even being aware of it, the hat of Sherlock Holmes to find THE answer to who the hell is this damn psychopath?

    The only downside is that there are some small references that have cooled me a little. I had trouble with Kris. I don’t like these kind of girls who are sensitive to sexy boys in any circumstance, so it is quite natural that Kris is not at all my favorite fictional character … But it is a risk that the authors take in choosing the personality of their characters, I certainly didn’t like it that much, but others have probably loved this little naughty side of Kris!

    Despite this ” disadvantage ”, Exposure is a great reading.
    I give this book without hesitation the beautiful rating of 7/10 and recommend it to everyone who likes psychological thrillers!

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    PS: I received a copy of this book from the Belfond Publishing House in exchange for an honest opinion. My review comes from my point of view after my reading of this book. No other factor influenced my opinion.