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    Montréal – Janvier 2015

    Aujourd’hui, nous sommes Dimanche, et j’ai une envie folle de vacances (je sais que c’est pour la semaine prochaine mais je suis une impatiente de nature). Je ne peux donc pas m’empêcher de repenser aux dernières en date, que j’ai passées à Montréal, et que, pour tout vous dire, j’ai juste adorées !

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    Hello Montreal ! <3

     
    Vous me direz que partir au pays du froid en plein Janvier c’est un peu tiré par les cheveux, mais même avec une température en dessous des -40degrés, je sais où passer mes vacances d’hiver 2016 !
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    Au début, ça m’a fait tout bizarre de voir toute la ville couverte d’un manteau blanc, il m’est même arrivé de me tromper de station de bus, de me perdre en rentrant à la maison, tellement tout était différent. Mais je m’y suis vite habituée, et ma nièce de 6 ans était là pour me tenir compagnie tous les jours, me montrer le chemin, me donner des petites astuces pour avoir moins froid, pour mieux marcher, et surtout, me tenir la main pour ne pas glisser !
    Tiens, en parlant de glisser, je ne suis pas une grande frileuse, et donc je ne suis pas très bottes, mes Lucas Ferri font l’affaire au Maroc, sauf que j’avais omis un petit (grand) problème, entre 15 et -40 degrés, la différence est flagrante, très flagrante…
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    Pour la petite anecdote, dès que je suis sortie de l’aéroport, j’ai senti toutes les petites molécules de mon corps se glacer, mes pieds, gelés, semblaient déterminés à ne faire aucun pas. Ma soeur m’a prêtée ses Uggs, et même si je ne suis pas une énorme fan, j’avoue qu’ils ont été mes sauveurs. C’est ainsi que je me suis réconciliée avec cette marque !
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    J’ai été super contente de revoir mes amis, qui m’avaient vraiment manquée depuis Septembre dernier, même si la majorité avait cours, j’ai quand même pu profiter de plein de jolis moments avec certains !
    J’ai été aussi extrêmement heureuse de revoir ma famille, et surtout, ma petite nièce, Sara, et jouer à la poupée avec elle, lui lire des histoires avant de dormir, la regarder dessiner, l’aider avec ses devoirs, aller la chercher à l’école, l’accompagner à ses cours de natation, jouer, chanter et danser avec elle ont été mes GROS coups de coeur de ce séjour.
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    En attendant Sara devant son école

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    Bois de Boulogne – cours de natation

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    Bois de Boulogne – cours de natation

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    Journée carnaval, même monsieur le chat, le hiboux et le bébé ont eu droit à un déguisement chacun ! 🙂

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    Après 3 semaines, j’ai du rentrer chez moi. Et malgré toutes les larmes versées, j’ai été plutôt ravie de retrouver ma petite routine au Maroc, mon petit soleil, ma petite plage, et surtout, ma vue splendide !
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    Les coups de coeur d’Abla

    Lorsque j’ai créé ce blog, mon intention première était de partager mes lectures avec vous à travers mes critiques de livres. Peu de temps après, j’ai créé une page Facebook pour plus me rapprocher de vous, et pour que le contact soit plus simple. Aujourd’hui, je suis très heureuse de recevoir souvent des messages d’encouragements, qui me donnent envie de vous chercher tous, où que vous soyez, et vous faire plein de gros câlins de remerciements.

    Dans vos messages, vous êtes plusieurs à me demander qui je suis, ce que je fais (à part lire). C’est donc pour cela que la famille Squat That Brain s’élargie et compte une toute nouvelle rubrique : Les coups de coeur d’Abla, qui me servira de miroir reflétant ma personnalité, oui oui je sais faire autre chose qu’écrire des revues sur mes lectures et gueuler 🙂

    Ici, vous trouverez toutes ces petites choses du quotidien, grandes à mes yeux, qui font de moi une jeune fille non seulement mordue de lecture, mais de la vie.

    Les coups de coeur d’Abla.

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    Les coups de coeur d'Abla

    Lorsque j’ai créé ce blog, mon intention première était de partager mes lectures avec vous à travers mes critiques de livres. Peu de temps après, j’ai créé une page Facebook pour plus me rapprocher de vous, et pour que le contact soit plus simple. Aujourd’hui, je suis très heureuse de recevoir souvent des messages d’encouragements, qui me donnent envie de vous chercher tous, où que vous soyez, et vous faire plein de gros câlins de remerciements.
    Dans vos messages, vous êtes plusieurs à me demander qui je suis, ce que je fais (à part lire). C’est donc pour cela que la famille Squat That Brain s’élargie et compte une toute nouvelle rubrique : Les coups de coeur d’Abla, qui me servira de miroir reflétant ma personnalité, oui oui je sais faire autre chose qu’écrire des revues sur mes lectures et gueuler 🙂
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    Les coups de coeur d’Abla.

  • Ecrivain

    EDLS #3

    Quand j’arrive à la gare de l’Est, j’espère toujours secrètement qu’il y aura quelqu’un pour m’attendre. C’est con. J’ai beau savoir que ma mère est encore au boulot à cette heure-là et que Marc n’est pas du genre à traverser la banlieue pour porter mon sac, j’ai toujours cet espoir débile.
    Là encore, ça n’a pas loupé, avant de descendre les escalators pour prendre le métro, j’ai jeté un dernier regard circulaire au cas où il y aurait quelqu’un… Et à chaque fois dans les escalators mon sac me paraît encore plus lourd.
    Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part… C’est quand même pas compliqué.

    Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part – Anna Gavalda

  • Critiques,  Lecture

    Les cerfs-volants de Kaboul

    Pour toi un milliers de fois

    9782264043573
    Les cerfs volants de Kaboul est le roman qui m’a, jusqu’à présent, le plus fait réfléchir. Je l’ai lu pendant plusieurs semaines, en faisant, souvent des pauses, chose qui ne m’est jamais arrivée avant, et pour cause, son côté extrêmement tragique, dramatique, voire brutal.
    L’histoire commence avec deux enfants. D’un coté Amir, petit garçon riche, jouissant de tous les biens qu’une personne des années 70 pouvait posséder, tous sauf l’amour de ses parents. A la naissance, sa mère mourut, le laissant avec un père très pris par ses engagements professionnels, et aussi très attaché au meilleur ami de son fils, Hassan, habitant au fin fond de leur énorme jardin.
    D’un autre Hassan, qui, à première vue, joue le rôle d’un esclave consentant, n’hésitant pas à assouvir tous les souhaits et voeux de son ‘’maître Amir’’, laissant le plus souvent son propre bien-être passer en dernier.
    Et là, premier choc, Amir trahit son ami, une trahison qui lui coutera cher, et qui changera leurs vies à tout jamais.
    Khaled Housseini nous fait voyager dans le temps, entre problèmes sociaux, politiques, arrivée des Talibans, pauvreté, richesse, amour, haine, joies, tristesses, souffrances et bonheur, il réussit nous fait ressentir beaucoup trop d’émotions très différentes, à nous tenir en haleine, du début à la fin, et n’hésite pas à nous poignarder une seconde fois, aussitôt le choc d’avant passé.
    Dans mes lectures, j’ai l’habitude de me retrouver tout le temps dans un personnage, et lorsque j’ai commencé Les Cerfs-Volants de Kaboul, je n’arrivais pas à me situer. Entre Hassan, ami soumis, et Amir, ami profiteur, presqu’ingrat ( du moins c’est le sentiment que j’ai eu au tout début ), j’étais perdue. Mais heureusement, l’histoire a pris une autre tournure, et Housseini a finalement réussi à me charmer.
    Impossible de ne pas se laisser embarquer par ce chef-d’oeuvre, de rester indifférent aux conditions chaotiques de ce pays, ravagé par la guerre, à ce peuple, privé de ses droits. Et surtout, impossible de rester insensible à tous ces messages de pardon, de seconde chance, et surtout, d’amitié.

  • Lecture,  mood

    Le 21 Mars en poésie

    A l’occasion de la journée internationale de la poésie, je vous ai fait une liste de mes poèmes préférés, que j’ai choisi après une longue, très longue hésitation.
    Je vais commencer par Djalal Ad-dine Rumi, avec un poème d’une beauté sans pareille ‘’Tu es pour moi l’âme et le monde’’, écrit au 13ème siècle, qui ne me quitte plus depuis que je l’ai découvert, il y a quelques années. Je vous laisse avec non pas tout le poème, mais la partie sur laquelle j’ai travaillée pendant un de mes cours de théâtre.

    Tu es pour moi l’âme et le monde. Que ferais-je de l’âme et du monde ?
    Tu es pour moi un trésor répandu. Que ferais-je du gain et de la perte ?
    Un temps je suis l’ami du vin, un temps l’ami des viandes grillées.
    Puisqu’en ce cycle je suis en ruine, que ferais-je du cycle du temps ?
    Par toute gent je suis effrayé, de tous je me suis libéré.
    Ni ne me cache, ni ne me montre : que ferais-je de l’être et du lieu ?
    De m’unir à toi je suis ivre, je n’ai en tête aucune créature.
    Puisque pour toi je suis la proie et le gibier, que ferais-je de la flèche et de l’arc ?
    Puisque je me trouve au profond du ruisseau, puisque je coule, pourquoi chercherais-je de l’eau ?
    Que pouvoir dire, que dirais-je de ce ruisseau qui coule ?
    Puisque j’ai délaissé l’existence, pourquoi porter la charge de la montagne ?
    Puisque pour moi le loup est devenu berger, pourquoi supporter la caresse du berger ?
    Quel bien est-ce d’aimer ! Quelle ivresse ! Car la coupe est au creux de la main !
    Heureux l’endroit où tu te tiens, bonheur cela pour les yeux de l’âme.

    Ensuite, voici ‘’Le déserteur’’, de Boris Vian :

    Monsieur le Président
    Je vous fais une lettre
    Que vous lirez peut-être
    Si vous avez le temps
    Je viens de recevoir
    Mes papiers militaires
    Pour partir à la guerre
    Avant mercredi soir
    Monsieur le Président
    Je ne veux pas la faire
    Je ne suis pas sur terre
    Pour tuer des pauvres gens
    C’est pas pour vous fâcher
    Il faut que je vous dise
    Ma décision est prise
    Je m’en vais déserter
    Depuis que je suis né
    J’ai vu mourir mon père
    J’ai vu partir mes frères
    Et pleurer mes enfants
    Ma mère a tant souffert
    Elle est dedans sa tombe
    Et se moque des bombes
    Et se moque des vers
    Quand j’étais prisonnier
    On m’a volé ma femme
    On m’a volé mon âme
    Et tout mon cher passé
    Demain de bon matin
    Je fermerai ma porte
    Au nez des années mortes
    J’irai sur les chemins
    Je mendierai ma vie
    Sur les routes de France
    De Bretagne en Provence
    Et je dirai aux gens:
    Refusez d’obéir
    Refusez de la faire
    N’allez pas à la guerre
    Refusez de partir
    S’il faut donner son sang
    Allez donner le vôtre
    Vous êtes bon apôtre
    Monsieur le Président
    Si vous me poursuivez
    Prévenez vos gendarmes
    Que je n’aurai pas d’armes
    Et qu’ils pourront tirer

    Je suis une très grande fan de Victor Hugo, de son talent, de sa force… Je vous laisse avec le poème qu’il a écrit pour sa fille, après l’avoir perdue.

    Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
    Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
    J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
    Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
    Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
    Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
    Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
    Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
    Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
    Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
    Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
    Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

    Pour finir, voici un magnifique poème de Sarah Kay, If I should have a daughter, interprété sur cette vidéo TEDx:

  • Ecrivain,  EDLS

    EDLS #2

    Nous vivons dans une société hypocrite. Dis non à la drogue, nous répète-t-on sans arrêt. Sauf quand c’est légal. Le Valium est un opiacé synthétique, dangereux et addictif. L’alcool est associé à trois cas de violence conjugale sur quatre. Le tabac est la drogue dont il est le plus difficile de se désaccoutumer, plus encore que l’héroïne, et il ne tue pas seulement celui qui fume, mais aussi le pauvre bougre qui travaille ou vit à ses côtés. Les drogues sont très dangereuses, nous répète-t-on. Mais quand nous serinons à longueur de journée aux jeunes générations : “Au moindre problème, avale un comprimé”, nous les encourageons à ne pas résoudre par eux-mêmes leurs problèmes. Face à une contrariété, il est toujours plus facile d’avaler un comprimé que de se mettre à réfléchir à une solution un peu imaginative pour combattre l’angoisse. Praxil, Prozac, Pharmaton, shit, coke, ecstasy : la différence est-elle si grande ?

    Je ne souffrirai plus par amour – Lucia Etxebarria

    Et vous, comment le trouvez-vous?
  • Ecrivain,  EDLS

    EDLS #1

    Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change son rythme elle aussi. C’est sans fin, cela se répète un nombre incalculable de fois, comme une danse macabre avec le dieu de la Mort, juste avant l’aube. Pourquoi ? Parce que la tempête n’est pas un phénomène venu d’ailleurs sans aucun lien avec toi. Elle est toi même et rien d’autre. Elle vient de l’intérieur de toi. Alors la seule chose que tu puisses faire, c’est pénétrer délibérément dedans, fermer les yeux et te boucher les oreilles afin d’empêcher le sable d’y entrer, et la traverser pas à pas. Au coeur de cette tempête, il n’y a pas de soleil, il n’y a pas de lune, pas de repère dans l’espace ; par moments, même, le temps n’existe plus. Il n’y a que du sable blanc et fin comme des os broyés qui tourbillonne haut dans le ciel. Voilà la tempête de sable que tu dois imaginer.

    Kafka dans le rivage – Haruki Murakami

    Et vous, connaissez-vous Haruki Murakami? Que pensez-vous de ses écrits? Personnellement, c’est la première fois que je lis un de ses romans, et je ne suis pas du tout déçue !
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    Les mères célibataires marocaines

    Depuis Janvier dernier, je travaille avec l’Association Solidarité Féminine sur un projet. J’ai eu la chance de voir ce qu’ils font de plus prêt, et mon respect pour chaque membre de l’association, ne fait que se multiplier, de jour en jour.
    Tout comme la plus grande majorité des marocains, je ne comprenais pas le travail qu’ils faisaient, depuis 1985, aujourd’hui, je suis heureuse de dire que j’y vois plus clair.
    Plusieurs personnes m’ont dit, lorsqu’elles ont appris que je travaillais avec eux: ‘’oui mais Abla, cette association ne fait qu’encourager les jeunes marocaines à avoir des relations sexuelles, leur offrant des aides financières pour les aider à subvenir à leurs besoins, et tu es en train de contribuer à ce travail malsain…’’, je les invite tous à lire mon article, peut-être pourriez-vous y voir plus clair?
    153. 
    Savez vous ce que ce chiffre représente?
    Figurez-vous qu’il y a, tous les jours, 153 enfants nés hors mariage au Maroc. 153 pauvres enfants qui n’ont absolument rien demandé, et qui sont condamnés à mener une vie insupportable, à cause du jugement de la société, et ça c’est s’ils survivent.
    24.
    Savez vous ce que ce chiffre représente?
    Figurez vous que parmi ces 153 enfants nés hors mariage, 24 sont  immédiatement abandonnés, tous les jours, dans les hôpitaux ou devant les portes des orphelinats ( dans le meilleur des cas ), mais aussi dans les poubelles de la ville. Tous les matins, les éboueurs trouvent plusieurs dizaines d’enfants, morts, agonisants, ayant perdus leurs doigts, leurs orteils, mangés par des chiens, par des chats.
    Tous les matins, plusieurs dizaines de nouveaux nés quittent la vie d’une façons cruelle, sans avoir eu l’opportunité de connaître les belles choses de la vie, notamment l’amour d’une mère.
    Mais avant de parler de ça, revenons un peu en arrière.
    Nous savons tous que tous les jours, plusieurs milliers de filles ont des rapports sexuels. Certaines le veulent, soit parce qu’elles se sentent prêtes, soit par amour pour leur compagnon, soit parce qu’elles subissent une pression, soit pour ‘’faire comme leurs amies’’, soit par business, bref, elles sont consentantes.
    J’ouvre une parenthèse très importante, qui devrait être sujette d’un ENORME coup de gueule à elle seule; la prostitution. Vous et moi savons que les prostituées sont les femmes les plus détestées par les marocains, et les plus désirées, à la fois. A tous ces hommes qui les lynchent, leur crachent dessus, les insultent de tous les noms, c’est à cause de vous qu’elles font ce qu’elles font, elles ne sont pas dégueulasses, c’est plutôt vous qui l’êtes, car si vous n’étiez pas là, elles se trouveraient certainement une autre manière de gagner leurs vies. Arrêtez d’être hypocrites.
    Il y a donc celles qui sont consentantes, et celles qui ne le sont pas; les victimes de viol.
    Après avoir eu une relation sexuelles, certaines d’entre elles remarquent un retard dans leur cycle menstruel, c’est là que le cauchemar commence pour les consentantes. Leur réflexe de base est de retourner vers ceux qui disaient les ‘’aimer plus que tout au monde’’, ’’n’avoir d’yeux que pour elles’’, ‘’avoir trouver la femme de leur vie’’, ‘’être prêts à tout pour elles’’, ‘’être fou amoureux’’, ‘’vouloir demander leur main le plus tôt possible’’, et j’en passe, pour elles, ils sont ceux qui les sauveront, elles se mettent donc à imaginer un conte de fées, les voyant déjà devant chez elles, un bouquet de fleurs à la main, une bague à la poche, pour leur demander de vivre le restant de leurs vies ensemble. Seulement, et dans la plus grande majorité des cas, le compagnon prétend ne pas être le père, et s’en va, disparait, ne laissant à la future maman rien d’autres que ses yeux pour pleurer.
    Pour la violée, le cauchemar commencé lors de l’acte ne fait qu’empirer.
    Elles se retrouvent seules, livrées à elles-même, elles ont l’impression que le monde s’écroule autour d’elles, et que rien ni personne ne peut les aider.
    Là, elles font face à leur premier dilemme : garder l’enfant ou avorter ?
    600-800.
    Savez-vous ce que ces chiffres représentent?
    Tous les jours a lieu entre 600 et 800 avortements clandestins car, rappelons-le, l’avortement est interdit au Maroc, à moins que le foetus ne représente un danger grave pour la vie de la mère.
    Celles qui n’ont pas les moyens ont recours à des méthodes beaucoup plus dangereuses pour ‘’se débarrasser’’ du foetus, qui est, pour elles, une honte, ces méthodes sont très souvent néfastes, et peuvent avoir des répercutions extrêmement négatives.
    Au moment de la naissance de l’enfant, la mère est très mal reçue dans les hôpitaux, elle subit des violences physiques et morales, en plus de la souffrance qu’une mère ressent lors de l’accouchement.
    A ce moment, elles font face à leur deuxième dilemme : jeter l’enfant, le vendre, l’abandonner dans la rue, le confier à l’adoption, ou le garder ?
    C’est à ce moment que l’ASF intervient, elle a pour but de convaincre la maman de garder son enfant, en essayant de les ‘’réconcilier’’, de lui rappeler que cet enfant n’a absolument rien fait, et qu’il ne doit pas payer pour une erreur qu’une ou deux autres personnes ont commise, que l’avenir de l’enfant est auprès de sa maman, et nul part ailleurs.
    Une fois la maman convaincue, l’association lui offre des formations, d’analphabétisme si elles n’ont pas pu aller à l’école avant, ou alors de couture, de cuisine, de pâtisserie, d’esthétique…
    Elle mettent aussi à leur disposition une crèche pour qu’elles n’aient aucune raison de ne pas suivre leurs formations, et pour que l’enfant puisse jouer, s’amuser avec d’autres enfants. A ce moment, l’objectif de l’association est de former la maman pour qu’elle soit en mesure de voler de ses propres ailes, deux ans après.
    L’association offre aux mamans un soutien psychologique, pour les aider à se réconcilier avec leurs enfants, leur entourage, et avec elles-même, ainsi qu’un soutien juridique pour régler leur problèmes judiciaires.
    Non, l’ASF ne leur rend pas la vie facile, mais leur ouvre des portes, des portes qui n’auraient jamais dû être fermées, tout simplement parce qu’être une maman n’est pas un crime.
    Jusqu’à quand continuera la société à voir les mères célibataires comme des traitresses, comme des monstres, comme des ingrates, comme des intruses?
    Jusqu’à quand continuera la société à voir les enfants des mères célibataires comme des ‘’enfants de la honte’’?
    Je ne sais pas, et en attendant, je n’ai qu’une seule chose à dire : JPP de cette injustice.